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Après un long silence…

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Il y avait la mer et l’horizon,
Des vents à décoiffer la raison,
Des rêves à réveiller la passion,
Des mots tus que les mains refont…

Il y avait des visages, si souriants
Que le monde entier les entend
Que la vie qui s’affaire attend…
Qui unissent tous les différends…

Le regard vers les autres que tu portes,
Les sentiments de toutes sortes,
Tes rêves du coeur dépassent l’aorte
Et rendront l’espérance plus forte !

Ta voix qui s’échappe si avenante
De ta gorge en larmes impatientes
Se déploiera sur les cimes de l’humanité arrogante
Qui, sans cesse dans la douleur, se réinvente…

Tu aimeras, tu chériras, tu protégeras…
De toutes les erreurs, tous les faux pas,
Une leçon de courage tu en tireras,
Et jamais sauf de la haine tu ne sonneras le glas…

Que tu ne puisses dire que jamais au grand jamais
Tu n’as porté la mort en harnais
La haine comme collier de jais,
Et plus conjuguer l’amour à l’imparfait…

Dans toute l’imperfection de ton être
Dans tout l’humilité de ces rimes que je délie
Au dépouillement du futile paraître…
Pour recouvrer toute l’Essence de la Vie…

Copyright Florence Rahmane

 

Jardin paysager situé au nord de la ville, dans le quartier résidentiel de Saint–Maurice. Entouré de rues dont les noms perpétuent les grands poètes du XIXème, le parc Chambrun est très apprécié pour son calme et son « temple de l’amour », petit chef d’œuvre d’architecture romantique, et son magistral cèdre du Liban.

Il est situé à l’emplacement du grand jardin botanique créé par le Comte Caïs de Pierlas en 1837. Le temple, petit chef d’oeuvre romantique de l’architecte Philippe Randon, fut dédié à la Comtesse de Chambrun. Pour créer le parc, le comte de Chambrun se serait adressé à des paysagistes de renom, les frères Bühler.

Bonne visite !

Le jardin Alsace Lorraine, dénommé ainsi après la première guerre mondiale s’appelait auparavant le ‘jardin du roi » en hommage au roi du Wurtemberg, hôte assidu de Nice.

Il est situé en plein coeur de ville, à l’angle du boulevard Gambetta et de Victor Hugo.

Quatre monuments y sont implantés dont la « main à l’urne » en hommage aux victimes de la guerre d’Algérie, le monument à Paul Déroulède, œuvre de Michel de Tarnovsky (1920),  la «femme endormie» de Volti au bord du bassin et après 2007/2009 (?), lors de la restauration de la Villa Masséna et de ses jardins, la stèle des Maréchaux, monolithe de granit rose, œuvre de Marcel Mayer, est transférée au jardin Alsace Lorraine :
– le Maréchal Alphonse Juin (seul élevé au titre de Maréchal de son vivant).
– le Maréchal Jean de Lattre de Tassigny.
– le Maréchal Marie-Pierre Koenig.
– le Maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque.

Je vous souhaite une agréable visite…

LE SEANCHAI

« Seanchai » is pronounced quite simply « Shana-key »

NissaAquarelle copie

Le seanchai

Le seanchai a tout pouvoir. Le réel pouvoir de l’irréel ou du réel.
Il y a bien longtemps, l’inspiration fut venue.
Bien qu’inattendue, elle ne causa aucune surprise. Juste une admiration de la talentueuse plume, bien que sans couleur involontaire ou d’origine.
Le seanchai décida de réagir, son cœur empli de contes de lointaines terres de non origines.
Un homme, qui s’appelait Curithir, vivait avec son père dans un village au bord de la mer. Sur la côte, s’élevait un monastère et des pierres se dressaient aux alentours, levant leurs pics vers les astres. A intervalles réguliers, les cloches de ce monastère résonnaient dans ce paysage de rêve.
Comme à chaque tombée des brumes de la nuit, s’élevaient des chants monastiques, louant le Père.
Les vagues se jetaient contre les pierres et les brossaient à chaque passage de leurs lames tourmentées.
Dans les apparences les plus trompeuses, le calme endormissait le village, plus rien ne bougeait, excepté le chien de garde de la famille royale. La patte gauche levée, les oreilles dressées, il s’approcha de la mer et son regard de braise aperçut des navires étranges au large.
Il s’empressa d’alerter la famille royale. Curithir réveilla son père et ses frères de sang et coururent à l’extérieur de leur demeure quand un cri surgit de la nuit.
Le père se tenait le bras gauche d’où coulait un flot de sang. Il dit à ses enfants : « ne craignez point la mort comme les Vikings le font mais écoutez… ». D’un endroit tenu secret, il saisit un glaive, incrusté de pierres précieuses et ciselé d’argent. Les pierres brillaient de mille feux. « ce glaive est authentique et nous a longtemps servi. Comme je vous l’ai déjà conté, vous êtes les pâles descendants d’une longue lignée de combattants des camisoles rouges. Ce glaive vous rendra invincibles. »
Après ces mots, le père mourut.
Curithir se saisit du glaive, se l’appropriant sans se demander s’il lui était personnellement destiné. Ses frères et lui s’avancèrent vers la côte, pleins de rêves de victoires. Les Vikings avaient déjà causé maints ravages.
Comme ils s’approchèrent de la rive, le soleil glissant sur les rocs vers la ligne de l’horizon, leurs rêves s’accrurent, les rendant immortels…
Il est vrai, cependant, que l’aube éveille l’esprit à la mortalité. L’Esprit Saint, resté pur, devait avoir mis le soleil dans les cieux afin que chacun ait la possibilité et le courage de voir sa mortalité et ses faiblesses.
Les frères se préparèrent à un long voyage afin de débusquer leurs ennemis. Curithir savait que désormais, il n’existait plus que comme guerrier servant son roi, et ne mourrait ou ne vivrait que pour le servir.
Son incarnation était complète, où le doute n’avait aucune place.
Ils se mirent donc en route et à la tombée de la nuit, établirent leur camp. Soudain, Curithir, quand la nuit fut tombée, leva la tête et tendit les deux oreilles (parce qu’il était un peu sourd) : une voix, sur un air de harpe s’élevait dans les abois….

