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Un matin où j’ai envie d’écrire un « truc » et quand j’ouvre la page de mon blog, je tombe sur ce « truc »… L’âme… (mon billet précédent) Car si les deux semblent indissociables, l’un ne peut vivre sans l’autre et l’autre pourra survivre sans l’un..

Je cherche des raisons au pourquoi de tant de choses, en refusant la fatalité de ce qui est pour ce qui est parce que cela est, la vie que l’on subit parce que « c’est comme ça ». Trouver une raison à chaque chose peut paraître comme une prise de tête, sauf qu’il peut être utile d’en suivre le fil d’Ariane pour en trouver les origines et découvrir ainsi le pourquoi de certaines souffrances de notre vie. Maints évènements m’amènent à cette réflexion tout comme j’aimerais arrêter la réflexion qui tourne en rond pour l’amener à des actions concrètes. Lier le concret de la vie à l’essence de cette vie…

Il est un temps pour la réflexion, et, une fois que l’on « sait », toutes les raisons qui peuvent amener à des réflexions sur un même sujet ne sont que le fruit du tentateur.

Continuerai ce billet plus tard…

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Comme un champs de fleurs que l’on cultive, un jardin dont on prend soin et qui souffre des intempéries, des éléments extérieurs qui viennent ajouter leurs petites touches et vous amènent à prendre soin de votre jardin… De votre âme…

Un long silence après une révélation troublante, révélation qui ne peut que m’être propre, et qu’aucun élément extérieur ne peut juger sans une large ouverture d’esprit. Il ne peut hélas être laissé d’espace au doute, doutes qui ne mèneront qu’à des interrogations stériles, et laisser une porte béante à tous ceux qui ne voudront être « accusés »  ou « touchés » ou soi-disant « salis », entachés… ce que vous voulez… Car cette révélation fut la déduction évidente d’un nombre important d’éléments, d’un long cheminement sinueux de la vie et de l’esprit et du corps… Et de ses souffrances. Il ne peut que m’être propre mais hélas, il est très douloureux… Car la blessure est profonde et va au-delà de l’inceste. Elle touche au monde de la famille, de l’esprit, de l’âme même car touchant au monde spirituel,  à ses arcanes et finit, au bout du compte, par tout fausser.

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La photo à ma communion, mon attitude, le regard et le geste (le regard) de mon père, la date, le fait d’occulter cette date et non l’acte, mes difficultés face à la religion, une courte relation avec un FM, font que cela m’est devenu comme une évidence car le souvenir de l’acte me ramène à ma courte relation, et cette photo à… Je ne préfère même plus y penser. Cela me dégoute, à essayer de comprendre le pourquoi du comment, et finalement à rejeter toute forme de spiritisme organisé, si spiritisme il y a et, au bout du compte, à focaliser sur des organisations qui ne m’intéresseraient que dans un sens ? Cependant, parler d’inceste et de l’appartenance de  mon père au rosicrucianisme à des Rosicruciens, des Rosicruciens n’ont retenu que le rosicrucianisme. Cela semble éloquent. Alors, j’en ai marre, marre de chercher une pseudo vérité qui , de toutes façons, m’a été révélée et ne peut me dévoiler rien de nouveau, après, on tourne en rond…

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Ma fenêtre n’est pas fermée, mais ces secrets ne doivent pas encombrer mon horizon, mon horizon n’est pas dans la culture de secrets, mon chemin est ailleurs, mes frères et soeurs sont « ailleurs », je comprends maintenant mon problème d’appartenance à un quelconque mouvement… Ce qui me gêne, c’est d’avoir entremêlé deux « choses », symbolisme contre symbolisme, ce n’est pas que mon corps qui a été sali, mais mon âme ! Et enfin, il serait temps pour moi de libérer cette colère et d’être enfin claire avec moi-même. Dans ma recherche de spiritualité, je cherche comme l’amour du père, les deux semblent inséparables, or, en vérité, ils devraient être séparés ! Ce n’est pas ma faute, seulement la faute de quelqu’un qui lui, a fait l’amalgame et ne m’a pas laissé le choix. L’âge et les circonstances ne le permettaient pas. Mais c’est ancré si profondément que c’est comme une plaie éternellement ouverte. Pour m’en libérer, je dois faire la paix avec moi-même, accepter le fait que je ne peux rien changer au passé mais que le présent et l’avenir peuvent m’appartenir, que c’est à moi de dépasser cela et faire des choix de route en accédant à la connaissance du moi, celui d’avant, celui qui n’a pas été tronqué, trouver ma vérité, qui comporte forcément ce passé, le vrai moi ayant été tué, peut-être. Oui, l’important c’est l’âme et c’est l’amour qui transcende tout, il est le seul élément porteur de la vérité sans condition.

A mon père…

VIVRE LIBRE

Vivre libre…
Libre de toi et tes mensonges
Libre de tout amour qui me ronge
De toute haine qui me laisse comme ivre
Aux rives incertaines de mon âme qui pleure…
J’avais rêvé de toi comme une infinie tendresse
Ton amour était un leurre
Un piège à cons fait de lianes et de laisses !

Vivre libre…
Comme tout sentiment qui s’éteint au firmament
Comme une larme aux joues d’une enfant…
Où je rêvais d’une galaxie, d’un univers…
Les yeux clos et le cœur ouvert…
Mais aujourd’hui, les yeux à l’envers
Je regarde à l’intérieur de moi-même
En quête d’ombres je fuyais la lumière
Astre pâle de tes paupières…
En quête d’un doux « je t’aime »…
Enfant, je courais pieds nus vers toi…
Les bras en avant, la lune dans mes bras…

J’aurais cueilli toutes les roses
Me couvrant d’épines et ne t’apporter que leur douceur
J’aurais livré mes doutes j’aurais levé mes peurs
Traversé des rivières pour t’apporter ma fraîcheur…
Livré des batailles sans nom pour t’apporter la paix
Deviné le Rien pour te dire la Chose…
Oublié qui j’étais, oui, cela mais…
Je criais dans un langage sans non
Où la douleur faisait loi, où la douleur me prenait
Et ne prendrait que moi…
Par monts et par vaux, parvenir à lâcher prise
J’engrangeais des maux et par delà même me libérais en mots.

Vivre libre… Quelle surprise !
Quel soulagement ce serait, vivre sans ta loi ?
Vivre sans cette sourde tourmente
A flots sans cesse renouvelés, et vagues tout à fait différentes !

Vivre libre…
Sans le savoir tu m’as enchaînée à ton passé
Et la femme que j’ai du mal à être, je ne sais
Je ne vis, je ne crains, je tremble, je frémis…
Vivre libre… Pourtant…
Aimer d’un amour de sang
C’est vivre enchaîné.

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Tu restes mon père et quelque chose nous relie. Cependant, comme ce soleil caché par des branches, un fil dessine deux parties… Indissociables mais délimitées. Je ne peux pas nier ce qui a été, et le pourquoi, et le comment, et son devenir. Mais je ne veux plus en souffrir…

Si tu as été la digue, le bateau passe son chemin, il va il vient, sans t’ignorer, mais sans s’accrocher à toi… sinon c’est le naufrage…

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L’individu se place où il veut, choisit son point de vue, et pointe son regard où il se plait…

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Les gens… leurs lieux…

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La nature, ses couleurs, ses lumières…

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Ses penchants…

Faire fi de l’adversité. Dieu n’en mettrait pas plus sur nos épaules que nos épaules ne peuvent en supporter. D’où peut-être un acte manqué extrêmement réussi chez un de mes clients. J’étais partie en oubliant mon sac… A méditer, ou à faire… ;)

Photos et texte, tous droits réservés… Y’en aura toujours pour les transgresser… Et d’autres qui respecteront…

Quand je repense à ce que j’ai écrit dans ce billet « Le pourquoi« , s’il devait subsister un doute, ce n’est plus le cas. Une simple piste de réflexion : le conscient occulte les faits les plus traumatisants. Certes si l’acte d’inceste est traumatisant, alors, pourquoi avoir totalement occulté le moment, l’âge ? Parce que tout simplement, cela s’est passé à un moment précis, et, en l’occurrence, juste avant la communion solennelle.

