Archive for mai, 2012


Elle est tapie là dans l’ombre… Immuable dans les temps, elle repose en face de la mer. Nul la trouvera si ses pas ne l’y mènent. Le passant peut s’asseoir, à ses côtés, fermer les yeux, son visage légèrement levé vers le ciel. La brise caresse son menton, s’insuffle dans ses narines, ressort par ses oreilles, la mer et le vent, sont des amants qui jouent tout autour des choses inertes et du passant… S’il est la saison des feuilles mortes, alors, elles tournoieront dans les cieux, s’il est le temps des fleurs, les pétales les plus fragiles quitteront leur nid. Et flétriront, un peu plus loin, afin de nourrir la terre… Rien n’est inutile dans ce bas monde, jusqu’à la moindre des poussières qui finira peut-être dans votre oeil et vous fera pleurer… Pleurer la femme tapie dans l’ombre, immobile, impassible, dans sa nudité presqu’offerte à son insu devant une mer indifférente, abandonnée aux pensées les plus lascives et plus tortueux les esprits. S’il est le temps des fruits, ne tomberont que ceux prêts à être goûtés. Immuable car son passé est en elle et des mains l’ont forgé. D’autres mains l’ont posée là, elles ont dessiné son présent, son avenir. Mais le temps fait son oeuvre, avec amour, avec passion, passion qui n’est autre que son propre avenir à lui ! Nul ne s’en étonne, nul ne s’en interroge… Face à la mer, le passant souffre également de ces passions. Des mains ont dessiné son passé, l’ont meurtri, bousculé, sans lui laisser le temps de deviner son avenir. Quel avenir ?

La mort n’est qu’une fin inachevée ouvrant ses bras vers des horizons nouveaux. Les passants que nous sommes en souffrons sans qu’il ne nous semble être donnée la clé pour décrypter les sentiments étranges qui nous envahissent. Nous sommes, posés là dans l’ombre, à l’abri d’une trop forte lumière, presque aveuglante, et de flots sans fin qui brassent tout un magma de vies aussi utiles les unes aux autres, et pourtant indépendantes, du moins, en apparence… Nous pleurons les êtres chers, parfois comme une identité que nous aurions perdue. Mais nous sommes l’identité. Nous sommes notre vie, et cela nous coûte beaucoup parfois. Pourquoi ?

Je suis cette passante, assise auprès de cette statue, essaierais-je donc de m’identifier à cette femme posée là dans l’ombre, au regard de tous mais invisible à soi-même ? Cette femme dans l’ombre, au regard impassible, au sourire figé, dans une interminable attente de ce qui n’adviendra pas. Et qui n’attend rien ? Mon coeur est gros mais je me soigne avec ce qui m’est propre, l’écriture, la photographie… Ces deux langages que je transpose sur un support à langage binaire… Quelle ironie ! Les mots, du sombre sur du clair… Les photographies, des jeux d’ombres et de lumières…

Il est dit que l’on peut se tromper toute sa vie. Ce qui est le plus probable, dans l’ironie du sort, serait de répéter les mêmes erreurs, de se mettre un bandeau et de ne pas voir, de s’attacher les mains, ne pas écrire quand on vous a donné le don d’écrire, ne pas photographier quand votre esprit ne pense qu’à ça ! De se dire, c’est lui qui m’a donné ce don, et de lui en laisser les palmes ! Tout est dualité en moi, jusqu’à mon sang et mes racines, et pourquoi pas ne pas en jouer ? Je suis la plume et je suis l’oiseau, je suis le regard et je suis la photographie, je suis la pensée, et j’ai toujours joué avec les mots comme je le voulais ! Et tout est dualité, confrontations, dans la mer, dans le ciel !

Et l’amour est le lien éternel entre toutes choses.

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Les couleurs d’âmes sont faites de nos souvenirs et nos souvenirs colorés de nos émotions… Pourquoi et comment expliquer cet entrelas d’émotions qui me sont propres ? La mémoire est un outil étrange qui trie et classe selon le degré d’émotion. Ce blog n’est pas mort, c’est la vie de tous les jours qui prend le pas, qui règle mes doigts, et la raison qui m’empêche parfois de relater de sujets un peu trop chauds… Et la pudeur de retenir des émotions trop vives. Je tente d’expliquer le passé et de pardonner. L’on ne peut revenir en arrière, ce que l’on a vécu, on ne peut que l’accepter. La mémoire ne s’efface pas… Je garde en souvenir l’image de mon père, lisant, prenant ses photographies, déballant ses albums devant n’importe qui. Ce souvenir d’un homme qui ne se souvenait pas… Et puis Chris, tous ces petits moments en plus que l’on aurait pu vivre et que l’on n’a pas vécus, mea culpa… Elle qui est revenue, cinq jours plus tard… Dans la nuit…

12 décembre 2011 – Sentir un esprit… Une présence qui vous parcourt le dos… vous enveloppe et vous étreint… un bisou sur la poitrine. Et, dans la nuit, crier « qui est-ce ? »… pas de réponse. C’était la visite d’un esprit…

Cela fait peur, puis, on y pense comme à quelque chose de très doux… J’ai envie de l’écrire, pour que cela ne s’efface jamais dans la mémoire du temps…

Laisser le temps au temps… Quand je me pose la question du pourquoi de mon existence, je me dis qu’il y a une raison à tout et que le cours des choses se fera… Bien que nous dessinions une partie de notre destin, une partie de celui-ci est déjà tracé… La volonté arrive à plier les évènements, dit-on… Et tant que l’air insuffle la vie…

J’ai encore tant de choses à espérer et tant de choses que je n’arrive pas encore à écrire ! Il n’est pas de hasard si je m’intéresse au spirituel, à la Franc-Maçonnerie ou autre, à la religion, à l’existentiel, aux essences (et donc aux huiles essentielles !), à la nature, à la photographie, à… l’écriture !

Débrider tout cela, et donner enfin libre cours à mes aspirations ! Un jour, peut-être demain….