« l’amour du paradis
Soit avec vous…
L’amour des saints
Soit avec vous… »
Il s’étonna, il ne comprenait pas.
«l’amour des anges
Soit avec vous
L’amour du soleil
Soit avec vous… »
De plus en plus intrigué, Curithir, avança dans la nuit. Il suivit la voix, de ses deux pas… mais le chant s’éteignit et Curithir se retrouva seul dans la nuit, une nuit froide…
Une créature posa son regard sur Curithir. Il s’en senti ragaillardi… Ses frères étaient trop loin… La femme tenait en ses mains la harpe de rêve mais sa voix s’était tue… Le regard du Prince lui plut. Mais… effarouchée, elle s’enfuit…
Curithir rejoint ses frères et la pensée de cette femme étrange ne le quittait plus… dans sa réalité. Dès l’aube, ils repartirent affronter leurs ennemis. Ils réussirent à libérer moult populations qui lui vouèrent une passion peu commune. « Vous êtes notre espoir ! » Les frères quittèrent la population qui, apparemment, n’avait pas souffert de l’ennemi.
De nouveau sur la route, toute la sainte journée, ils se reposèrent à nouveau dès que le jour fut tombé. Splash…
Et la voix se fit à nouveau entendre… Sur une mélopée de harpe, une voix envoûtante qui se diffusait par les cieux étoilés…
Curithir leva les yeux et vit un navire passer au-dessus de lui comme s’il était porté par les vagues… la femme mystérieuse apparut à nouveau. Curithir lui sourit. Mais il sembla qu’elle ne le vit plus et s’envola à nouveau. Légèrement énervé, Curithir se leva brusquement et marcha, la tête dans les étoiles. Zut ! il était en train de rêver.
Le matin, décidément, se leva à nouveau, et le troupeau de frères s’en alla en guerre. La bataille fut rude. De nombreux décès furent à signaler. Les croque morts étaient débordés. Ils avaient trop à se mettre sous la dent !
Curithir n’entendit plus la voix de Liadain, il la crut morte. En fait, il était devenu complètement sourd.
Et elle (Liadain), persuadée de la même chose (qu’il était mort) alla se réfugier dans un monastère, elle s’agenouilla et chanta dans son langage :
« Dia dha mo chaim
Dia dha mo chuairt
Dia dha mo chainnt
Dia dha mo smuain… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Elle ne voyait pas. Elle ne voulait pas voir…
Elle voulut en finir, le quitter à tout jamais… l’enlever de son esprit. Elle espérait y réussir.
Curithir ne pensait pas qu’elle pouvait en avoir un ! Les femmes sont des êtres de beauté, aux talons aiguilles, aux yeux bandés… Il avait été élevé dans la plus pure tradition… mais elles étaient encensées sinon sensées…
La fin de l’histoire, dit le seanchai, essayez donc de la trouver !
Le seanchai a tout pouvoir. Le réel pouvoir de l’irréel ou du réel. Ne l’oubliez pas. Il fait le fil de l’histoire, les tenants et les aboutissants…
Il avait oublié les frangins !
Où sont-ils passés ceux-là ? D’abord, le seanchai dit : n’oubliez pas que les histoires de famille comportent toujours des secrets… Des secrets d’alcôve, des secrets de femmes, des secrets… de paternité !
Le seanchai ajouta que, souvent, l’esprit de ceux qui écoutent est dispersé et n’ont que leur propre vision de la chose. Que souvent, par expérience il le savait, ceux qui écoutaient étaient sous l’emprise de leurs propres rêves et ne savaient discerner l’image qui émanait de leurs esprits et celle que lui, pauvre seanchai, contait à tous vents !
Le secret d’alcôve, c’était que tous les frangins donc, n’avaient pas le même père ! Il est coutume de penser que ce sont les hommes qui batifolent à tout va, mais, de ce temps-là, les dames s’ennuyaient dans leurs châteaux !
Si Liadain se morfondait dans son monastère (pas un couvent…), les frères, qui avaient un fort esprit, vif et perçant ne comptaient pas dormir de sitôt : la guerre n’était pas finie.
Vaillants, mais sans le glaive incrusté de pierres précieuses, ils décidèrent de repartir à la conquête de leur territoire pour défendre les populations, qui, rappelons-le, n’avaient pas l’air traumatisées…
Les populations, cela faisait longtemps qu’elles étaient blasées, qu’on ne voyait plus leurs intérêts, qu’elles n’avaient d’intérêt que lorsqu’ils (les nantis) en avaient besoin… Ils puisaient dans leurs ressources comme bon leur semblait… Mais si peu réagissait…
Liadain, toujours dans le monastère, s’interrogeait sur le sort de Curithir, qu’était-il donc advenu de lui. Elle avait vu en lui un vaillant guerrier sorti du bout de l’horizon, là où la terre et la mer se rencontrent. Là où seul le soleil osait s’aventurer à la fin du jour. Elle croyait en des valeurs qu’elle ne pensait plus de ce monde : le courage, la sincérité, les traditions…
« Dia dha mo riaradh
Dia dha mo shuain
Dia dha mo m’anam siorraidh
Dia dha m’bhioth-bhuan… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Elle souffrait de tant de perversités, de trahisons, de peu de foi en l’être !