Je ne fais le procès de personne, je ne fais que de simples constations, par rapport à un vécu, le comment ça a été fait, le moment, le fait que mon père était rosicrucien… Le pourquoi je savais plein de choses sur ces mouvements occultes, le pourquoi j’ai commencé à étudier les mouvements sectaires dès l’âge de 14 ans. Certes, il faut y ajouter le caractère de la personne incriminée.

Et pourtant, je tiens à dire que cela a été, et que, tout simplement, même en ce qui concerne ce que j’ai dit, ce que j’ai vécu, le comment et le pourquoi de la chose, eh bien, ce n’est pas ma faute…

Je prends le bus. Une bande de gamins des quartiers en grand nombre, au fond, plante le bordel, le gros bordel. Même pas un sentiment de colère envers eux mais plutôt vis à vis du système, celui qui permet que cela se produise. On vous promet plus de sécurité, on vous montre du doigt des groupes d’individus, les indésirables, les jeunes de quartiers dits sensibles, les SDF, les exclus. On va vous promettre plus de caméras de sécurité, des grilles aux jardins pour vous protéger un espace payé avec votre argent. Et d’un autre côté, on réduit les moyens, on réduit le nombre de policiers, et pire encore ceux de proximité, ceux qui seraient capables de leur parler.

Les prisons sont trop pleines alors on parle de liberté surveillée, de bracelet électronique. Et combien même on crée des lois, les sanctions ne suivent pas. Et combien même les lois sont appliquées, aucun suivi n’accompagnera des personnes qui n’auront d’autre choix que de retomber dans la délinquance ou le crime à leur sortie. Parce qu’ils ne connaissent que cela, parce que leur environnement est celui du plus fort, celui de la survie également. Le chômage n’arrangeant rien, et les lois retirent parfois l’autorité aux parents, telles qu’une bonne claque, une bonne remise en place. Je ne me souviens pas avoir été traumatisée d’une bonne rouste. Ayant travaillé dans des associations, je sais pertinemment bien que les enfants battus le seront de toutes manières…

Les lois sur l’inceste ne protègent pas de l’enfant de l’inceste, et l’inceste, par ailleurs, dérange tellement que l’insérer dans le code pénal met mal à l’aise nos parlementaires… J’ai même entendu dire d’un médecin qu’il faudrait dépénaliser l’inceste pour permettre à l’enfant de parler plus facilement, ainsi qu’à l’abuseur… Je ne me souviens pas non plus que mon père ait eu une seule fois peur des sanctions qu’il pourrait subir !

Dans le livre de George Orwell, 1984, où les enfants ont du « pouvoir », même celui de dénoncer, pourrait me faire penser à l’enfant aujourd’hui, ou l’adolescent ? Ne confondons pas, l’autorité parentale est toujours existante. Mais le monde actuel tourne autour de l’argent. Nous devenons dépendant des choses. Posséder nous fait croire à un pouvoir, à une preuve d’existence. La société actuelle crée le besoin afin de faire vivre une économie qui finit par tourner en rond…  Je vais choquer en disant certaines « choses » entendues via une personne, qui, pour certains sujets n’était pas si bête…  J’ai toujours été étonnée dans le train à Nice de n’entendre des messages prévenant de la présence dans le train d’éventuels pick-pockets qu’en langue française. On m’avait répondu que  si on n’était pas certains que les touristes ne dépensent leur argent dans la ville, les voleurs, eux oui, ils dépensent… (j’entends l’orage gronder…. ^^) Ben oui, avouez que quelque part, c’est logique…

La société actuelle nous pousse également à courir sans cesse après l’argent. Les parents démissionnent de leur mission de parents… Plus le temps, plus l’envie, plus la force… Souvent dépassés, et surtout dans les familles monoparentales. Les familles maghrébines ou autres, n’ont plus le pouvoir d’éduquer comme il est coutume dans leur pays. Les femmes souvent ne parlent pas français, ou ne lisent pas le français et n’arrivent donc pas à suivre la scolarité de leurs enfants ou adolescents (idem, je sais de quoi je parle). alors on nous ressort l’attirail de l’adaptation… Je suis d’accord avec le fait que ce n’est pas à moi de m’adapter à d’autres cultures que la mienne. Certes. mais nous oublions très souvent notre qualité d’accueil, ce qui n’équivaut pas à des allocations familiales qui parfois mériteraient d’être recadrées et réorganisées, oui oui, les allocations de Noël peuvent certes servir à l’achat d’un nouveau téléviseur… (mais jusqu’à dire que les musulmans, pourquoi eux d’ailleurs à être spécifiquement ciblés, ne devraient pas la toucher, les asiatiques non plus alors, les athées encore moins, etc…).Oui oui, certains couples ne se marient pas et se déclarent comme célibataires avec enfants. Certes. Certes je trouve injuste qu’un ou une célibataire gagnant le SMIC se voit retirer les allocations logement, une fois que vous avez tout payé, il ne vous reste rien.

Or les adolescents et les enfants sont une cible parfaite pour la consommation car ils sont encore plus avides que nous de toutes les nouveautés, et même les parents se coupent en quatre pour leur offrir « tout ce qu’ils n’ont pas eu ». Alors, le pouvoir leur est en partie donné, car ce sont eux les acheteurs. Un marché colossal. 

La délinquance ? Les associations sont bien en peine d’accompagnement faute de moyens. Il serait peut-être bien de redistribuer tous les avantages de nos « chers élus » dans ces associations, avec contrôles à l’appui, afin qu’ils puissent agir sur le terrain. Remettre en place la police de proximité afin d’instaurer le dialogue. Arrêter de montrer du doigt.

Je suis toujours surprise de voir une « femme de couleur » se retourner au moins deux fois avec un grand sourire et me dire merci, juste pour l’avoir laissée descendre dans un bus (me lever de ma  place). J’avais envie de lui dire d’arrêter, que c’était tout à fait normal ! Mais également contente de voir plein de gens se lever pour laisser leur place à une personne âgée, l’aider même à s’asseoir. Tout n’est pas perdu.

Hélas, le monde du « tout argent » touche à beaucoup de domaines, comme l’emploi… Le profit prend la place du salarié même, salarié non reconnu, salarié dévalorisé. Il est triste de voir mon domaine de travail tel le service à la personne livré au simple droit du travail. Pas de convention collective, un seul jour férié, le 1er mai. Je suis même choquée que la loi française, berceau de la liberté ne donne même pas le droit au 14 juillet, fête nationale, d’être un jour férié chômé. Car peu de gens le savent, beaucoup d’entreprises ont des conventions collectives, mais un jour férié n’est pas forcément « chômé », c’est-à-dire, que vous êtes obligé de travailler et cela, à votre salaire normal ! (du moins si les clients n’ont pas annulé leur prestation)

Quelle est la valeur humaine ? N’est-elle réduite qu’à des objets ? Je me pose souvent la question du comment on peut bâtir une vie sur une valeur vide, qui n’existe pas en elle-même, sur du virtuel quoi !

Vous me trouverez peut-être naïve, j’ose croire que non. Ma vie a une valeur, votre vie a une valeur inestimable. Mais là, est un autre sujet, celui que je voulais rédiger hier matin, mais je devais travailler et n’ai pu écrire sur le sujet. Le sens de la vie, sa finalité, son but ultime, son vrai « moi », son vrai sens… Je m’y attellerai prochainement…

Votre vie m’importe….

Une grande société nationale de services à la personne, aide ménagère, aide aux seniors, jardinage, O2 est une société qui a déjà sa page Facebook mais mérite bien mieux que cela, un groupe dédié à ses intervenants, car au-delà de la « machine », de l’entreprise, il serait bien agréable de partager nos expériences sur le réseau social. Un espace bien à nous, car il nous est difficile de nous connaître, de partager, de communiquer, au delà des forums et des pots d’agence, et qui plus est, cela nous permettrait de communiquer au delà de nos régions, de nos villes !

Rejoignez-nous sur Facebook !

A bientôt !

