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Amnésie de l’ombre

Un violon dans une ruelle. Un bout de vie dans ma mémoire. Un horizon, à l’orée de mon regard. La mer étendue souS mes yeux et le ciel étalé sous ma bouche. Ma bouche silencieuse dans les couloirs du temps. Le temps figé dans les entrelacs de l’Histoire.
Un viOloncelle au bout de la ruelle. Mes pas si lourds sur les pavés de l’absence. Les jambes immobiles, les genoux bloqués dans la redondance de la mémoire. La mémoire glissée entre deux murs, deux murs face à l’immensité.
Des voix. Des voix dans la gorge des profondeurs de la ruelle. Des cordes blessées de l’avenir, et des pas dont les bruits se taisent, se taisent, s’effAcent, faiblissent, s’atténuent alors que leur écho retentit jusqu’aux tréfonds de ma chair. Mon âme.
Un piano, un piano à queue dans un cagibi au bout de la ruelle. Un piano égrène des notes que mon coeur ne saurait chanter. Un piano, et, au bout, l’océan, le bruit des vagues roulant sur l’épine dorsale de mon corps qui s’élève, se soulève, se révolte. Qui rêve d’avenir.
Un piano à queue dont l’ombre démesurée s’épancHe sur un immense pont et sur l’apparent impossible.
Et l’orchestre de la vie balance mon coeur sur les effluves d’un océan de larmes de vies autres mais miennes.
Assassinées.

Copyright Florence Rahmane

Tout est peut-être dans le lapsus du titre du billet……

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Un jour

Si tu n’avais plus qu’une seconde à vivre, laquelle serais-tu ?
Serais-tu cette branche courbée sur le rivage
A la douceur d’une aube perlée se reflétant sur ton visage ?
Aurais-tu un rêve, un espoir de plus ?
Serais-tu ce cœur qui mesure l’air du temps
Comme une étoile sur un air de perles marines ?
Balaierais-tu l’ombre des chimères que le vent
Insuffle sans cesse dans ton regard en pellerine ?
Serais-tu cette ville, serais-tu cette place
Serais-tu ce chemin qui se perd dans la nuit ?
Serais-tu, ô serais-tu, au moins, cet ami
Qui jamais de mon amour ne se lasse
Comme un promeneur solitaire traverse le jour
Balaie d’une main leste les chimères
Libérant enfin son âme de cette douleur amère
Des griffes acérées des vautours…

Si tu n’avais plus qu’une seconde à vivre, laquelle serais-tu ?
Un instant fugace aux commissures de tes lèvres
De ton corps frémissant de toutes nos fièvres
La passion dévorant nos cœurs déchus…
Serais-tu cette âme, serais-tu la minute même
Qu’aucun troubadour n’a contée ?
Serais-tu ce mot perdu, cette phrase oubliée
Ces notes que le musicien cherche à taire tant il aime…
Les silences en disent si long sur ton passé
Tes mains qui parcourent tout mon être
Un visage posé sur les rebords de ma fenêtre
Comme un oiseau s’y pose et n’ose s’envoler…
Qui serais-tu, sinon toi-même, l’enchanteur
Aux détours de ce que le regard n’ose apercevoir
A demi tu, à demi murmuré, ni aube, ni soir
Juste l’amour, juste un être, une âme, un cœur…

Copyright Florence Rahmane

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Tâche au milieu de vagues bleues
qui brille de mille feux
épars dans ses longueurs
du soir qui tombe
Mille frissons éveillent la lande
alentours
Réveil de plumes
et doux comme toi
 
Pourquoi ces cris
les larmes en sang
et le vent
qui dissipe tout
pourquoi cela
Pourquoi la vie de crimes
et de faux ?
Un visage au milieu
de ces pays de brumes
où mon coeur se reconnaît
enfin
dans un soupir
ou un au-delà
et jette tout en vrac
en mêlée emmêlés
Sentiments diffus
de caricature
éventrée
 
Je reconnais cela
je ne sais pas
Quel est ce visage ?
Est-ce moi ?
 

