Archive for octobre, 2010


On pourrait croire que le temps efface tout. Malgré son acharnement à inscrire son passage sur notre corps, il est des espaces que nous ne saurions vouloir effacer.  Non, nous n’achèterions aucune crème anti souvenirs pour les personnes qui ont été chères à notre coeur et qui nous ont quitté… Même si, comme sur ces pétales les gouttes de rosée s’attardent avec quelque plaisir, les larmes peuvent parfois couler sur nos joues, dessiner un chemin éphémère sur les vallons et les vallées pour atterrir sur nos lèvres, qui aimeraient dire mais se taisent. Alors, le paysage qui s’étale sous nos yeux ressemble à un tableau matinal d’automne, une vallée que la brume enveloppe de ses bras…

Louise, Yvonne, et quelques autres, vous resterez dans mon coeur à jamais. Je ne garde de vous que le meilleur, celui que vous m’avez donné. Aucune ombre ne saurait pâlir votre regard, aucune tristesse effleurer vos coeurs. Vous n’êtes plus de ce monde car l’amour est parfois impalpable. Il me reste des chemins, que je parcours avec une tendresse infinie, et mon regard se porte au delà du définissable. Je n’aimerais pas, d’ailleurs, que cet amour soit enfermé dans quelques lignes d’un dictionnaire. Il est bien qu’il en soit ainsi, comme une lumière traversant la nuit des temps, une étoile se posant sur la fresque toujours renouvelée du ciel, comme un rêve qui vient bercer mes nuits.

Des brises marines viennent effleurer mes narines, les chatouillent délicatement jusqu’à faire sourire mes lèvres… Des parfums de terre viennent prendre mon coeur, le transportant sur des collines que caressent de vastes forêts… Jusqu’à l’odeur des fraises des bois et les framboises cueillies et aussitôt englouties… Jusqu’au goût de la mer sur ma langue un dimanche timidement ensoleillé… Un cirque, un pain sans sel oublié, une messe dans un hangar l’été, des chants, des guitares et des flûtes, des jeux de cache-cache, et ton corps qui nous suit discrètement après l’école. Les souvenirs se mêlent et s’emmêlent sans se chevaucher.

Nous pleurons nos morts et nous sentons plus seuls sans eux. Mais, savez-vous que, dans le ciel, ils pleurent de nous voir pleurer ?

Publicités

AINSI DONC…

« Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber. Les tentations auxquelles vous avez été exposés ont été à la mesure de l’homme, Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. » (Première Epître aux Corinthiens, X, 12-13)

Tentation d’en vouloir toujours plus ? Tentation de ne vouloir écouter, regarder ce qu’il y a autour de nous ? Le monde est en pleine mutation mais certaines choses ne changent pas. Il y aura toujours ceux qui mènent le monde et ceux, qui, malgré eux, sont amenés à le subir. La France sous le joug des mouvements sociaux, et de ceux qui dictent leurs lois. Est-ce vraiment l’âge de la retraite qui est vraiment d’actualité ou plutôt l’injustice des cotisations qui touche les gens au plus bas de l’échelle ? La moyenne d’âge s’adresse-t-elle forcément à tout le monde ? Est-ce par des calculs que l’on rendra la vie plus juste ? Des études plus longues pour mener au chômage, un système de santé qui améliore ses performances techniques et médicamenteuses mais qui restreint ses bénéficiaires… L’accès à l’information que l’on taxe avec l’augmentation de la TVA sur les FAI… Les barricades que l’on monte autour de soi, les différences que l’on montre du doigt. Une France qui se cherche…

Gauche… Droite… Quel est le réel débat ? Il se situe au delà de ces frontières, bien au-delà de ce que les simples citoyens peuvent imaginer. Certains magazines en font leur pain béni… Décidément, il est des sociétés secrètes qui portent bien mal leur nom. Qui se sont éloignées de leurs vocations premières. J’aime me situer au delà des frontières, qu’elles soient politiques, culturelles ou religieuses. Sans pour autant n’avoir ni convictions ni couleurs ni pensées ni coeur…

La vérité n’est pas ailleurs, elle est à l’intérieur de nous-mêmes. La vérité fait peut-être peur. C’est peut-être cela qui nous pousse à regarder autre part. Chez l’autre. Chez le voisin. Dans un autre pays, sur une autre planète.

La vie est trop courte pour regarder « ailleurs ». La vérité est dans mon regard, elle est dans mon coeur. Mais elle n’a aucunement plus d’importance que la tienne. Partageons nos vérités… Tu verras, nous marchons sur le même chemin ombragé…

LA VRAIE MANIFESTATION

Environ 25.000 personnes aujourd’hui à Nice pour montrer une vraie détermination et un certain rapport de forces. Mais, un peu lasse, je pensais que la vraie manifestation se ferait en 2 points : la manifestation par le vote, aux prochaines élections, mais surtout aux prochaines présidentielles, et, cela ne pourra se faire sans cela, une vraie opposition, déterminée, efficace, active, proche des revendications du peuple mais également des réalités économiques. Je ne peux m’empêcher de sourire quand certains groupes de manifestants réclament un SMIC à 1600 euros car cela n’est pas réalisable dans l’Europe qui se construit…

Alors, à quand une vraie manifestation de notre mécontentement ?

Est-ce la foi qui nous porte ? Quelle est cette chose impalpable que tant d’êtres incroyants tentent de faire vaciller dans nos âmes car ils ne savent (plus) ce qu’est la foi… Cette foi dont on retrouve les semences dans les livres sacrés, mais qui n’y sont point enfermés. Cette foi qui se perd souvent entre des flambeaux trop nombreux que les humains allument pour mieux croire que la lumière existe… Comme une cascade de bougies que tu allumes une à une et qu’un passant éteint aussitôt que tu es passé… La foi est une de ces bougies que rien ne semble avoir allumé et que rien ne peut éteindre sauf l’aveuglement du coeur. Elle n’a pas besoin d’ornements, elle se méfie des faux-semblants, pas besoin de strass, elle est pure, dénudée, si simple qu’elle n’a besoin de rien d’autre que… un être pour la porter.

Elle s’éloigne de nos vies modernes car elle n’apporte pas de plaisir instantané, parfois même des feux la rongent, pour lui rappeler que l’enfer existe, aux apparats de soie et de diamants, de paillettes et de flashes, de sourires éclatants ne montrant en fait qu’une bouche féroce… La foi, son sourire est dans les yeux, ses mains sont douces comme la soie, son coeur aussi solide que le diamant, les paillettes sont des céréales fertiles pour apaiser la faim. Et les flashes ne sont là que pour tromper ses ennemis.

Il ne nous appartient pas de juger qui détient la foi. Elle peut se retrouver dans le cadre d’une église, qu’elle soit catholique, protestante, réformée, orthodoxe, d’un temple, judaïque, hindou, ou autre, d’une mosquée, elle se love au coin de chaque espace de la terre, c’est la simple croyance en un Etre supérieur, un Créateur, Il ne porte pas de nom, d’ailleurs… Chaque être ressent le besoin, ou pas, de lui donner un nom, d’appartenir à une entité qui le rassure, qui le guide. Mais ce n’est pas cette « appartenance » qui lui octroie le fait d’exister. Elle est une juste une forme comme une autre d’être, de s’exprimer.

Alors, est-ce la foi qui nous porte ? Je crois que nous ne faisons qu’Un… qu’elle est une fibre de nos entrailles, telle notre âme vivant dans notre corps. Et qu’elle laisse son empreinte sur le monde. Tels des pas sur le sable… de l’éternité qui s’écoule, hors de son sablier.