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Tâche au milieu de vagues bleues
qui brille de mille feux
épars dans ses longueurs
du soir qui tombe
Mille frissons éveillent la lande
alentours
Réveil de plumes
et doux comme toi
 
Pourquoi ces cris
les larmes en sang
et le vent
qui dissipe tout
pourquoi cela
Pourquoi la vie de crimes
et de faux ?
Un visage au milieu
de ces pays de brumes
où mon coeur se reconnaît
enfin
dans un soupir
ou un au-delà
et jette tout en vrac
en mêlée emmêlés
Sentiments diffus
de caricature
éventrée
 
Je reconnais cela
je ne sais pas
Quel est ce visage ?
Est-ce moi ?
 

Je ne te dois rien. Puisque tu ne m’as rien transmis. La photographie, j’avais ça en moi, tu ne m’as rien appris. Quant à l’écriture, elle m’est totalement dévolue. Je ne te dois rien. Je reprends ma liberté d’être.

Texte et photographie, tous droits réservés.

 

Pourquoi, mais pourquoi donc l’inceste doit être reconnu comme un crime spécifique et non comme un viol avec aggravation car commis par une personne ayant un ascendant ou autorité sur l’enfant…

Hors la violence, la contrainte, la surprise, ou la menace, le non-consentement, qui sont des évidences, le viol avec aggravation est inexact pour l’inceste, dans le cadre où le viol implique précisément la « pénétration », et donc passible des Assises, l’inceste englobe bien plus que cela et des études (ou l’expérience) démontrent que les conséquences de l’inceste (viol ou agression) sur une vie  sont tout aussi importantes et néfastes.

Le viol n’implique aucunement l’amour, et c’est pire que tout, et l’inceste fait plus que porter atteinte à l’intégrité physique de la personne, même si le viol, pour cela, a les mêmes conséquences traumatiques car portant atteinte à l’intimité, donc étant une atteinte à la personne physique et morale, l’inceste, quant à lui, inclut non seulement le non-consentement mais également l’amour, en plus de cela, dans un cadre fermé, à un stade de vie en construction. Il implique non seulement la honte, qui reste encore ancrée dans nos mentalités actuelles pour le viol, mais le silence car impliquant la vie de toute une famille, l’intégrité d’une famille, la vie des autres enfants, et parfois, comme dans mon cas, les autres secrets de famille. L’enfant se retrouve face à lui-même, à une parole que s’il pouvait la donner serait forcément soumise au doute, aux doutes : ne suis-je donc point fautif de cet acte, ne dois-je donc point tout à mon parent aimant, ne suis-je point la personne qui doit palier aux désirs non assouvis par la compagne ou le compagnon du parent auteur de l’acte ? Si je parle, je sème le trouble dans ma propre famille, je serai la personne qui peut briser plusieurs vies… Et je trahirais l’amour du parent auteur de l’acte… M’aime-t-il ? Est-ce que je l’aime ? Qu’est-ce que l’amour ? Où suis-je maintenant ? Comment me définir ? Qui suis-je ?

Il est plus rare, je pense, également, qu’une personne violée occulte l’âge où l’acte a été commis… ce qui est mon cas. L’âge ne m’ayant été donné que par une phrase prononcée par ma propre mère, « Elle est devenue émotive vers l’âge de 11/12 ans », lors d’une visite chez un médecin… Depuis, certaines découvertes et certains souvenirs me confirment l’âge… Pourquoi ne suis-je pas devenue émotive quand je suis entrée en 6ème, événement quand même important dans la vie d’une enfant, et pourquoi ai-je ce souvenir lancinant de moi, dans une cour de collège, mal à l’aise ou plutôt très mal dans ma peau que plus tard ? Pourquoi ai-je obtenu un second prix d’excellence en 5ème et pourquoi, ça a été la débandade après ? Phénomène de résilience qui m’a permis de résister un an…

L’inceste vous suit toute une vie. Avec ses différentes étapes lors du processus de survie. Car on ne vit pas, enfin, chacun réagit comme il le peut, chacun va survivre comme il le peut, et peut tout-à-fait réussir sa vie professionnelle, et/ou sentimentale, avec de profondes blessures. Certes. Et puis d’autres (moi), vont ne pas réussir, comme on dit, car hélas, c’était le schéma familial, la réussite, l’argent, et ce fut ma révolte, stupide quand j’y pense aujourd’hui, car ce schéma ne leur appartient pas. Etre bien dans son métier, c’est contribuer à son propre bonheur, même si cela contribuerait au leur… Mais voilà, quand on n’a pas d’autre moyen d’expression, on essaie de l’exprimer autrement… Quand j’y pense, j’ai sauvé les apparences, tout le temps, avec des sauvetages de dernière heure, juste ce qu’il faut pour passer dans la classe supérieure… Avec des préférences, quand même, et sachant taper du poing sur la table quand il s’est agit de mon orientation scolaire en fin de classe de seconde, après, quand même un échec en seconde C, tout comme pour mon frère (ils ont abandonné l’idée avec ma soeur :) ), et qu’ils voulaient que je suive l’orientation de mon frère, personnellement, j’avais choisi les langues étrangères, bizarre… Et, pour prouver que j’aurais pu être excellente, rattraper tout un bouquin d’allemand en deux mois, faut le faire, et passer dans les premières à l’examen d’entrée dans un établissement public, malade à en crever, faut le faire aussi… mais le phénomène de résilience était toujours très court, demandant peut-être trop d’énergie. Je me souviens de l’entrevue entre le proviseur, mon père et moi, le proviseur félicitant mon père de ma venue dans son établissement… Il a vite déchanté…. J’avais surnommé, par la suite, ce lycée, la passoire… Idem pour le bac, après rattrapage, il fallait 200 points pour le réussir, j’ai obtenu le quota minimum… Inoubliable, je peux vous dire la brique de jus de fruits que mes parents ont ouverte à l’occasion alors que mon frère, qui avait obtenu la mention Assez Bien, s’est vu offrir le permis…

Après une première tentative d’insertion du terme « inceste » dans le code pénal et non validée par le Conseil Constitutionnel, il faudrait veiller à ce que cette fois-ci, ce soit… constitutionnel…. Bon, je n’ai pas écrit sur ce sujet-là spécifiquement mais sur les autres débats oui : l’inceste.

« la notion même d’inceste implique de définir une limite de proximité familiale au-delà de laquelle les relations sexuelles sont admises. Le Code civil prohibe le mariage jusqu’au troisième degré en ligne collatérale. En droit pénal, c’est au législateur de fixer également une limite. Il ne pouvait pas déléguer au juge le pouvoir de le faire en fonction des circonstances ».

Lire ce billet plus complet : inconstitutionnalité.

J’approuve totalement Najat Vallaud-Belkacem quand elle souligne que la recherche du non-consentement n’est pas à être effectuée… La vidéo : le gouvernement.

L’importance de la reconnaissance de l’inceste en tant que tel réside dans deux situations importantes : la détection des cas d’inceste (un enfant sur cinq, dans une classe, en serait victime) et le suivi de la victime. Or, selon mon expérience professionnelle (j’ai travaillé dans un collège), les acteurs médicaux, notamment les infirmières, ont du mal à dénoncer des cas étant données les conséquences, par exemple, dans la structure familiale ou dans leur propre vie professionnelle…

C’est en effet très délicat… Mes seules « détections » étant soumises à rudes épreuves, notamment dans leur interprétation…

Un bulletin médical scolaire…

1976

 

Après…

1977

 

L’acte ayant été commis avant un événement important…

Communion

 

Date de la photographie :

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J’ai lu sur Internet que l’éréthisme cardiaque était courant chez l’adolescent, mais c’est d’une coïncidence troublante… L’interprétation que des personnes ont eue sur la photo ne m’a pas convaincue mais… la photographie, ça me connait… Même si certes, il m’est difficile de rester objective… Comment dire que mon père y a une attitude protectrice, quand on observe mon attitude tétanisée… Je n’ai pas mis la photo entière mais il semblerait que ce soit mon frère qui ait pris la photo puisqu’il n’y est pas et que son meilleur ami oui (d’où forcément sa présence à lui, et mon sourire).

