La manipulation mentale est un moyen de prendre contrôle de l’autre. Elle se présente sous différentes formes, sous différents niveaux, avec des objectifs différents à court ou plus long terme. Elle vise notamment à faire faire à une personne ce que l’on désire. Essentiellement, on parle de manipulation mentale lorsqu’un individu ou qu’un groupe d’individus exerce une tentative de prise de contrôle de l’esprit et du comportement d’une personne ou d’un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d’auto-critique de la personne, c’est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.

Si une loi a été ébauchée pour la notion de délit de manipulation mentale, dans le cadre des sectes principalement, elle s’avère insuffisante mais ce sujet est délicat car il touche souvent à l’impalpable…

[Les députés ont en effet estimé que la seule infraction qui peut aujourd’hui s’en rapprocher, le délit d’abus de faiblesse, était par trop limitée. Il ne s’applique en effet que dans les cas de personnes particulièrement vulnérables, comme les enfants ou les personnes âgées. Les poursuites engagées pour abus de faiblesse commis sur des adultes se sont ainsi
souvent soldées par un classement sans suite, faute d’avoir pu démontrer que les adeptes, la plupart majeurs et « volontaires », étaient en position de vulnérabilité.

Les députés ont donc défini la « manipulation mentale » comme le fait, « au sein d’un groupement qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer ou d’exploiter la dépendance psychologique ou psychique des personnes qui participent à ces activités, d’exercer sur l’une d’entre elles des pressions graves et réitérées ou d’utiliser des techniques propres à altérer son jugement afin de la conduire, contre son gré ou non, à un acte ou une abstention qui lui est gravement préjudiciable ». Ce nouveau délit sera puni de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 francs d’amende. Il pourrait toutefois s’avérer d’utilisation délicate : dans leur proposition de loi, les députés se gardent en effet bien d’expliquer ce qu’ils entendent par « dépendance psychologique ou psychique » ou « techniques propres à altérer le jugement » d’autrui.] cf Antisectes.net.

La manipulation mentale, il faut le savoir, ne concerne pas uniquement les sectes, il peut concerner une famille, quand il est question d’argent ou de pouvoir… Il peut concerner la vie de n’importe quel citoyen, et l’hypnose peut être utilisée dans ce cadre. L’hypnose, ce n’est pas forcément une méthode utilisée par un thérapeute qui serait face à vous, comme l’hypnose Ericksonienne, l’hypnose suggestive n’est pas forcément utilisée pour vous aider à affronter certaines situations angoissantes, certaines phobies. Ce n’est pas forcément « Vous sentez vos paupières s’alourdir… ». Elle peut être beaucoup plus insidieuse, plus discrète et même, à votre insu… Elle est d’autant plus aisée si elle est faite par une personne du sexe opposé, si vous êtes émotif… Il suffit de bien connaitre votre environnement, votre passé, vos désirs… Elle peut se faire à distance… Par tchat, pour créer un environnement propice, puis, par téléphone. On peut créer une atmosphère propice à un état hypnotique, par exemple, saviez-vous que l’on peut avec une simple climatisation, en la réglant sur un niveau défini, avec un bruit qui lui est particulier, créer un état hypnotique d’une assemblée ? Tout le monde ne sera pas propice à une telle ambiance. Il est des sujets plus sensibles que d’autres. J’ai connu un thérapeute qui modulait la musique de relaxation sur une certaine fréquence (assez haute) et pensait créer ainsi un état hypnotique latent, et c’est ainsi que j’ai entendu certains mots, pour lesquels je n’ai pas réagi, par prudence, mais qui eux, étaient très explicites !

Ainsi, une simple relation qui pourrait sembler banale peut s’avérer extrêmement dangereuse. Sans le savoir, on peut vous suggérer de faire des choses que vous ne feriez pas si on vous le demandait en face. Ces techniques ne sont pas connues du grand public, tout comme il me semble que l’on parle beaucoup moins d’hypnose aujourd’hui. Il existe un livre parlant de ces techniques secrètes d’hypnose, et, je peux l’attester, elles existent bel et bien. C’est là que le droit français comporte des lacunes, mais le sujet est tellement délicat que, je l’avoue moi-même, il est difficile de légiférer car le droit exige des preuves concrètes. L’historique de tchats n’est pas suffisant, l’écoute téléphonique pourrait peut-être y apporter quelques crédits, mais, il faudrait le prévoir à l’avance !

La suggestion post-hypnotique déclenche un processus qui amènera la personne à mettre en actes ce qui a été suggéré. Cela peut peut se faire par le biais d’un mot-clé ou d’une action-clé. Il est évident que la personne ne se souviendra pas de l’hypnose puisque celle-ci s’est faite à son insu, ni même de l’acte suggéré lui-même. Seule une volonté farouche (si l’acte demandé est visible), par le biais d’une séance d’auto-hypnose ou par le rêve, peut faire remonter à la surface quelques traces de cet acte, ou d’un quelconque indice menant au fait que l’on suppose avoir été hypnotisé… Cependant, il faut savoir que d’avoir recouvré une partie de sa mémoire n’est pas sans danger. Des troubles psychologiques peuvent s’ensuivre, surtout si la personne à l’origine de l’acte sait que cette personne s’est rendue compte de ce qu’il lui est arrivé et si l’acte demandé était traumatisant pour la victime. Alors, un autre travail peut s’effectuer, par le biais d’une autre personne, bien sûr, pour tenter de fragiliser encore plus la victime, de l’isoler… Autre technique intéressante à souligner : la pensée positive ! Saviez-vous que notre cerveau n’enregistre que le positif ? Ainsi, une formule négative ne sera pas enregistrée par notre cerveau ! Un exemple bien clair et précis : « tu n’es pas seule », seriné pendant de longues semaines… Le cerveau enregistrera seulement l’expression : « tu es seule » !!!

Un thème qui mériterait à être développé plus en avant, mais, sachez qu’Internet n’est pas sans danger. Déjà que la vie en elle-même ne l’est pas…

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