Category: Tendresse


On pourrait croire que le temps efface tout. Malgré son acharnement à inscrire son passage sur notre corps, il est des espaces que nous ne saurions vouloir effacer.  Non, nous n’achèterions aucune crème anti souvenirs pour les personnes qui ont été chères à notre coeur et qui nous ont quitté… Même si, comme sur ces pétales les gouttes de rosée s’attardent avec quelque plaisir, les larmes peuvent parfois couler sur nos joues, dessiner un chemin éphémère sur les vallons et les vallées pour atterrir sur nos lèvres, qui aimeraient dire mais se taisent. Alors, le paysage qui s’étale sous nos yeux ressemble à un tableau matinal d’automne, une vallée que la brume enveloppe de ses bras…

Louise, Yvonne, et quelques autres, vous resterez dans mon coeur à jamais. Je ne garde de vous que le meilleur, celui que vous m’avez donné. Aucune ombre ne saurait pâlir votre regard, aucune tristesse effleurer vos coeurs. Vous n’êtes plus de ce monde car l’amour est parfois impalpable. Il me reste des chemins, que je parcours avec une tendresse infinie, et mon regard se porte au delà du définissable. Je n’aimerais pas, d’ailleurs, que cet amour soit enfermé dans quelques lignes d’un dictionnaire. Il est bien qu’il en soit ainsi, comme une lumière traversant la nuit des temps, une étoile se posant sur la fresque toujours renouvelée du ciel, comme un rêve qui vient bercer mes nuits.

Des brises marines viennent effleurer mes narines, les chatouillent délicatement jusqu’à faire sourire mes lèvres… Des parfums de terre viennent prendre mon coeur, le transportant sur des collines que caressent de vastes forêts… Jusqu’à l’odeur des fraises des bois et les framboises cueillies et aussitôt englouties… Jusqu’au goût de la mer sur ma langue un dimanche timidement ensoleillé… Un cirque, un pain sans sel oublié, une messe dans un hangar l’été, des chants, des guitares et des flûtes, des jeux de cache-cache, et ton corps qui nous suit discrètement après l’école. Les souvenirs se mêlent et s’emmêlent sans se chevaucher.

Nous pleurons nos morts et nous sentons plus seuls sans eux. Mais, savez-vous que, dans le ciel, ils pleurent de nous voir pleurer ?

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Dans un monde de brutes ? A nous de l’adoucir un peu… Une très belle chanson pour cela…