Alors, ministres, députés, sénateurs, membres du conseil conseil constitutionnel, au travail pour que cette loi soit intelligemment révisée. J’ai travaillé pour que mon père ne me touche plus (combien de soirées passées à me coucher la dernière), je travaille encore à la reconstruction de mon être, aujourd’hui encore plus, par la compréhension des événements, dans leur reconstitution dans le temps, et aussi dans le pourquoi (un doute subsiste quant à l’appartenance de mon père à un groupe philosophique et la relation de cette appartenance à l’acte). Je travaille sur mon être, tout en continuant la seule bonne chose que mon père m’ait léguée, la photographie…

 

Au boulot !!!! Vous ne me rendrez peut-être pas ce sourire, mais le bonheur peut-être de pouvoir croire que mon être intérieur puisse enfin rayonner… Enfin, sauf que j’y crois déjà…

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LE SEANCHAI

« Seanchai » is pronounced quite simply « Shana-key »

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Le seanchai

Le seanchai a tout pouvoir. Le réel pouvoir de l’irréel ou du réel.
Il y a bien longtemps, l’inspiration fut venue.
Bien qu’inattendue, elle ne causa aucune surprise. Juste une admiration de la talentueuse plume, bien que sans couleur involontaire ou d’origine.
Le seanchai décida de réagir, son cœur empli de contes de lointaines terres de non origines.
Un homme, qui s’appelait Curithir, vivait avec son père dans un village au bord de la mer. Sur la côte, s’élevait un monastère et des pierres se dressaient aux alentours, levant leurs pics vers les astres. A intervalles réguliers, les cloches de ce monastère résonnaient dans ce paysage de rêve.
Comme à chaque tombée des brumes de la nuit, s’élevaient des chants monastiques, louant le Père.
Les vagues se jetaient contre les pierres et les brossaient à chaque passage de leurs lames tourmentées.
Dans les apparences les plus trompeuses, le calme endormissait le village, plus rien ne bougeait, excepté le chien de garde de la famille royale. La patte gauche levée, les oreilles dressées, il s’approcha de la mer et son regard de braise aperçut des navires étranges au large.
Il s’empressa d’alerter la famille royale. Curithir réveilla son père et ses frères de sang et coururent à l’extérieur de leur demeure quand un cri surgit de la nuit.
Le père se tenait le bras gauche d’où coulait un flot de sang. Il dit à ses enfants : « ne craignez point la mort comme les Vikings le font mais écoutez… ». D’un endroit tenu secret, il saisit un glaive, incrusté de pierres précieuses et ciselé d’argent. Les pierres brillaient de mille feux. « ce glaive est authentique et nous a longtemps servi. Comme je vous l’ai déjà conté, vous êtes les pâles descendants d’une longue lignée de combattants des camisoles rouges. Ce glaive vous rendra invincibles. »
Après ces mots, le père mourut.
Curithir se saisit du glaive, se l’appropriant sans se demander s’il lui était personnellement destiné. Ses frères et lui s’avancèrent vers la côte, pleins de rêves de victoires. Les Vikings avaient déjà causé maints ravages.
Comme ils s’approchèrent de la rive, le soleil glissant sur les rocs vers la ligne de l’horizon, leurs rêves s’accrurent, les rendant immortels…
Il est vrai, cependant, que l’aube éveille l’esprit à la mortalité. L’Esprit Saint, resté pur, devait avoir mis le soleil dans les cieux afin que chacun ait la possibilité et le courage de voir sa mortalité et ses faiblesses.
Les frères se préparèrent à un long voyage afin de débusquer leurs ennemis. Curithir savait que désormais, il n’existait plus que comme guerrier servant son roi, et ne mourrait ou ne vivrait que pour le servir.
Son incarnation était complète, où le doute n’avait aucune place.
Ils se mirent donc en route et à la tombée de la nuit, établirent leur camp. Soudain, Curithir, quand la nuit fut tombée, leva la tête et tendit les deux oreilles (parce qu’il était un peu sourd) : une voix, sur un air de harpe s’élevait dans les abois….

« l’amour du paradis
Soit avec vous…
L’amour des saints
Soit avec vous… »
Il s’étonna, il ne comprenait pas.
«l’amour des anges
Soit avec vous
L’amour du soleil
Soit avec vous… »
De plus en plus intrigué, Curithir, avança dans la nuit. Il suivit la voix, de ses deux pas… mais le chant s’éteignit et Curithir se retrouva seul dans la nuit, une nuit froide…
Une créature posa son regard sur Curithir. Il s’en senti ragaillardi… Ses frères étaient trop loin… La femme tenait en ses mains la harpe de rêve mais sa voix s’était tue… Le regard du Prince lui plut. Mais… effarouchée, elle s’enfuit…
Curithir rejoint ses frères et la pensée de cette femme étrange ne le quittait plus… dans sa réalité. Dès l’aube, ils repartirent affronter leurs ennemis. Ils réussirent à libérer moult populations qui lui vouèrent une passion peu commune. « Vous êtes notre espoir ! » Les frères quittèrent la population qui, apparemment, n’avait pas souffert de l’ennemi.
De nouveau sur la route, toute la sainte journée, ils se reposèrent à nouveau dès que le jour fut tombé. Splash…
Et la voix se fit à nouveau entendre… Sur une mélopée de harpe, une voix envoûtante qui se diffusait par les cieux étoilés…
Curithir leva les yeux et vit un navire passer au-dessus de lui comme s’il était porté par les vagues… la femme mystérieuse apparut à nouveau. Curithir lui sourit. Mais il sembla qu’elle ne le vit plus et s’envola à nouveau. Légèrement énervé, Curithir se leva brusquement et marcha, la tête dans les étoiles. Zut ! il était en train de rêver.
Le matin, décidément, se leva à nouveau, et le troupeau de frères s’en alla en guerre. La bataille fut rude. De nombreux décès furent à signaler. Les croque morts étaient débordés. Ils avaient trop à se mettre sous la dent !
Curithir n’entendit plus la voix de Liadain, il la crut morte. En fait, il était devenu complètement sourd.
Et elle (Liadain), persuadée de la même chose (qu’il était mort) alla se réfugier dans un monastère, elle s’agenouilla et chanta dans son langage :
« Dia dha mo chaim
Dia dha mo chuairt
Dia dha mo chainnt
Dia dha mo smuain… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Elle ne voyait pas. Elle ne voulait pas voir…
Elle voulut en finir, le quitter à tout jamais… l’enlever de son esprit. Elle espérait y réussir.
Curithir ne pensait pas qu’elle pouvait en avoir un ! Les femmes sont des êtres de beauté, aux talons aiguilles, aux yeux bandés… Il avait été élevé dans la plus pure tradition… mais elles étaient encensées sinon sensées…
La fin de l’histoire, dit le seanchai, essayez donc de la trouver !
Le seanchai a tout pouvoir. Le réel pouvoir de l’irréel ou du réel. Ne l’oubliez pas. Il fait le fil de l’histoire, les tenants et les aboutissants…
Il avait oublié les frangins !
Où sont-ils passés ceux-là ? D’abord, le seanchai dit : n’oubliez pas que les histoires de famille comportent toujours des secrets… Des secrets d’alcôve, des secrets de femmes, des secrets… de paternité !
Le seanchai ajouta que, souvent, l’esprit de ceux qui écoutent est dispersé et n’ont que leur propre vision de la chose. Que souvent, par expérience il le savait, ceux qui écoutaient étaient sous l’emprise de leurs propres rêves et ne savaient discerner l’image qui émanait de leurs esprits et celle que lui, pauvre seanchai, contait à tous vents !
Le secret d’alcôve, c’était que tous les frangins donc, n’avaient pas le même père ! Il est coutume de penser que ce sont les hommes qui batifolent à tout va, mais, de ce temps-là, les dames s’ennuyaient dans leurs châteaux !
Si Liadain se morfondait dans son monastère (pas un couvent…), les frères, qui avaient un fort esprit, vif et perçant ne comptaient pas dormir de sitôt : la guerre n’était pas finie.
Vaillants, mais sans le glaive incrusté de pierres précieuses, ils décidèrent de repartir à la conquête de leur territoire pour défendre les populations, qui, rappelons-le, n’avaient pas l’air traumatisées…
Les populations, cela faisait longtemps qu’elles étaient blasées, qu’on ne voyait plus leurs intérêts, qu’elles n’avaient d’intérêt que lorsqu’ils (les nantis) en avaient besoin… Ils puisaient dans leurs ressources comme bon leur semblait… Mais si peu réagissait…
Liadain, toujours dans le monastère, s’interrogeait sur le sort de Curithir, qu’était-il donc advenu de lui. Elle avait vu en lui un vaillant guerrier sorti du bout de l’horizon, là où la terre et la mer se rencontrent. Là où seul le soleil osait s’aventurer à la fin du jour. Elle croyait en des valeurs qu’elle ne pensait plus de ce monde : le courage, la sincérité, les traditions…
« Dia dha mo riaradh
Dia dha mo shuain
Dia dha mo m’anam siorraidh
Dia dha m’bhioth-bhuan… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Elle souffrait de tant de perversités, de trahisons, de peu de foi en l’être !

