Pourquoi, mais pourquoi donc l’inceste doit être reconnu comme un crime spécifique et non comme un viol avec aggravation car commis par une personne ayant un ascendant ou autorité sur l’enfant…

Hors la violence, la contrainte, la surprise, ou la menace, le non-consentement, qui sont des évidences, le viol avec aggravation est inexact pour l’inceste, dans le cadre où le viol implique précisément la « pénétration », et donc passible des Assises, l’inceste englobe bien plus que cela et des études (ou l’expérience) démontrent que les conséquences de l’inceste (viol ou agression) sur une vie  sont tout aussi importantes et néfastes.

Le viol n’implique aucunement l’amour, et c’est pire que tout, et l’inceste fait plus que porter atteinte à l’intégrité physique de la personne, même si le viol, pour cela, a les mêmes conséquences traumatiques car portant atteinte à l’intimité, donc étant une atteinte à la personne physique et morale, l’inceste, quant à lui, inclut non seulement le non-consentement mais également l’amour, en plus de cela, dans un cadre fermé, à un stade de vie en construction. Il implique non seulement la honte, qui reste encore ancrée dans nos mentalités actuelles pour le viol, mais le silence car impliquant la vie de toute une famille, l’intégrité d’une famille, la vie des autres enfants, et parfois, comme dans mon cas, les autres secrets de famille. L’enfant se retrouve face à lui-même, à une parole que s’il pouvait la donner serait forcément soumise au doute, aux doutes : ne suis-je donc point fautif de cet acte, ne dois-je donc point tout à mon parent aimant, ne suis-je point la personne qui doit palier aux désirs non assouvis par la compagne ou le compagnon du parent auteur de l’acte ? Si je parle, je sème le trouble dans ma propre famille, je serai la personne qui peut briser plusieurs vies… Et je trahirais l’amour du parent auteur de l’acte… M’aime-t-il ? Est-ce que je l’aime ? Qu’est-ce que l’amour ? Où suis-je maintenant ? Comment me définir ? Qui suis-je ?

Il est plus rare, je pense, également, qu’une personne violée occulte l’âge où l’acte a été commis… ce qui est mon cas. L’âge ne m’ayant été donné que par une phrase prononcée par ma propre mère, « Elle est devenue émotive vers l’âge de 11/12 ans », lors d’une visite chez un médecin… Depuis, certaines découvertes et certains souvenirs me confirment l’âge… Pourquoi ne suis-je pas devenue émotive quand je suis entrée en 6ème, événement quand même important dans la vie d’une enfant, et pourquoi ai-je ce souvenir lancinant de moi, dans une cour de collège, mal à l’aise ou plutôt très mal dans ma peau que plus tard ? Pourquoi ai-je obtenu un second prix d’excellence en 5ème et pourquoi, ça a été la débandade après ? Phénomène de résilience qui m’a permis de résister un an…

L’inceste vous suit toute une vie. Avec ses différentes étapes lors du processus de survie. Car on ne vit pas, enfin, chacun réagit comme il le peut, chacun va survivre comme il le peut, et peut tout-à-fait réussir sa vie professionnelle, et/ou sentimentale, avec de profondes blessures. Certes. Et puis d’autres (moi), vont ne pas réussir, comme on dit, car hélas, c’était le schéma familial, la réussite, l’argent, et ce fut ma révolte, stupide quand j’y pense aujourd’hui, car ce schéma ne leur appartient pas. Etre bien dans son métier, c’est contribuer à son propre bonheur, même si cela contribuerait au leur… Mais voilà, quand on n’a pas d’autre moyen d’expression, on essaie de l’exprimer autrement… Quand j’y pense, j’ai sauvé les apparences, tout le temps, avec des sauvetages de dernière heure, juste ce qu’il faut pour passer dans la classe supérieure… Avec des préférences, quand même, et sachant taper du poing sur la table quand il s’est agit de mon orientation scolaire en fin de classe de seconde, après, quand même un échec en seconde C, tout comme pour mon frère (ils ont abandonné l’idée avec ma soeur 🙂 ), et qu’ils voulaient que je suive l’orientation de mon frère, personnellement, j’avais choisi les langues étrangères, bizarre… Et, pour prouver que j’aurais pu être excellente, rattraper tout un bouquin d’allemand en deux mois, faut le faire, et passer dans les premières à l’examen d’entrée dans un établissement public, malade à en crever, faut le faire aussi… mais le phénomène de résilience était toujours très court, demandant peut-être trop d’énergie. Je me souviens de l’entrevue entre le proviseur, mon père et moi, le proviseur félicitant mon père de ma venue dans son établissement… Il a vite déchanté…. J’avais surnommé, par la suite, ce lycée, la passoire… Idem pour le bac, après rattrapage, il fallait 200 points pour le réussir, j’ai obtenu le quota minimum… Inoubliable, je peux vous dire la brique de jus de fruits que mes parents ont ouverte à l’occasion alors que mon frère, qui avait obtenu la mention Assez Bien, s’est vu offrir le permis…