Je ne te dois rien. Puisque tu ne m’as rien transmis. La photographie, j’avais ça en moi, tu ne m’as rien appris. Quant à l’écriture, elle m’est totalement dévolue. Je ne te dois rien. Je reprends ma liberté d’être.

Texte et photographie, tous droits réservés.

 

ET SI…

Et si, de tous ces dons qui sont miens, je ne faisais plus qu’un seul être, moi-même. La photo, l’écriture et le chant… Et si enfin, je devenais moi-même… Et si le monde, à mes pieds, révélait toute sa splendeur dans ma voix, dans mes yeux, dans mon coeur… Et si… Enfin… Ce jour était peut-être arrivé… Et si, enfin, dans mes mains se déliaient tous les auras de la terre en une seule lumière de l’art… Et si… Enfin… Et si… Enfin !

VIVRE LIBRE

Vivre libre…
Libre de toi et tes mensonges
Libre de tout amour qui me ronge
De toute haine qui me laisse comme ivre
Aux rives incertaines de mon âme qui pleure…

J’avais rêvé de toi comme une infinie tendresse
Ton amour était un leurre
Un piège à cons fait de lianes et de laisses !
Vivre libre…

Comme tout sentiment qui s’éteint au firmament
Comme une larme aux joues d’une enfant…
Où je rêvais d’une galaxie, d’un univers…
Les yeux clos et le cœur ouvert…
Mais aujourd’hui, les yeux à l’envers
Je regarde à l’intérieur de moi-même
En quête d’ombres je fuyais la lumière
Astre pâle de tes paupières…
En quête d’un doux « je t’aime »…

Enfant, je courais pieds nus vers toi…
Les bras en avant, la lune dans mes bras…

J’aurais cueilli toutes les roses
Me couvrant d’épines et ne t’apporter que leur douceur
J’aurais livré mes doutes j’aurais levé mes peurs
Traversé des rivières pour t’apporter ma fraîcheur…
Livré des batailles sans nom pour t’apporter la paix
Deviné le Rien pour te dire la Chose…
Oublié qui j’étais, oui, cela mais…

Je criais dans un langage sans non
Où la douleur faisait loi, où la douleur me prenait
Et ne prendrait que moi…
Par monts et par vaux, parvenir à lâcher prise
J’engrangeais des maux et par delà même me libérais en mots.

Vivre libre… Quelle surprise !
Quel soulagement ce serait, vivre sans ta loi ?
Vivre sans cette sourde tourmente
A flots sans cesse renouvelés, et vagues tout à fait différentes !

Vivre libre…
Sans le savoir tu m’as enchaînée à ton passé
Et la femme que j’ai du mal à être, je ne sais
Je ne vis, je ne crains, je tremble, je frémis…
Vivre libre… Pourtant…
Aimer d’un amour de sang
C’est vivre enchaîné.

DEVANT…

Si on ne devait voir qu’avec le passé dans la tête, cette dernière serait penchée… Et le regard plongerait vers une immensité d’eau salée. On n’arriverait pas à faire des projets, on n’arriverait qu’à faire gagner les bourreaux… Certes, ne rien faire, cela consiste un peu à dire que l’on ne peut pas changer les choses, mais, si… Si je peux être fière d’une chose, c’est d’avoir fait. Alors pourquoi m’en tourmenter aujourd’hui ? Aujourd’hui, je me dis que je suis fière de cette jeune fille qui a réussi par le passé à repousser les autres avances de son père. Elle s’est battue comme une lionne ! Aujourd’hui cet homme perd la mémoire… Comme c’est étrange… Alors en moi vient le pardon car, tout a une cause sur cette terre et j’en soupçonne les arcanes secrètes du créateur. Ce n’est qu’avec le pardon que j’arriverai à faire la paix avec moi-même. Repose mon âme, repose en paix car tu es belle !