Ô Liadain, ton guerrier n’est point mort, murmura le seanchai, il est au fond d’une forêt pleurant ta propre mort !
Métamorphosée, elle le fut !
Soudain Liadain se leva… Du sombre monastère, elle leva les yeux vers le ciel. Quelque force venait du ciel, d’un lieu où les âmes qui avaient terminé leur parcours sur le long périple des vies, finissaient par se lover au creux des anges.
Et c’est alors que Liadain, qui a dû s’appeler Jeanne dans une autre vie, quitta le monastère, non sans dire adieu à Finishair, le préféré de ses moines…
La vie monastique n’était pas faite pour une descendante des plus grands guerriers celtes ! Elle marcha, de longs jours, au travers de forêts dont les cimes cachaient le ciel. Au détour d’une clairière parsemée de petits animaux, elle vit un jeune berger, nommé Tudur. On dit que cet homme était devenu fou au chant d’une cithare… Il n’écoutait plus la musique des autres, le discours était devenu sa passion, son charme aiguisé, son alibi déguisé, qu’il allait dispenser dans les demeures alentours…

CheminDeLumière copie
Liadain décida de se reposer un peu, charmée de ses belles paroles. Elle avait toujours fui les paraboles, préférant le langage des rues, les conteurs d’un soir, les manants des villes, ce serait pour plus tard…
Elle se posa délicatement contre un arbre, adossé lui-même à une falaise qu’elle n’avait vue venir, tant la forêt était dense !
Tudur ne prêtait aucunement attention à la vraie personne de Liadain. Mais à l’opportunité d’une rencontre, qui, apparemment, changeait un peu de ses connaissances habituelles.
Le ton se fit léger, la plaisanterie chatouillait leurs lèvres.
Le temps passa. Liadain s’attardait.
La petite troupe anodine d’animaux des bois allait et venait autour d’eux. Souvent, Tudur se levait pour aller caresser tant l’animal tant flatter le roi de la forêt… Et de disparaître de temps en temps…
Soudain, dans le murmure des ouailles du pays vaquant à leurs occupations nocturnes pour une « future affaire », une chouette se leva brusquement d’un arbre tapi au creux d’une colline avoisinant le village…
Liadain leva les yeux au ciel.
Sa prière fut autre. Elle pensa à tous les coeurs meurtris de la terre, à toutes les âmes blessées de l’univers, à tous les êtres en errance sur ses propres terres. Elle savait que différents souverains étaient à la conquête de ses terres et des terres de Curithir. Elle savait cela depuis longtemps déjà. Elle avait pris position, pour défendre son peuple, et elle s’aperçut tout d’un coup qu’elle faisait fausse route. Curithir, elle y pensait. Mais où était-il réellement quand son peuple souffrait ? Tudur, pourtant si proche des âmes alentours ne s’en souciait guère plus. Shenkin, guère non plus. Tant de prophètes, sous de faux habits, se pourvoyaient dans les méandres de ses terres…
Ô seanchai, toi si noble, ne pourrais-tu y changer quelque chose ?

« Dia dha mo riaradh
Dia dha mo shuain
Dia dha mo m’anam siorraidh
Dia dha m’bhioth-bhuan… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Et son chant reprit, face au silence de la nuit, face au manant de la vie.
Une voix lui répondit, sortant du fond de la forêt, comme une mélodie traînante et profonde, le long des bois et des clairières, se répercutant contre la falaise, pour mieux se faire entendre.
« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »
Le seanchai dit : « j’en reviens aux frères. Frères ou frères ennemis, ennemis ou frères, les histoires de famille c’est plutôt complexe. » Pour rappeler un peu l’histoire, les frères n’avaient pas le même père. Ce qui compliquait l’affaire du seanchai, qui tentait le tout pour ne pas se mélanger les pinceaux.
Un des frères, au regard sombre, aiguisé et malin (du moins le croyait-il), sa chevelure était sombre, son sourire était narquois, il portait un casque noir, qu’il enlevait de temps en temps, selon le temps. Il était jeune, les dents acérées à souhait par le désir de pouvoir. Son nom était Hans Da Balanca. Pas les mêmes origines, ce nom, que celui de Curithir. Pas un celte ? Mais il faut savoir que l’origine des Celtes n’est pas de Bretagne ou d’Irlande mais d’Europe Occidentale, près des sources du Danube. Ce qui expliquerait ce nom bizarre…
« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »
Liadain se mit à frémir. elle se sentit soudain menacée. La nuit, le silence, et cette voix, presque devenue sourde, tapie dans le temps futur ou présent de sa vie… Elle eut soudain peur.
Elle leva un à un les voiles qui obscurcissaient son esprit. Une musique s’éleva du fin fond de la nuit dans la forêt. Elle entendit à nouveau cette voix :
« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Etre sombre, être de lumière
Vagabond élu des rivières
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle reflet
Pourfendu à l’orée
Du devenir et de l’être
Visage à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme tourmentée
Tu es la dune, tu es la jetée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Le chant se fit plus certain, plus présent, plus profond…

Etre d’ombre, être de lumière
Poète élu des chimères
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle relent
Dégagé des armes du temps
Du devenir et de l’être
Visage collé à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme déchirée
Tu es la lune, tu es la croisée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Liadain, frémissante, continua d’enlever, un à un, les voiles sombres que généraient les bruits alentours : la guerre, les silences, la nuit… et se leva…
La guerre battait son plein. Rage acharnée d’une lutte sans merci. Il n’y avait que le sang bleu qui ne coulait pas. Les frères étaient séparés en deux principaux groupes.
Hans alla rejoindre Curithir qui semblait avoir recouvré l’ouïe. Partiellement, faut-il l’espérer.
Un autre frère, Maewyn Caravven alla rejoindre Tudur dans la forêt, pour réunir un conseil. Sa bataille sur le flanc central du domaine était terminée. Il avait été battu à plate couture. Il avait essayé d’en sauver les meubles, comme on dit, en langage des rues. Mais rien à faire. l’ennemi était implacable. Les meubles n’avaient pas été sauvés. La population livrée à l’incertitude certaine. L’horizon à l’ombre des rumeurs. L’avenir à la dernière échéance.
Curithir avait vaillamment combattu mais n’avait pu garder le port. Déjà envahi de nombreux drakkars, il s’était retiré dans un bastion de la haute montagne que l’on nommait « l’insoumise », ou la « sans nom »…
Il décida de réunir sa troupe à Oisg. Il fallait remercier l’un, remobiliser les autres, galvaniser la troupe, convaincre…
Entre autres participantes, Blath et Ishay qui s’étaient retrouvées là pour la première fois, différentes mais complémentaires, et qui avaient leur mot à dire à Padrig, Curithir de son vrai nom.
Il ne manquait que Liadain, éternelle femme mystère dans ces combats…
L’avenir était à reconstruire, sur des ruines de villages parsemés, des ombres de désirs d’un peuple en déroute. Blath n’était pas très à l’aise en société. Et pourtant, ce n’était pas le manque d’idées qui aurait pu la retenir ! Etant sans doute trop consciente des mauvais côtés du genre humain, elle préférait souvent se taire. Ce n’était assurément pas la manifestation d’une misanthropie mais d’une certaine désapprobation du comportement humain. Certains, malhonnêtes et pervers, appréciaient peut-être quand même ses réelles qualités. Elle était consciencieuse à souhait, n’épargnant aucun effort pour mener à bien toutes les tâches qui lui étaient confiées. Encore fallut-il qu’une tâche lui fût confiée ! Et qu’elle voulût l’accomplir gracieusement !
Elle portait en elle tout un monde de rêves, de désirs, d’imaginaire. Possédée par le sens du mystère, elle avait le désir d’apprivoiser l’invisible, ou au contraire d’être le miroir du monde dans lequel elle vivait en restituant toutes ses mille facettes. Artiste qui s’ignorait, mais de grande valeur, elle s’appuyait sur la richesse de sa vie émotionnelle pour animer sa vie. C’est avec l’âme et le coeur que les combats devraient être menés, avant le corps, le glaive et les oraisons ! Murée dans son silence, elle n’ouvrait la bouche que pour des petits mots, glissés deci celà…
Mais elle cherchait obstinément à fuir toutes les situations de crise ou de conflit, tout comme le crabe cherche à fuir à reculons dès qu’il se sent menacé. Elle continua donc de se réfugier dans le silence ou de s’abriter derrière une attitude résignée, presque indifférente. Pour elle, une carapace était presque la seule arme défensive, comme celle du crabe. Malheureusement, sa carapace cachait un peu trop ce qu’elle avait de tendre et elle restait souvent incomprise, inconnue même parmi ceux qui l’approchaient. Elle sourit : ce n’était pas forcément si mal… Elle sentait parmi la foule, des ondes négatives, des marionnettes, des mensonges et leurs adulateurs… Peu de profanateurs admis !
Que faire pour avancer ? Que faire pour prendre confiance, si elle pouvait apporter sa pierre à l’édifice, aider à la reconstruction de sa nation, de sa cité, elle serait bien heureuse… Mais, devant tant de faussetés, de pourparlers d’où il n’émergeait que peu d’ententes (pas assez pour recouvrer la liberté), elle perdait parfois patience. Et surtout la foi.
Où se trouvait la mesure de la compréhension et de l’entendement ? La connaissance de soi et son acceptation ? la liberté et ses valeurs ?
Où es-tu ?
Les luttes fratricides avaient démarré, et son champs dépassait la raison. Un vent chaud soufflait du désert des sentiments qui n’avaient plus leur place.
Ecoutez son chant !
Les pleurs épanchaient leurs flots sur les plaines alentour. Le 13 d’aoine, avait eu lieu une âpre assemblée. Blath avait parlé. Blath avait osé ! Et c’était signer là son arrêt de mort. Maewyn Caravven et Tudur ne le lui pardonneraient jamais. Et pourtant, comme cela faisait du bien de dire la vérité ! Mais que vaut la vérité dans un monde de fausseté ? Même si tous n’étaient pas faux.
De son éclat de vérités, Pôl Chiarmuid (prononcer ch k) eut un sourire sur les lèvres. Elle ne le lui pardonna pas.