Ô Liadain, ton guerrier n’est point mort, murmura le seanchai, il est au fond d’une forêt pleurant ta propre mort !
Métamorphosée, elle le fut !
Soudain Liadain se leva… Du sombre monastère, elle leva les yeux vers le ciel. Quelque force venait du ciel, d’un lieu où les âmes qui avaient terminé leur parcours sur le long périple des vies, finissaient par se lover au creux des anges.
Et c’est alors que Liadain, qui a dû s’appeler Jeanne dans une autre vie, quitta le monastère, non sans dire adieu à Finishair, le préféré de ses moines…
La vie monastique n’était pas faite pour une descendante des plus grands guerriers celtes ! Elle marcha, de longs jours, au travers de forêts dont les cimes cachaient le ciel. Au détour d’une clairière parsemée de petits animaux, elle vit un jeune berger, nommé Tudur. On dit que cet homme était devenu fou au chant d’une cithare… Il n’écoutait plus la musique des autres, le discours était devenu sa passion, son charme aiguisé, son alibi déguisé, qu’il allait dispenser dans les demeures alentours…

CheminDeLumière copie
Liadain décida de se reposer un peu, charmée de ses belles paroles. Elle avait toujours fui les paraboles, préférant le langage des rues, les conteurs d’un soir, les manants des villes, ce serait pour plus tard…
Elle se posa délicatement contre un arbre, adossé lui-même à une falaise qu’elle n’avait vue venir, tant la forêt était dense !
Tudur ne prêtait aucunement attention à la vraie personne de Liadain. Mais à l’opportunité d’une rencontre, qui, apparemment, changeait un peu de ses connaissances habituelles.
Le ton se fit léger, la plaisanterie chatouillait leurs lèvres.
Le temps passa. Liadain s’attardait.
La petite troupe anodine d’animaux des bois allait et venait autour d’eux. Souvent, Tudur se levait pour aller caresser tant l’animal tant flatter le roi de la forêt… Et de disparaître de temps en temps…
Soudain, dans le murmure des ouailles du pays vaquant à leurs occupations nocturnes pour une « future affaire », une chouette se leva brusquement d’un arbre tapi au creux d’une colline avoisinant le village…
Liadain leva les yeux au ciel.
Sa prière fut autre. Elle pensa à tous les coeurs meurtris de la terre, à toutes les âmes blessées de l’univers, à tous les êtres en errance sur ses propres terres. Elle savait que différents souverains étaient à la conquête de ses terres et des terres de Curithir. Elle savait cela depuis longtemps déjà. Elle avait pris position, pour défendre son peuple, et elle s’aperçut tout d’un coup qu’elle faisait fausse route. Curithir, elle y pensait. Mais où était-il réellement quand son peuple souffrait ? Tudur, pourtant si proche des âmes alentours ne s’en souciait guère plus. Shenkin, guère non plus. Tant de prophètes, sous de faux habits, se pourvoyaient dans les méandres de ses terres…
Ô seanchai, toi si noble, ne pourrais-tu y changer quelque chose ?

