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Amnésie de l’ombre

Un violon dans une ruelle. Un bout de vie dans ma mémoire. Un horizon, à l’orée de mon regard. La mer étendue souS mes yeux et le ciel étalé sous ma bouche. Ma bouche silencieuse dans les couloirs du temps. Le temps figé dans les entrelacs de l’Histoire.
Un viOloncelle au bout de la ruelle. Mes pas si lourds sur les pavés de l’absence. Les jambes immobiles, les genoux bloqués dans la redondance de la mémoire. La mémoire glissée entre deux murs, deux murs face à l’immensité.
Des voix. Des voix dans la gorge des profondeurs de la ruelle. Des cordes blessées de l’avenir, et des pas dont les bruits se taisent, se taisent, s’effAcent, faiblissent, s’atténuent alors que leur écho retentit jusqu’aux tréfonds de ma chair. Mon âme.
Un piano, un piano à queue dans un cagibi au bout de la ruelle. Un piano égrène des notes que mon coeur ne saurait chanter. Un piano, et, au bout, l’océan, le bruit des vagues roulant sur l’épine dorsale de mon corps qui s’élève, se soulève, se révolte. Qui rêve d’avenir.
Un piano à queue dont l’ombre démesurée s’épancHe sur un immense pont et sur l’apparent impossible.
Et l’orchestre de la vie balance mon coeur sur les effluves d’un océan de larmes de vies autres mais miennes.
Assassinées.

Copyright Florence Rahmane

Tout est peut-être dans le lapsus du titre du billet……