Le monde devait aller, son monde devait continuer. Quelles qu’en soient les batailles. Quels qu’en soient les aboutissants.
Elle ne savait pas elle-même quelle en était sa fin, si elle ne doutait de sa finalité.

Le glaive avait été pris. Il ne pourfendrait pas son coeur !
Point de vérité il n’y aurait ? Que diable !
Curithir absent, Maewyn Caravven également ? Que diable !
Les frères se préparaient au combat. mais ce combat-là serait fratricide. Et c’était peut-être cela le pire. De leurs défaites personnelles ou non, ils avaient tourné la page. L’ennemi commun restait tapi dans l’ombre mais un nuage d’orages planait sur leurs propres têtes !
Cela commençait à peu importer à Blath. Elle avait d’autres soucis en tête…
Au loin, dans la forêt, seule, Liadain observait.
Observez le monde celtique.
Il est immense… Il est beau. Il est noble.

Ishay continuait sa lutte avec sa propre personne (!?), reflet magnificent d’une noble dame. Lutte entêtée mais fidèle. Blath en était plutôt fière.
Liadain, seule dans la forêt, au milieu des ombres et des chants sourds de la nuit, penchait son visage sur le côté. Ses yeux étaient perdus dans le plus profond de ses pensées. Fallait-il continuer la lutte ? Elle rêvait d’une île, celle que lui chantait sa mère le soir, sous les douces caresses d’un feu de bois dans l’âtre.
Une île au coeur d’océan. Perdue dans les embruns et les filets de brume étendus à ses pieds.
Aujourd’hui, l’orage tonnait. Et sombres étaient ses pensées.
« Dia dha mo chaim
Dia dha mo chuairt
Dia dha mo chainnt
Dia dha mo smuain… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Il n’y avait plus de prince dans coeur. Il n’y avait que froideur. Ce n’était pas sur son royaume que le sang avait coulé. C’était sur son coeur !
Elle se dit qu’il n’y aurait plus de luttes. Que le destin allait jouer. Qu’il fallait faire confiance au druide.
Le temps allait faire son chemin.

Le temps prendrait les rênes.

« Je ne marcherai plus sur des chemins tortueux, se dit-elle, les plus grands princes, ne seraient-ils que des menteurs ? »

Elle leva les yeux au ciel. Les nuages étaient toujours là. Elle soupira. Et la voix du seanchai revint doucement murmurer à son oreille…

« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Cher seanchai, tu es cruel ! Mais tu es sage.

Elle reprit, à nouveau, mot pour mot, le chant du seanchai…
Etre sombre, être de lumière
Vagabond élu des rivières
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle reflet
Pourfendu à l’orée
Du devenir et de l’être
Visage à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme tourmentée
Tu es la dune, tu es la jetée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Le chant se fit plus certain, plus présent, plus profond…
Etre d’ombre, être de lumière
Poète élu des chimères
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle relent
Dégagé des armes du temps
Du devenir et de l’être
Visage collé à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme déchirée
Tu es la lune, tu es la croisée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Elle s’assit, contre un arbre. Et ses yeux se fermèrent, lentement… Elle rêva. De Curithir. Tel qu’il devrait être. Et qu’il n’était pas.
Prince doux. Prince d’une cité de lumière. Les gens chantaient. Les gens étaient heureux. De feu le père, ne jaillissaient qu’éloges et bonheur. Les frères apprenaient ensemble l’art de la parole, de l’écriture, et de la sagesse. Pour précepteur, ils avaient un homme sage, ouvert à la quiétude et à la paix.
La cité possédait tout ce qu’elle pouvait souhaiter.
L’océan baignait à ses pieds. Le temps était paisible.
Doux rêve, Liadain. Doux rêve…
Le vent s’était couché. Avec la nuit, les pensées s’étaient levées. Et les étoiles dont la lumière faiblissait sous les voiles de brumes. Au creux d’un rocher, un bruit régulier de « toc, toc », s’évaporait dans la forêt. Les animaux s’étaient endormis, pour les uns, dans les creux des troncs d’arbres, sur un lit de mousse, pour d’autres, dans une clairière, sur un lit de feuilles éparpillées par le vent. D’autres encore, dans leurs tanières, de plus hardis sur une branche couchée au bord du lit de la rivière. Certains, dits animaux nocturnes, s’étaient levés et peuplaient la nuit de leurs maints cris et chants. Drôle de cacophonie aux oreilles de l’humain d’ailleurs !
La nuit s’ornementait d’ombres bleu nuit, de taches plus sombres encore, et de petits éclairs lointains, électrisant les plus apeurés.
Liadain rêvait encore. Que c’est beau le rêve, pâle reflet ou vibrant témoignage de la vie.
Un chantre, qui se serait trouvé là par hasard, aurait de suite pris sa mandoline et chanté ceci !