« Dia dha mo riaradh
Dia dha mo shuain
Dia dha mo m’anam siorraidh
Dia dha m’bhioth-bhuan… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Et son chant reprit, face au silence de la nuit, face au manant de la vie.
Une voix lui répondit, sortant du fond de la forêt, comme une mélodie traînante et profonde, le long des bois et des clairières, se répercutant contre la falaise, pour mieux se faire entendre.
« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »
Le seanchai dit : « j’en reviens aux frères. Frères ou frères ennemis, ennemis ou frères, les histoires de famille c’est plutôt complexe. » Pour rappeler un peu l’histoire, les frères n’avaient pas le même père. Ce qui compliquait l’affaire du seanchai, qui tentait le tout pour ne pas se mélanger les pinceaux.
Un des frères, au regard sombre, aiguisé et malin (du moins le croyait-il), sa chevelure était sombre, son sourire était narquois, il portait un casque noir, qu’il enlevait de temps en temps, selon le temps. Il était jeune, les dents acérées à souhait par le désir de pouvoir. Son nom était Hans Da Balanca. Pas les mêmes origines, ce nom, que celui de Curithir. Pas un celte ? Mais il faut savoir que l’origine des Celtes n’est pas de Bretagne ou d’Irlande mais d’Europe Occidentale, près des sources du Danube. Ce qui expliquerait ce nom bizarre…
« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »
Liadain se mit à frémir. elle se sentit soudain menacée. La nuit, le silence, et cette voix, presque devenue sourde, tapie dans le temps futur ou présent de sa vie… Elle eut soudain peur.
Elle leva un à un les voiles qui obscurcissaient son esprit. Une musique s’éleva du fin fond de la nuit dans la forêt. Elle entendit à nouveau cette voix :
« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Etre sombre, être de lumière
Vagabond élu des rivières
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle reflet
Pourfendu à l’orée
Du devenir et de l’être
Visage à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme tourmentée
Tu es la dune, tu es la jetée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Le chant se fit plus certain, plus présent, plus profond…

Etre d’ombre, être de lumière
Poète élu des chimères
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle relent
Dégagé des armes du temps
Du devenir et de l’être
Visage collé à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme déchirée
Tu es la lune, tu es la croisée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

