Category: Cinéma


Cristo si è fermato a Eboli… un film de Francesco Rosi, de 1979, avec, notamment Gian Maria Volontè… Histoire d’un exilé politique dans une région très pauvre du  sud de l’Italie, dans un village nommé Gagliano dans le film mais qui s’appelle en réalité Aliano…

Je voulais en parler de ce village car j’y suis allée pour de vrai, un village dans une région désolée, isolé, où les souvenirs de la dernière guerre mondiale sont fortement ancrés dans les mémoires des anciens. Pour vous dire, ils ne voulaient pas nous parler car nous étions Français…

Pour lire l’histoire, très émouvante, très forte, de ce magnifique film, aller ICI. Pour le situer en Italie, allez voir sur la carte : LA.

Et ce que vous ne verrez nulle part, des photos prises il y a près de 27 ans… Vous reconnaîtrez ces paysages si dénudés que le soleil a brûlés… Bref, une contrée que le Christ semble avoir oubliée…

Tout le temps de son séjour, il partagera la pauvreté et la misère de ce peuple, dont la richesse était l’amour et le partage…

Ainsi, je vous adresse mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2011 et n’oubliez pas que les vraies richesses sont l’amour… et la santé !

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drapeaux

Une magnifique trilogie que celle de Krzysztof Kieslowski, qui commence par le bleu… Juliette Binoche, Benoît Régent, les deux protagonistes de ce film qui se construit autour du langage universel qu’est la musique, tout comme l’amour. La musique et l’amour sont, en fait, le ciment de cette trilogie, qui, pour l’époque actuelle aurait bien besoin d’un coming back, pour une France dont je commence à avoir honte, sous certains de ses travers.

Bleu… Comme le papier glacé d’une sucette d’enfant qui s’envole sur la route. Bleu… Comme les cristaux d’un pendule décoratif que Julie a gardé et  la lumière qui joue sur son visage. Bleu… Comme l’eau d’une piscine où elle vient noyer son chagrin…

Un jour, sur une route brumeuse, le destin de Julie semble s’écrouler. Un accident, comme il en est tant, et le destin qui semblerait s’acharner  en vous désignant comme unique survivante d’un drame où vous perdez votre mari et votre enfant. Une vie qui s’écroule. Julie abandonne le domaine familial, parcourant de son poing sanglotant les hauts murets de pierre afin d’éprouver une douleur plus grande ailleurs que dans son coeur et son âme. Fuir, mais la douleur vous accompagne tant que vous ne vous en êtes pas libéré.

L’universalité est très présente dans ce film, non seulement par le biais de la musique, mais par le biais de l’amour, sous toutes ses formes, l’amour et l’amitié, l’acceptation de l’autre pour ce qu’il est, non pas pour ce que l’on voudrait qu’il soit. C’est ce que montre la relation qu’elle noue avec Lucille, une danceuse dans un cabaret de strip tease, danseuse qui cherche l’amour et le transmue dans des relations plus charnelles. Tolérance, qui se démontre dans la volonté de Julie de ne pas signer une pétition contre cette jeune fille dans son immeuble, pour ses mœurs dites légères. Ecoute, de cette musique, omniprésente, jusqu’à un joueur de flûte, dans la rue. Amour familial, amour qui se donne sans attente d’un retour, amour pour cette mère dont la mémoire s’efface. Amour, plus fort, encore, avec l’image de cette petite vieille courbée par les ans, qui continue d’amener ses bouteilles vides dans le container, trop haut pour elle…

Le temps qui passe, avec les mêmes rituels, de la tasse de café, le sucre qui fond, lentement, et qui, de sa teinte blanche brunit, peu à peu, prenant ainsi la couleur du temps, son universalité, pour se noyer dans la couleur que donne le soleil.

Le temps qui passe, les vérités qui finissent par atteindre Julie sans l’atteindre vraiment. C’est le retour à la vie. Une autre femme, une vie, de son mari, avait pris naissance dans le corps d’une autre femme. Alors, c’est là que prend le sens de la vie, celle qui se renouvelle, qui, au-delà de l’idéal que l’on peut se faire de l’amour, celui qu’on croyait éternel, retombe dans une réalité pour laquelle on n’éprouve même plus de ressentiment. Et c’est là la beauté d’une femme, celle qui se cachait derrière un homme, auquel elle avait été jusqu’à donner son talent… Aucune aigreur, derrière tout cela. Juste de la générosité. Toujours plus de générosité. Julie récupère le domaine qu’elle voulait vendre pour le donner au futur enfant de son mari décédé et de la femme amante.

Un homme, Olivier, amoureux d’elle depuis longtemps, la suit, depuis un certain temps. Julie qui ne croyait plus en rien, voulait lui prouver, en faisant l’amour avec lui sur un simple matelas dans le domaine, qu’elle n’était que comme les autres femmes. Mais voilà, Olivier a gardé tout autant son amour pour cette femme que le matelas…

La musique les réunira, l’amour les unira. L’image finale de ce film, mon préféré des trois, est le commencement de l’amour entre ces deux êtres, la libération de Julie qui s’abandonne enfin, et Krzysztof Kieslowski fait danser tous les acteurs de ce film, le bébé dont on voit l’échographie, Lucille et sa quête d’amour, triste, le jeune homme qui avait rapporté à Julie une chaîne et une médaille trouvées sur le lieu de l’accident, tout cela dans une magnifique orchestration de Zbiegnew Preisner, compositeur de « The song for the unification of Europe », dont les paroles ne sont autres qu’un extrait du Premier Epître de Saint Paul aux Corinthiens… L’amour…

[Quand je parlerai la langue des anges si je n’ai pas l’amour je ne serai qu’airain qui résonne quand j’aurai le don de la prophétie la science de tous les mystères et toute la connaissance quand j’aurai même toute la foi jusqu’à déplacer les montagnes si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien l’amour est patient, il est plein de bonté il supporte tout, il espère tout l’amour ne périt jamais car les prophéties prendront fin les langues se tairont la connaissance disparaîtra maintenant donc demeure la foi, l’espérance et l’amour mais la plus grande de ces trois, c’est l’amour…] (chap 13)

Plus de renseignements sur le casting sur Allocine.