FLEUR FRAGILE
C’est comme une fleur fragile
Une rose qui aurait perdu ses épines
C’est un monde autre que le vôtre
C’est une musique de perles de rosée
Qui s’enfuit par les portes de son âme
Comme un rêve libéré
C’est comme une fleur fragile
Une rose qui aurait perdu ses épines
C’est un monde de nuées enchantées
C’est une mélodie moins folle que la vie
Qui s’enfuit de son esprit
De son cœur pour un monde de fleurs
Délicat comme un pétale de roses
N’écrasez pas… cette Chose
Sans le savoir vous auriez brisé un cœur
Simple reposée délicate dans ses rêves
La tête posée sur un oreiller de fleurs
Laissez-la encor dans son monde de trêves
Elle se réveillera bien trop tôt
Ne gardez dans votre esprit
Que le sourire de ses nuits
Elle se réveillera bien trop tôt
Profitez du regard heureux
Quand elle ouvrira ses yeux
Puis prenez lentement sa main
Plus délicatement encore ses lèvres
Car elle est une image bien frêle

Mais les rêves sont à la nuit comme la réalité est au jour… et à la nuit ! Diable de chantre, te voilà bien malin !
Un bruit soudain claqua au dessus de la colline. S’ensuivit un grondement sourd et grandissant. Menaçant…
Longue torpeur, longue agonie.
Liadain était devant un spectacle de désolement : arbres arrachés, toits des maisons envolés, des lambeaux de voiles ornementaient les chemins déserts.
Ses pas hésitants, trébuchant sur des lambris à moitié desséchés, glissaient, ayant peine à lever le pied. Son regard s’étendait sur ce paysage qu’elle connaissait pourtant bien. Longue plaine se lovant entre les montagnes. Comme protégée par elles. On pouvait encore voir la neige au loin, les nuages s’effilocher dans l’espace temporel des saisons. Elle tendit l’oreille… Quelques chants d’oiseaux qui pinaillaient sur un arbre au loin, vestige de la tempête.
« Quelle tempête ? » se dit Liadain, « ô Seanchai, te serais-tu trompé ? Où te trouves-tu en ce moment ? »
« Les pâleurs de mon visage qui se reflètent dans la lourdeur de mon âme tiraillent mes paupières vers les lenteurs du temps . En ce moment même, que fais-tu, toi qui contes l’histoire, toi qui es le pont entre le passé et l’avenir ? Je bouge mes lèvres afin de te faire revivre, je prononce ton nom sans être ton nom ô seanchai ! Réponds ! »
Les mots se frottèrent aux montagnes, rebondirent dans les vaux et jaillirent dans le ciel, en un seul faisceau !
Liadain sourit. Un sourire lisse, de celui, qui vient du fond des yeux, faisant luire l’étincelle qui lentement, mais par soubresauts, montait de son coeur.
Elle regarda autour d’elle. Certains paysages sont immuables. Et ce sont ceux-là qu’il faut garder au fond de son âme. Ils transportent votre coeur parce qu’ils font partie de vous.
Parce qu’au delà de leur identité, ils ont cette force d’être qui ne connaît pas les frontières. Ce sont les hommes qui en donnent les tons, les dégradés, à force de pugnacité et de labeur, et tous nos sens participent à leurs particularités. Il suffit de fermer les yeux pour s’en imprégner, en faire le tissu de notre chair et voir qu’au delà, notre petite personne est faite de mille senteurs venues de tous continents. C’est ce qui fait notre force, et ce qui fait nos faiblesses parce que le sentiment est proprement humain, que notre corps transporte cela au delà d’une seule vie, au fil des samsara dont nous avons du mal à nous défaire.
« Lâcher prise du temps, lâcher prise des épreuves, et regarder au devant de soi. C’est dur, seanchai, c’est lourd à porter, ces vies, qui ont laissé leurs empreintes au plus profond de moi. En contant l’histoire des autres, tu te détaches de tout cela, tout en en empruntant les images. Avec tes mots, tu m’as incluse dans l’histoire, celle qui fait la vie des hommes. J’ai un nouveau chemin à prendre. Ce n’est pas qu’avec mes pas que je l’emprunterai. Mais avec la force de mon âme et la bonté de mon coeur. Tout ce qui fait mon être et le rend attachant. Je vibre de ce passé et je pleure de ses flèches. Je tremble comme une feuille qui se détache de sa branche et oscille doucement jusqu’au sol. Je suis l’humus, et je suis la semence. Je suis l’arbre, et je suis le bourgeon qui en naît. Je suis le glaive et je suis le guérisseur. Les vaisseaux qui sillonnent les océans et je suis ces océans. Je suis ces chemins de terre et je suis les pas qui arpentent ces chemins. Je suis la montagne au loin, et je suis ces vallées qui se blottissent en leur seing. Je me souviens, seanchai, je me souviens de tes mots. »
« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

« Je me rêve et je lève. Je suis mes mots et l’orfèvre de mes dire. »
Liadain continua d’avancer. La forêt l’entourait de ses senteurs suaves et mélangées. Son regard débroussaillait les futaies trop entrelacées. Son coeur battait au rythme de ses pas. Qu’allait-elle découvrir ?
« Curithir, la mort et la désolation sont sur mon passage depuis que mes pas t’ont rencontré. Je défais le sceau qui nous liait. »
Failte ort féin, a sharian nan tráth,
`S tu siubhal ard nan speur,
Do cheumaibh treun air sgéith nan ard,
`S tu máthair áigh nan reul.

Thu laighe sios an cuan na dith,
Gun diobhail is gun sgath:
Thu’g éirigh suas air stuagh na sith,
Mar rioghainn og for blaith.

Habillé d’ombres au milieu du ciel et de la nuit, son corps se tenait à l’orée de l’univers et des landes alentour. Dressé comme un poing face à l’inconnu, il écoutait le silence des étoiles comme une musique caresse l’oreille du musicien. Son âme s’alliait à son coeur, frémissant des mêmes certitudes qu’apporte la connaissance profonde de soi. Ce n’est point en clamant les mots que la vérité jaillit, ce n’est point par les cris que le silence se tait, c’est par le regard que les êtres se parlent et les corps que les âmes sur un monde réel échangent leurs semblants d’aura. Les perles de l’espace infini transcendent l’horizon de ce qui est donné à l’humain d’appréhender pour la fronde des incertitudes, et les fondre à l’esprit exercé qu’une multitude de vies façonne encore et encore…

Crepuscule copie

Copyright, photos et textes, Florence Rahmane

Préalablement écrit entre 2007-2008. C’est important de le dire…

INTUITIONS

Pas de voyance, pas d’extralucide, pas de magie, juste une voix intérieure, celle que l’on peut posséder quand on a donné son cœur à Dieu. Pas de religion, pas de société secrète, juste moi.

Mon passé est tel qu’il en devient lourd et mon corps me dit que cela suffit. Alors si l’esprit est important, le corps également car il me permet de vivre sur la terre. Je ne peux pas me permettre d’écouter les autres car ne pouvant me fier à quiconque (ou suivre mon cœur), je dois aller au delà de moi-même et chercher cette vérité qui me manque tant. La vérité est multiple et une à la fois. Mais les chemins que l’on emprunte nous appartiennent.

D’aucun vous diront que je suis folle, mais cela, j’en ai déjà parlé. Si la folie, c’est être différent, alors, peut-être… Mais pas dans le cadre conventionnel communément accepté par les instances…

Les événements et surtout la mort de mon père ont apporté beaucoup de changements dans ma vie. Période trouble s’il en est, certes, mais je fais confiance en ma destinée pour me montrer la voie. Et seulement en elle. J’espère que cela sera compris par qui de « droit » (ou de non droit)…………

Oeuvres02

Où aller, dans quelle direction ? Quelle main prendra la nôtre ? Les villes de plus en plus démesurées ne nous laissent plus l’espace où lever les yeux au ciel et interroger les étoiles. Nous vivons de lumières artificielles, nous ne possédons jamais assez, nous remplaçons l’invisible par un visible ne satisfaisant jamais nos fausses envies, nos faux désirs, et l’espace que prend le palpable sur l’infini du non-être, mesure dans le temps « universel », nous remplit d’un vide insatiable. Et ce vide parfois devient une porte béante et cependant invisible à ce qui touche au domaine de Satan… Nous vivons à l’époque du « tout tout-de-suite », de l’instant instantané, de la sensation, forte de préférence… D’ailleurs, pourrais-je écrire cela sans ordinateur, sans internet, sans ce besoin bien précis et instantané d’un matériel bien concret et de tout ce qui lui est connexe ?