« N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Liadain, frémissante, continua d’enlever, un à un, les voiles sombres que généraient les bruits alentours : la guerre, les silences, la nuit… et se leva…
La guerre battait son plein. Rage acharnée d’une lutte sans merci. Il n’y avait que le sang bleu qui ne coulait pas. Les frères étaient séparés en deux principaux groupes.
Hans alla rejoindre Curithir qui semblait avoir recouvré l’ouïe. Partiellement, faut-il l’espérer.
Un autre frère, Maewyn Caravven alla rejoindre Tudur dans la forêt, pour réunir un conseil. Sa bataille sur le flanc central du domaine était terminée. Il avait été battu à plate couture. Il avait essayé d’en sauver les meubles, comme on dit, en langage des rues. Mais rien à faire. l’ennemi était implacable. Les meubles n’avaient pas été sauvés. La population livrée à l’incertitude certaine. L’horizon à l’ombre des rumeurs. L’avenir à la dernière échéance.
Curithir avait vaillamment combattu mais n’avait pu garder le port. Déjà envahi de nombreux drakkars, il s’était retiré dans un bastion de la haute montagne que l’on nommait « l’insoumise », ou la « sans nom »…
Il décida de réunir sa troupe à Oisg. Il fallait remercier l’un, remobiliser les autres, galvaniser la troupe, convaincre…
Entre autres participantes, Blath et Ishay qui s’étaient retrouvées là pour la première fois, différentes mais complémentaires, et qui avaient leur mot à dire à Padrig, Curithir de son vrai nom.
Il ne manquait que Liadain, éternelle femme mystère dans ces combats…
L’avenir était à reconstruire, sur des ruines de villages parsemés, des ombres de désirs d’un peuple en déroute. Blath n’était pas très à l’aise en société. Et pourtant, ce n’était pas le manque d’idées qui aurait pu la retenir ! Etant sans doute trop consciente des mauvais côtés du genre humain, elle préférait souvent se taire. Ce n’était assurément pas la manifestation d’une misanthropie mais d’une certaine désapprobation du comportement humain. Certains, malhonnêtes et pervers, appréciaient peut-être quand même ses réelles qualités. Elle était consciencieuse à souhait, n’épargnant aucun effort pour mener à bien toutes les tâches qui lui étaient confiées. Encore fallut-il qu’une tâche lui fût confiée ! Et qu’elle voulût l’accomplir gracieusement !
Elle portait en elle tout un monde de rêves, de désirs, d’imaginaire. Possédée par le sens du mystère, elle avait le désir d’apprivoiser l’invisible, ou au contraire d’être le miroir du monde dans lequel elle vivait en restituant toutes ses mille facettes. Artiste qui s’ignorait, mais de grande valeur, elle s’appuyait sur la richesse de sa vie émotionnelle pour animer sa vie. C’est avec l’âme et le coeur que les combats devraient être menés, avant le corps, le glaive et les oraisons ! Murée dans son silence, elle n’ouvrait la bouche que pour des petits mots, glissés deci celà…
Mais elle cherchait obstinément à fuir toutes les situations de crise ou de conflit, tout comme le crabe cherche à fuir à reculons dès qu’il se sent menacé. Elle continua donc de se réfugier dans le silence ou de s’abriter derrière une attitude résignée, presque indifférente. Pour elle, une carapace était presque la seule arme défensive, comme celle du crabe. Malheureusement, sa carapace cachait un peu trop ce qu’elle avait de tendre et elle restait souvent incomprise, inconnue même parmi ceux qui l’approchaient. Elle sourit : ce n’était pas forcément si mal… Elle sentait parmi la foule, des ondes négatives, des marionnettes, des mensonges et leurs adulateurs… Peu de profanateurs admis !
Que faire pour avancer ? Que faire pour prendre confiance, si elle pouvait apporter sa pierre à l’édifice, aider à la reconstruction de sa nation, de sa cité, elle serait bien heureuse… Mais, devant tant de faussetés, de pourparlers d’où il n’émergeait que peu d’ententes (pas assez pour recouvrer la liberté), elle perdait parfois patience. Et surtout la foi.
Où se trouvait la mesure de la compréhension et de l’entendement ? La connaissance de soi et son acceptation ? la liberté et ses valeurs ?
Où es-tu ?
Les luttes fratricides avaient démarré, et son champs dépassait la raison. Un vent chaud soufflait du désert des sentiments qui n’avaient plus leur place.
Ecoutez son chant !
Les pleurs épanchaient leurs flots sur les plaines alentour. Le 13 d’aoine, avait eu lieu une âpre assemblée. Blath avait parlé. Blath avait osé ! Et c’était signer là son arrêt de mort. Maewyn Caravven et Tudur ne le lui pardonneraient jamais. Et pourtant, comme cela faisait du bien de dire la vérité ! Mais que vaut la vérité dans un monde de fausseté ? Même si tous n’étaient pas faux.
De son éclat de vérités, Pôl Chiarmuid (prononcer ch k) eut un sourire sur les lèvres. Elle ne le lui pardonna pas.

Le monde devait aller, son monde devait continuer. Quelles qu’en soient les batailles. Quels qu’en soient les aboutissants.
Elle ne savait pas elle-même quelle en était sa fin, si elle ne doutait de sa finalité.

Le glaive avait été pris. Il ne pourfendrait pas son coeur !
Point de vérité il n’y aurait ? Que diable !
Curithir absent, Maewyn Caravven également ? Que diable !
Les frères se préparaient au combat. mais ce combat-là serait fratricide. Et c’était peut-être cela le pire. De leurs défaites personnelles ou non, ils avaient tourné la page. L’ennemi commun restait tapi dans l’ombre mais un nuage d’orages planait sur leurs propres têtes !
Cela commençait à peu importer à Blath. Elle avait d’autres soucis en tête…
Au loin, dans la forêt, seule, Liadain observait.
Observez le monde celtique.
Il est immense… Il est beau. Il est noble.

Ishay continuait sa lutte avec sa propre personne (!?), reflet magnificent d’une noble dame. Lutte entêtée mais fidèle. Blath en était plutôt fière.
Liadain, seule dans la forêt, au milieu des ombres et des chants sourds de la nuit, penchait son visage sur le côté. Ses yeux étaient perdus dans le plus profond de ses pensées. Fallait-il continuer la lutte ? Elle rêvait d’une île, celle que lui chantait sa mère le soir, sous les douces caresses d’un feu de bois dans l’âtre.
Une île au coeur d’océan. Perdue dans les embruns et les filets de brume étendus à ses pieds.
Aujourd’hui, l’orage tonnait. Et sombres étaient ses pensées.
« Dia dha mo chaim
Dia dha mo chuairt
Dia dha mo chainnt
Dia dha mo smuain… »

« Dia dha m’bhiot-bhuan »

Il n’y avait plus de prince dans coeur. Il n’y avait que froideur. Ce n’était pas sur son royaume que le sang avait coulé. C’était sur son coeur !
Elle se dit qu’il n’y aurait plus de luttes. Que le destin allait jouer. Qu’il fallait faire confiance au druide.
Le temps allait faire son chemin.

Le temps prendrait les rênes.