Après une première tentative d’insertion du terme « inceste » dans le code pénal et non validée par le Conseil Constitutionnel, il faudrait veiller à ce que cette fois-ci, ce soit… constitutionnel…. Bon, je n’ai pas écrit sur ce sujet-là spécifiquement mais sur les autres débats oui : l’inceste.

« la notion même d’inceste implique de définir une limite de proximité familiale au-delà de laquelle les relations sexuelles sont admises. Le Code civil prohibe le mariage jusqu’au troisième degré en ligne collatérale. En droit pénal, c’est au législateur de fixer également une limite. Il ne pouvait pas déléguer au juge le pouvoir de le faire en fonction des circonstances ».

Lire ce billet plus complet : inconstitutionnalité.

J’approuve totalement Najat Vallaud-Belkacem quand elle souligne que la recherche du non-consentement n’est pas à être effectuée… La vidéo : le gouvernement.

L’importance de la reconnaissance de l’inceste en tant que tel réside dans deux situations importantes : la détection des cas d’inceste (un enfant sur cinq, dans une classe, en serait victime) et le suivi de la victime. Or, selon mon expérience professionnelle (j’ai travaillé dans un collège), les acteurs médicaux, notamment les infirmières, ont du mal à dénoncer des cas étant données les conséquences, par exemple, dans la structure familiale ou dans leur propre vie professionnelle…

C’est en effet très délicat… Mes seules « détections » étant soumises à rudes épreuves, notamment dans leur interprétation…

Un bulletin médical scolaire…

1976

 

Après…

1977

 

L’acte ayant été commis avant un événement important…

Communion

 

Date de la photographie :

1977-2

 

J’ai lu sur Internet que l’éréthisme cardiaque était courant chez l’adolescent, mais c’est d’une coïncidence troublante… L’interprétation que des personnes ont eue sur la photo ne m’a pas convaincue mais… la photographie, ça me connait… Même si certes, il m’est difficile de rester objective… Comment dire que mon père y a une attitude protectrice, quand on observe mon attitude tétanisée… Je n’ai pas mis la photo entière mais il semblerait que ce soit mon frère qui ait pris la photo puisqu’il n’y est pas et que son meilleur ami oui (d’où forcément sa présence à lui, et mon sourire).

Alors, ministres, députés, sénateurs, membres du conseil conseil constitutionnel, au travail pour que cette loi soit intelligemment révisée. J’ai travaillé pour que mon père ne me touche plus (combien de soirées passées à me coucher la dernière), je travaille encore à la reconstruction de mon être, aujourd’hui encore plus, par la compréhension des événements, dans leur reconstitution dans le temps, et aussi dans le pourquoi (un doute subsiste quant à l’appartenance de mon père à un groupe philosophique et la relation de cette appartenance à l’acte). Je travaille sur mon être, tout en continuant la seule bonne chose que mon père m’ait léguée, la photographie…

 

Au boulot !!!! Vous ne me rendrez peut-être pas ce sourire, mais le bonheur peut-être de pouvoir croire que mon être intérieur puisse enfin rayonner… Enfin, sauf que j’y crois déjà…

FloAvant_GF