Bien des fois ai-je succombé ces derniers temps à la vanité, par le biais de la photographie, par la recherche du beau, c’est ce que je cherche non, par cette puissance du regard que j’essaie de transmettre au travers d’un boitier, d’un simple boitier ? Et quel est ce besoin d’écrire quand la photographie ne suffit plus, quand la photographie, ma photographie est incomprise par les « autres » ? Comment faire comprendre que je peux passer près de 3 heures à photographier un coucher de soleil ? La photographie est merveilleuse dans le sens qu’elle se renouvelle tout le temps. Vous pouvez prendre un unique endroit maintes fois et toujours différent. Et c’est la lumière qui fait cela. Et je m’en rends de plus en plus compte, le plaisir immense que je ressens, c’est quand je suis dans un de mes voyages photographiques, car la magie est là, qui opère en silence, dans mon regard, et dans mon regard, c’est l’âme qui transparaît, et je sais pertinemment quand cette « transe » est finie, que mon âme lâche prise, que l’envie s’en va… Comme la lumière… Car c’est la lumière qui me retient, parfois, après des heures de prises photographiques…

Est-ce l’oeuvre de Dieu, est-ce l’oeuvre du diable ? C’est intéressant de voir, d’écouter son coeur, tout simplement, et de laisser faire les choses… Seule la vanité est « condamnable », ce qui n’empêche pas aux autres d’aimer ou pas. Mais souvent, je regrette que cela n’aille pas plus loin, même si chacun reste libre de son amour de l’oeuvre ou pas, de ce qu’il transposera sur une photographie, et qui, le plus souvent restera très éloigné de ce que mon regard aura capté… Au travers d’un simple boitier…

Utiliser les choses et non se laisser utiliser par elles…

Aujourd’hui, les gens ne se posent même plus, je crois, la question de savoir si Satan existe ou pas. Ou du moins il est difficile de rencontrer ces personnes hors d’un cadre religieux. Extrait d’un film culte « Le rite » avec Anthony Hopkins :  » Ne pas croire au diable ne vous en protégera pas »… Et le jeune du film, apprenti exorciste, Colin O’Donoghue, sceptique, qui finit par croire en l’existence de Satan, qui en conclue donc l’existence de Dieu… Pour aller au-delà, l’expérience, c’est bien mieux encore. Je ne pourrai, par exemple, jamais oublier ma rencontre avec un SDF, qui avait pleuré rien de par le fait que je lui parle, et qui en parlait, justement de Satan (sa façon d’en parler me rappelait un autre film), et comme certains jours il entendait comme une voix, une voix qui lui donnerait l’envie de tuer les gens… Comme un frisson dans le dos en entendant cela… Dans la misère la plus complète, le dénuement, la solitude, l’isolement, certes, le diable y va à foison, à la quête d’âmes perdues, désespérées et c’est vrai que je me pose la question de savoir jusqu’où on pourrait considérer garder la force d’esprit de ne pas céder, ne pas craquer, dans un tel dénuement, et je crois que la plus pâle des lumières pourrait apparaître comme une bougie illuminant le noir du désespoir, comme une issue possible… Hélas comme un simple néon, un faux semblant… J’espère que mes mots ce jour-là t’auront apporté un peu plus de lumière, mes pensées d’aujourd’hui voleront vers toi, Thierry…

Mais voilà, le diable, il aime bien la volupté, la richesse, tout le « clinquant », bling bling quoi (sons de clochettes et flashes…)… Ce n’est pas un « péché » que d’être riche, c’est ce qu’on en fait… Les tentations sont si nombreuses, pour nous, pauvres humains qui avons désiré la connaissance et en faisons si peu usage… Et surtout moi… Depuis trop longtemps, m’auto-flagellant de mon lourd passé, qui me permet de trouver une excuse à ne pas réussir, ne pas être heureuse. Peur de tout perdre ? Culpabilisation de l’inceste ? Connerie ! Fadaises ! De plus en plus, avec le temps, car le subconscient ne délivre parfois ses messages que lorsque le conscient est prêt à les recevoir, j’accuse des « coups », je comprends… Et si parfois ça fait mal, cela fait aussi du bien… Pour cela, l’esprit, ça se travaille, ça se cultive, il existe une « raison » pour tout, au-delà de la raison, justement, qui fait que rien n’arrive par hasard…

L’expérience m’a fait « toucher » à beaucoup de choses, plus ou moins pénibles, mais qui paradoxalement sont parfois confirmées par des « choses » bien plus concrètes, ce qui me fait aimer certains films, plus que je ne devrais parfois… Disons, que cela ne devrait pas être une référence… Mais ce n’est pas également un hasard si on retrouve dans ce genre de films parlant de Dieu ou du diable, certains sujets. Comme le thème de la psychiatrie, et, surtout, surtout!, des médications psychiatriques. Comme je le disais, nous vivons dans un monde de l’instantané, mais également, de la productivité, de la consommation, et, tout comme beaucoup de nos contemporains ne prennent plus soin de leurs aînés, manquent de temps ou autre, l’on ne prend plus en considération autrement que par la psychiatrie, les dysfonctionnements de l’esprit, ou de sa faiblesse, qu’il n’y ait pas méprise, je parle de psychiatrie « pure », de celle qui utilise les médicaments à forte dose et à durée relativement longue. Les maux de l’esprit ont plus souvent besoin de mots et de temps et d’attention, qu’un médicament qui va mettre votre cerveau au repos, l’entourer d’un filet chimique… Et quoi de plus brimant qu’un psychiatre d’origine slave, ne maîtrisant pas complètement la langue française qui vous ordonne presque de ne pas noter vos rêves (!!!), qui ne comprend pas vos mots, et vous ordonne également de prendre une double dose de médicaments alors que la moitié suffisait ! Si j’écris cela, c’est pour que les gens comprennent ! Les gens ne connaissent pas. Mais ouvrez donc les yeux ! Comment soigner ? Soigner le mal par le mal ? Quand vous avez attenté à votre vie par le biais de médicaments, la meilleure solution, ce sont les médicaments ? Je ne fais même pas appel à l’impalpable, je fais appel au bon sens ! Et l’expérience qui me parle, quand vous voyez quelqu’un qui a de légers dysfonctionnements, internée, et que vous revoyez quelques années plus tard dans un état de délabrement plus qu’attristant, et que… vous ne voyez plus, un jour… Qu’est-elle devenue, Solange ? Morte ? Définitivement internée ? Les médicaments empêchent la maîtrise de votre esprit, sauf que parfois, l’esprit ne sera pas assez fort pour reprendre le dessus… Si certains médicaments peuvent aider, cela ne doit être que temporaire, et raisonnablement ! Car, quitte à en faire sourire quelques uns, cela reste une porte grande ouverte au diable qui pourra faire ce qu’il veut de cette âme qui ne s’appartient plus. Essayer de soigner l’irrationnel par le rationnel n’est pas forcément… rationnel… ni raisonnable. Mais nous n’avons plus le temps… Le temps… Le temps… Prenons le temps de nous arrêter un peu, poser le regard sur les gens, poser le regard sur notre « nous », sans trop s’attarder vraiment, effleurer les choses, effleurer l’air qui nous caresse, la lumière qui nous réchauffe…

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Quand je lève les yeux au ciel, les nuages vont et viennent, ils jouent avec le soleil, sont des relais à l’infini, comme une étroite relation entre deux, d’ailleurs, la terre, la mer, les cours d’eau, et l’infini… Ils jouent avec la lumière, parsèment des ombres deci delà, et, même s’ils peuvent couvrir tout l’espace, remplir notre monde de leur noirceur, nous inonder de tristesse, nous savons que c’est pour un temps… Un temps, le temps d’un temps…

Comment ne pas rester humble devant l’immensité ? De jour, de nuit…

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Si certes se complaire dans les plaisirs purement terrestres n’est pas forcément une fin en soi, en tous cas, certes pas une finalité, les tentations sont si nombreuses. On croit à une belle aventure, un paradis terrestre qui n’existe pas, qui se consume comme la passion, un feu d’artifices, où un coin de notre âme s’émerveille… Et viendra le réveil…

J’attends, non, le temps ne le permet pas, je cherche alors, je cherche l’éveil, l’éveil à l’illumination, à la lumière de la pensée et de la non-pensée, à l’être, au non-être, à ces petits bouts de rien qui ne ressemblent à rien et finissent par devenir l’essentiel. L’invisible, l’impalpable qui ne peut prendre forme, car toute forme s’éteint, la forme n’existant que pour notre passage sur terre. Si nous ne sommes que poussière, nous sommes alors poussières d’étoiles, perdues un jour au fond du ciel, dans un recoin de l’univers, pour retomber temporairement sur la terre, et un jour, poussière d’étoile, nous renaissons en particule de lumière. Et nous reformerons le Tout….

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