« Je ne marcherai plus sur des chemins tortueux, se dit-elle, les plus grands princes, ne seraient-ils que des menteurs ? »

Elle leva les yeux au ciel. Les nuages étaient toujours là. Elle soupira. Et la voix du seanchai revint doucement murmurer à son oreille…

« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

Cher seanchai, tu es cruel ! Mais tu es sage.

Elle reprit, à nouveau, mot pour mot, le chant du seanchai…
Etre sombre, être de lumière
Vagabond élu des rivières
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle reflet
Pourfendu à l’orée
Du devenir et de l’être
Visage à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme tourmentée
Tu es la dune, tu es la jetée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Le chant se fit plus certain, plus présent, plus profond…
Etre d’ombre, être de lumière
Poète élu des chimères
Chantre des âmes qui se confondent
Aux ivresses des cimes blondes
Enfant des anges déchus, pâle relent
Dégagé des armes du temps
Du devenir et de l’être
Visage collé à la fenêtre
Du rêver et de l’encens
Je t’entends…
Tu es le repos de mon âme déchirée
Tu es la lune, tu es la croisée
Tu es le rêve, tu es le réel
Tu es l’éphémère, tu es l’éternel

Elle s’assit, contre un arbre. Et ses yeux se fermèrent, lentement… Elle rêva. De Curithir. Tel qu’il devrait être. Et qu’il n’était pas.
Prince doux. Prince d’une cité de lumière. Les gens chantaient. Les gens étaient heureux. De feu le père, ne jaillissaient qu’éloges et bonheur. Les frères apprenaient ensemble l’art de la parole, de l’écriture, et de la sagesse. Pour précepteur, ils avaient un homme sage, ouvert à la quiétude et à la paix.
La cité possédait tout ce qu’elle pouvait souhaiter.
L’océan baignait à ses pieds. Le temps était paisible.
Doux rêve, Liadain. Doux rêve…
Le vent s’était couché. Avec la nuit, les pensées s’étaient levées. Et les étoiles dont la lumière faiblissait sous les voiles de brumes. Au creux d’un rocher, un bruit régulier de « toc, toc », s’évaporait dans la forêt. Les animaux s’étaient endormis, pour les uns, dans les creux des troncs d’arbres, sur un lit de mousse, pour d’autres, dans une clairière, sur un lit de feuilles éparpillées par le vent. D’autres encore, dans leurs tanières, de plus hardis sur une branche couchée au bord du lit de la rivière. Certains, dits animaux nocturnes, s’étaient levés et peuplaient la nuit de leurs maints cris et chants. Drôle de cacophonie aux oreilles de l’humain d’ailleurs !
La nuit s’ornementait d’ombres bleu nuit, de taches plus sombres encore, et de petits éclairs lointains, électrisant les plus apeurés.
Liadain rêvait encore. Que c’est beau le rêve, pâle reflet ou vibrant témoignage de la vie.
Un chantre, qui se serait trouvé là par hasard, aurait de suite pris sa mandoline et chanté ceci !

FLEUR FRAGILE
C’est comme une fleur fragile
Une rose qui aurait perdu ses épines
C’est un monde autre que le vôtre
C’est une musique de perles de rosée
Qui s’enfuit par les portes de son âme
Comme un rêve libéré
C’est comme une fleur fragile
Une rose qui aurait perdu ses épines
C’est un monde de nuées enchantées
C’est une mélodie moins folle que la vie
Qui s’enfuit de son esprit
De son cœur pour un monde de fleurs
Délicat comme un pétale de roses
N’écrasez pas… cette Chose
Sans le savoir vous auriez brisé un cœur
Simple reposée délicate dans ses rêves
La tête posée sur un oreiller de fleurs
Laissez-la encor dans son monde de trêves
Elle se réveillera bien trop tôt
Ne gardez dans votre esprit
Que le sourire de ses nuits
Elle se réveillera bien trop tôt
Profitez du regard heureux
Quand elle ouvrira ses yeux
Puis prenez lentement sa main
Plus délicatement encore ses lèvres
Car elle est une image bien frêle

