On peut choisir de taire, ne pas se retourner, laisser le silence envahir notre monde et l’inonder de non-dits… Si cela avait pu apporter la paix, ma paix, c’est ce que j’aurais fait. Le passé appartient au passé et pourtant il s’amuse à jouer au peintre de notre présent… J’ai essayé de dénouer les liens douloureux, d’apporter le pardon, mais je ne faisais que tisser un filet de faux amour, puisque je n’étais pas assez forte pour apporter le pardon sans rien demander en retour. Quand je tente d’établir la liste de ce qu’a pu « commettre » ma mère, je me dis que ce n’est pas possible ! Pas maintenant. Pas au prix de ma vie. Pas au prix du déni. Je peux pardonner certaines choses mais d’autres non, j’avais des comptes à demander, je n’ai obtenu que des leurres, du non-amour, du déni, du mensonge, et même le mot mépris me paraît bien fade…

Un homme m’a volé mon sourire, et tous les espoirs d’une petite fille en cours de construction, des rêves dans la tête, et de l’amour dans le coeur. Trahison, pire que tout, vol d’une vie, viol d’un corps, j’en ai plus que marre de ressasser tout cela, marre de me poser en victime même si c’est ce que je suis, mais marre du silence qui entoure l’inceste, de ce silence qui envahit non seulement les membres de la famille mais les membres de cet univers, l’entourage de vie d’alors. Toutes les victimes le savent, on est à jamais marqué au fer rouge, ou alors, on traîne son boulet avec soi. On apprend à le porter. Le tout étant de ne pas porter les entraves des autres. Il existe pire que le « violeur », il existe son complice malgré lui, malgré lui jusqu’à ce que son silence tente de vous étouffer, car pire que le « papa », il existe la « maman », celle, du moins que l’on appelait ainsi…

En fait, comment appeler celle dont vous n’êtes que le fruit d’une copulation opportune ? Le fait d’être « maman », c’est tout ce qui suit, ce n’est pas la simple éjection d’un vagin !

Une mère qui avait pris comme médecin de famille un homme qui faisait du trafic pornographique, cela me semble déjà bien louche… Une femme bien peu vertueuse à l’époque, bien qu’elle nie le fait d’avoir « trafiqué » quoi que ce soit, elle a nié bien des choses que sa propre mère me racontait… Cela semble être la signature incontournable, ce qu’elle a fait serait (est ?) ce qu’elle n’a pas fait… Comme photographe, je dirais que cela dépend du regard que l’on porte… C’est dingue ce qu’un objectif peut changer la vue que l’on porte…

Ainsi donc, au début du mois, je l’ai mise au taquet… Toutes les horreurs qu’elles m’a sorties, enrobées de miel pour certaines, sont arrivées à leur comble, quand, après m’avoir dit « Tu m’as demandé si je te croyais, je t’ai répondu oui », pour après me sortir « Mais tu te poses en rivale ? » et donc me poser en incestueuse moi-même… Comment croire donc à ses mots… La deuxième phrase étant sortie plus violemment et donc, plus spontanément… Une phrase donc inventée pour me faire taire, tout simplement, pour me calmer, pour m’acheter, ce que vous voulez… Quand je l’ai vue, je regardais tous ses ancêtres qui pointaient en elle… Ils n’étaient pas drôles non plus ses ancêtres… Mais rien ne nous oblige à reproduire… Je me suis abstenue, d’ailleurs…

L’orage a été violent, mais salutaire, j’espère que j’ai enfin compris que je ne trouverai jamais ce que je cherchais. Et que je me mettrai enfin à l’oeuvre pour chercher ce qui est moi, ce qui devrait être moi. Ce que je n’ai jamais su qui devrait être moi car je ne pourrai plus être ce que je devais être. On ne peut courir après ce qui n’est plus !

Peu de gens peuvent décrypter une photo, pour moi, elle est évidente !

Un regard… les bras ballants… cette photo me donne le frisson…

Et, tout en écrivant, cette colère qui me revient, cette tempête !!! Des souvenirs qui reviennent, de moi par exemple, revenant du coiffeur et désirant que l’on me coupe les cheveux encore plus courts ! Le coiffeur me renvoyait chez moi !!! Cela s’est passé après notre déménagement, dans un appartement plus grand, où ma mère avait décidé de prendre les rênes car mon père dormait désormais dans le salon !

C’est ce qu’elle a confirmé ce dimanche-là, pauvrette, elle qui la veille demandait la permission à son « beauf » de pouvoir se remettre avec quelqu’un… Pauvre hypocrite va, les photos ne mentent pas, j’en ai une de toi, au chevet de mon père, et ton regard qui en dit long, notamment sur les comptes que tu réglais ! Les comptes que tu as réglés également avec ta mère, en la déracinant, la déstabilisant, après la mort de son mari ! La coupant de nous pour la laisser mourir (enfin, pour moi, elle n’a pas fait ce qu’elle aurait dû faire) ! Bref, ma mère a tout mis à son nom, pour abréger les choses…

La colère n’est constructrice que si elle sert à bâtir du nouveau, du renouveau, c’est pour cela que j’achève ce billet brusquement, estimant que j’y ai passé assez de temps.
Juste deux liens pour les victimes :

AIVI

AREVI

Liens tout aussi utiles aux proches par ailleurs !!!

Battez-vous ! Vous le valez bien !

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