Si mon chemin a été tourmenté, il m’en reste un coeur immense, comme des landes à perte de vue que mon objectif balaie en longueur et en profondeur, tachant d’en récolter quelques thèmes et quelques couleurs…

Une mélodie fredonnée du bout des lèvres et des échos qui me reviennent comme ourlés de bulles d’amour…

Un visage au détour d’une chanson, un sillage au bout de l’horizon… Ne pas se retenir mais se donner à fond ! Ne plus rêver une vie mais enfin vivre quelques uns de ses rêves ! Les nuages, parfois, se teintent de la couleur du soleil… Ne pas les écarter mais poser sur eux un regard tendre.

Jouer avec ce que l’on a, les mots, les images, les notes…

On rêve bien, on rêve mal
Qu’est-ce qui nous pousse à aller plus loin
Dans l’irréel de tant de matins
De notre monde fœtal ?

Ce qui nous pousse à aller plus loin, ce n’est qu’en nous que nous pouvons puiser cette force. On ne peut attendre des autres même si certains vous donnent ce vous n’oseriez attendre. Croire en soi. Il n’est d’autre choix… Il n’est meilleur choix. Regarder.
Devant.

Opaline

Avoir, dans mon regard, les monts qui s’entrechoquent aux vallées, et créent l’écho… Des rumeurs, il n’en reste qu’un souffle lascif au dessus des masures longeant les côtes escarpées.

Une vague brume qu’il serait facile de prendre pour un filet de pêcheur, largement tendu au-dessus des villes.
Etre là haut, là où le regard se porte sur l’infini, où l’horizon caresse vos yeux et la brise un peu têtue effleure votre visage rêveur.
Etre là haut, presqu’au plus haut des plus hautes cimes, moins frivoles que leurs pâles mîmes dans des cités aux dimensions inhumaines.
Tout avoir et ne rien posséder. L’inconcevable demeure une éternité, à l’orée des meilleures Orphées.
Je penche légèrement la tête afin d’avoir une autre vision. Une vue différente de celles que l’on m’a apprises, dont certaines s’accrochent, démesurément, et d’autres auxquelles je m’agrippe, inutilement.
Comme des mains au devant d’un navire, quand augmente la vitesse ou le tempérament de la mer, je garde ces mains accrochées aux vielles des mauvais rêves…
Mais l’horizon est toujours différent !
Imaginez !
Transportés par un rebondissement de lignes en courbes plus longues, plus entraînantes, presque grisantes.
Votre cœur qui bat de même, s’emportant toujours plus. Encore et encore.
Vos mains sur le portant d’une vie déjà dessinée, vers laquelle on vous pousse.
Imaginez !
Et hop !
Vous lâchez cette vieille guimbarde. Ouf, vous lâchez tout !
Vous avez peur. Vous frémissez, êtes presque tentés de fermer les yeux. Tout ce que vous avez cru pouvoir posséder, vous le lâchez !
A force de trop fermer les bras, on finit par étouffer.
J’ai l’impression d’être sur ce navire, et plein de gros cargos me poursuivent.
Tous ces bateaux connaissent leur chemin. A force de creuser des sillons dans la mer, ils croient que la mer se souvient d’eux. Les sillons demeurent, fadissent, se gonflent et se déforment.
Et les sillons reviennent à la mer.

Pourquoi attendre ?

Et hop ! Lâcher prise sur ce qui n’a que trop d’emprise.
Imaginez !

Sur le devant du navire qui continue d’avancer… S’apercevoir soudain qu’on a le pied marin.
Regarder l’horizon. Chanter sa chanson.
Et sourire.
Sur la plus haute des cimes, sur quelque mer déchaînée, quel que soit l’environnement, hostile ou gracile, c’est ce que nous savons être juste -car avant la connaissance des autres, c’est notre propre demeure que nous devons habiter- qui nous « tient ».
Simples voyageurs des temps, nous traversons la vie en nomades.
Avoir, pour ne rien posséder.
Souvent, je tourne la tête dans tous les sens. Chercher. Désespérément. Alors que tout est en moi.

Et, pencher la tête, sur ton épaule, car avec tes yeux, je vois différemment.