Mais les rêves sont à la nuit comme la réalité est au jour… et à la nuit ! Diable de chantre, te voilà bien malin !
Un bruit soudain claqua au dessus de la colline. S’ensuivit un grondement sourd et grandissant. Menaçant…
Longue torpeur, longue agonie.
Liadain était devant un spectacle de désolement : arbres arrachés, toits des maisons envolés, des lambeaux de voiles ornementaient les chemins déserts.
Ses pas hésitants, trébuchant sur des lambris à moitié desséchés, glissaient, ayant peine à lever le pied. Son regard s’étendait sur ce paysage qu’elle connaissait pourtant bien. Longue plaine se lovant entre les montagnes. Comme protégée par elles. On pouvait encore voir la neige au loin, les nuages s’effilocher dans l’espace temporel des saisons. Elle tendit l’oreille… Quelques chants d’oiseaux qui pinaillaient sur un arbre au loin, vestige de la tempête.
« Quelle tempête ? » se dit Liadain, « ô Seanchai, te serais-tu trompé ? Où te trouves-tu en ce moment ? »
« Les pâleurs de mon visage qui se reflètent dans la lourdeur de mon âme tiraillent mes paupières vers les lenteurs du temps . En ce moment même, que fais-tu, toi qui contes l’histoire, toi qui es le pont entre le passé et l’avenir ? Je bouge mes lèvres afin de te faire revivre, je prononce ton nom sans être ton nom ô seanchai ! Réponds ! »
Les mots se frottèrent aux montagnes, rebondirent dans les vaux et jaillirent dans le ciel, en un seul faisceau !
Liadain sourit. Un sourire lisse, de celui, qui vient du fond des yeux, faisant luire l’étincelle qui lentement, mais par soubresauts, montait de son coeur.
Elle regarda autour d’elle. Certains paysages sont immuables. Et ce sont ceux-là qu’il faut garder au fond de son âme. Ils transportent votre coeur parce qu’ils font partie de vous.
Parce qu’au delà de leur identité, ils ont cette force d’être qui ne connaît pas les frontières. Ce sont les hommes qui en donnent les tons, les dégradés, à force de pugnacité et de labeur, et tous nos sens participent à leurs particularités. Il suffit de fermer les yeux pour s’en imprégner, en faire le tissu de notre chair et voir qu’au delà, notre petite personne est faite de mille senteurs venues de tous continents. C’est ce qui fait notre force, et ce qui fait nos faiblesses parce que le sentiment est proprement humain, que notre corps transporte cela au delà d’une seule vie, au fil des samsara dont nous avons du mal à nous défaire.
« Lâcher prise du temps, lâcher prise des épreuves, et regarder au devant de soi. C’est dur, seanchai, c’est lourd à porter, ces vies, qui ont laissé leurs empreintes au plus profond de moi. En contant l’histoire des autres, tu te détaches de tout cela, tout en en empruntant les images. Avec tes mots, tu m’as incluse dans l’histoire, celle qui fait la vie des hommes. J’ai un nouveau chemin à prendre. Ce n’est pas qu’avec mes pas que je l’emprunterai. Mais avec la force de mon âme et la bonté de mon coeur. Tout ce qui fait mon être et le rend attachant. Je vibre de ce passé et je pleure de ses flèches. Je tremble comme une feuille qui se détache de sa branche et oscille doucement jusqu’au sol. Je suis l’humus, et je suis la semence. Je suis l’arbre, et je suis le bourgeon qui en naît. Je suis le glaive et je suis le guérisseur. Les vaisseaux qui sillonnent les océans et je suis ces océans. Je suis ces chemins de terre et je suis les pas qui arpentent ces chemins. Je suis la montagne au loin, et je suis ces vallées qui se blottissent en leur seing. Je me souviens, seanchai, je me souviens de tes mots. »
« Je ne peux, Liadain, changer le cours des choses qui ne sont miennes. Je ne peux que changer la façon de les rapporter. Les choses, les gens qui te touchent, tu ne peux changer leur destin. Il leur appartient. Tu ne peux que discourir avec eux, les entendre, les soutenir. Mais n’oublie pas : leur vie n’est pas ta vie. Toi seule tient les rênes de ta vie entre tes mains. Ne te trompe plus de chemin. Tu es assez sage et avisée pour cela. Il t’appartient d’ouvrir les yeux, et, quand tu auras ouvert les yeux, de t’accepter comme telle, ni plus ni moins importante que qui que ce soit. Et, cela, les soi-disant « grands » de ce monde l’ont oublié. N’oublie pas…. (la voix se fit lointaine) N’oublie pas que chaque être est unique en ce bas monde et que chaque être a sa propre lumière à apporter… N’oublie pas, n’oublie pas…. »

« Je me rêve et je lève. Je suis mes mots et l’orfèvre de mes dire. »
Liadain continua d’avancer. La forêt l’entourait de ses senteurs suaves et mélangées. Son regard débroussaillait les futaies trop entrelacées. Son coeur battait au rythme de ses pas. Qu’allait-elle découvrir ?
« Curithir, la mort et la désolation sont sur mon passage depuis que mes pas t’ont rencontré. Je défais le sceau qui nous liait. »
Failte ort féin, a sharian nan tráth,
`S tu siubhal ard nan speur,
Do cheumaibh treun air sgéith nan ard,
`S tu máthair áigh nan reul.

Thu laighe sios an cuan na dith,
Gun diobhail is gun sgath:
Thu’g éirigh suas air stuagh na sith,
Mar rioghainn og for blaith.