CYGNE DES TEMPS

Cygne des temps

Cygne des temps

Ces signes que l’on ne mesure pas
Qui prennent place en votre corps
Dont on ne voudrait pas
Et s’incrustent plus alors…

Ces rêves que l’on a meurtris
Avant même de voir leur naissance
D’autres déjà que tout enfouit
L’être travaille à leur délivrance

Plus fort plus tenace il se réinvente
Avec le passé qu’il a apprivoisé
Si la chance ne le tente
Ce sera à lui de la créer

D’autres s’acharnent encore
Qui pensent pouvoir penser
Mieux que de voir s’éclore
Un courant qui leur est étranger

Vouloir continuer, coûte que coûte
Sur un chemin où peu s’aventurent
Si l’obstacle est sur sa route
Alors, trouver l’adéquate courbure…

Trouver sa vérité à l’orée d’un chemin
En ce que la vie a donné
Si personne ne prend sa main
Alors, que reste-t-il à prier

Prier est une lente introspection
A ce que l’âme reflète en soi
Oublier les pâles imitations
L’être reste à l’écoute faisant fi d’émoi

Que reste-t-il à rêver
Quand le coeur n’écoute plus
Que reste-t-il sinon le vrai
Quand des chimères l’être s’est déchu

Signe des temps, la pensée unique
Quand le vent balaie tout
Comment savoir ce qui tend à l’inique
Ce qui fait de vous ce nous

La plus juste équité
L’amour le droit à être
Le non dogme la volonté
Au faire fi des paraitre

Quel est ce visage qui s’offre
Fermer les yeux ne plus voir
Briser les serrures de ce coffre
Regarder son âme non plus comme un miroir…

Copyright textes et photos, Florence Roussin

TOILES DE REFLEXION…

endroitenvers

Une face trouble une face claire
A semi enfouie sur les pavés
Une ombre qui se profile déguisée
A l’endroit à l’envers

Les mots qui se fardent sous l’étau
De jeux corrompus par les âges
Une rigole se faufile entre les eaux
Ton regard en dessine le ciselage

Sous tes faux habits
Ton profil se devine
Sous les traits d’un ami
A l’encre de Chine…

Un à un je lève les voiles
Que tu t’entêtes à plisser
Sous la tunique des étoiles
Sans formes à lisser…

Un coup de griffe à l’emporte pièce
Le cri dans les natures est lâché
Sous la rage ou bien la liesse
Trépitude de temps engagés

A l’endroit à l’envers
Le regard entraîné dévisage
Scrute et plonge dans l’univers
Tourne et retourne les pages

Les mots se défont de l’étau
Des jeux corrompus par les âges
Leurs rivières s’isolent des eaux
Détournent les passages

La vie se fait âme paisible
Dans les tourments des paysages
L’âme se fait indivisible
La main en trace le sillage

Les vielles résonnent dans les airs
Le piano continue sa chanson
Le cœur se fait ainsi moins fier
Pour épouser, enfin, l’horizon

Mon corps se tient à l’orée de la mer
Droit, sans ciller, sans faiblir
Sous les vents, sous les faux, sous les airs
Droit, silencieux, tel un menhir…

Entre passé, présent et avenir
Plus de questions, le rêve délivre l’âme
Pour rendre à l’être à venir
Toutes ses plus belles flammes !

Et sous le ciel, la tunique des étoiles
Lisse le regard à leur reflet
L’humble déploie alors ses voiles
Et l’être se reprend à rêver

Chaque âme possède en elle
Le secret de ses chemins de vie
Chaque respiration en est l’étincelle
Formant la coupe ou la lie

La lie s’accumule et forme la synthèse
Un rien et un tout épousant le monde
Sommes-nous le reflet de la genèse
L’épilogue est l’annonciation féconde

A l’endroit à l’envers
Cieux éblouis dans les regards
Les regards imberbes
A l’envers à l’endroit, sans fard…

Copyright, images et textes, Florence Roussin

La poésie, la musique, Nice, et mes amis…