Habillé d’ombres au milieu du ciel et de la nuit, son corps se tenait à l’orée de l’univers et des landes alentour. Dressé comme un poing face à l’inconnu, il écoutait le silence des étoiles comme une musique caresse l’oreille du musicien. Son âme s’alliait à son coeur, frémissant des mêmes certitudes qu’apporte la connaissance profonde de soi. Ce n’est point en clamant les mots que la vérité jaillit, ce n’est point par les cris que le silence se tait, c’est par le regard que les êtres se parlent et les corps que les âmes sur un monde réel échangent leurs semblants d’aura. Les perles de l’espace infini transcendent l’horizon de ce qui est donné à l’humain d’appréhender pour la fronde des incertitudes, et les fondre à l’esprit exercé qu’une multitude de vies façonne encore et encore…

Crepuscule copie

Copyright, photos et textes, Florence Rahmane

Préalablement écrit entre 2007-2008. C’est important de le dire…

Tout ce qui coule de source, n’est pas forcément limpide. C’est ce qui semblerait émaner de la « situation » de la Cascade de Gairaut, qui porte bien son nom, la maison de Garde n’étant que… accessoire.

Tout le monde connaît l’historique de cette cascade, arrivée en grande pompe en 1883 de Saint Jean La Rivière via le Canal de Gairaut, et dont les eaux sont traitées à Rimiez. On bâtit une maison de style autrichien,  la maison du gardien, dite la « Maison de Garde ». De la fin décembre 1883 à Mai 1884, se tint l’Exposition Internationale de Nice  sur la Colline du Piol, d’où peut-être la nécessité de faire venir l’eau de la Vésubie ? Une des meilleures eaux du département, d’ailleurs…

C’est un endroit bien emblématique pour les Niçois, qui se dégrade de plus en plus… D’où la nécessité pour moi de faire le point sur certaines choses. Ce qui le rendra bien moins romantique… Selon des recherches, la maison en elle-même appartient à Veolia, après avoir appartenu à la Compagnie Générale des Eaux, d’où, tout ce qui l’entoure, je suppose, jardins… etc. Quand je disais que ce n’est pas limpide… Besoin d’un peu de transparence ! A qui appartient le terrain, sachant qu’il y a des rondes de police sur la route la traversant ?

L’entretien est peut-être la réponse à la question. Pas d’endroit où faire ses besoins, oui, je sais, c’est très terre-à-terre… Des poubelles ? je n’en ai pas souvenir. Elles seraient vidées par qui, de toutes façons…

Beaucoup d’interrogations pour des faits certains : les Niçois(es) aiment à s’y promener, les touristes connaissent un peu moins, les autochtones un peu plus… (environs de Nice, comme Cannes). Je me souviens y être allée, plus jeune avec mes parents. Une vue magnifique sur Nice s’offre à ses visiteurs, On y cherche, sinon le calme, du moins la fraîcheur… Les canards y ont élu domicile et y prennent un grand plaisir. Depuis 2009, des barrières ont été mises en place, en sus de celles qui y figuraient déjà, pour empêcher les gens de tomber ou de s’y baigner. Peine perdue, aujourd’hui, ces barrières sont arrachées, par des jeunes je pense, en quête de sensations fortes, pour épater les filles, peut-être, des jeunes prêts à y passer la nuit, car, prenant le bus le matin tôt, et qui passe par la cascade, je vois parfois des jeunes monter dans ce bus, et il est évident qu’ils y ont dormi la nuit… En 2008, de gros tags romantiques décoraient les parois de la grotte, qui ont subi un nettoyage en juin 2010, et une protection anti-tags de ces parois.

Sont classés comme monuments historiques : les grottes, bassins, escaliers, cascades, toitures et façades de la maison de Garde.

Je vous propose une balade chronologique de la cascade au travers de mes photos dont les plus anciennes datent de 2008. Un site propose des photos plus anciennes : PACA.Culture.

Les dégâts aujourd’hui :

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Octobre 2008

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Décembre 2008

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Août 2009

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Décembre 2009

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Janvier 2010

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La balade peut se poursuivre via l’église en contrebas, datant d’au moins 1441, avec de nombreuses réfections, et même un chemin, qui descend beaucoup plus bas sur l’avenue de Gairaut… (Mars 2013)

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Mais, chut…. Descendons, descendons, doucement… Les yeux plein de rêves…

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Peut-être faut-il emprunter des chemins de traverse, pour sauvegarder notre patrimoine, ou tout simplement des lieux que l’on aime… Et en parler, et en parler, et en parler…  Car tout le monde est triste de voir un tel lieu en un tel état…

Que ce qui nourrit Nice en son sein, tous les jours de notre vie, en ouvrant simplement un robinet, que chaque Niçois, chaque Niçoise n’oublie qu’en ouvrant son robinet, cette eau vient de là…

Et que la maison de Garde ne veille plus sur grand chose sinon certes, sur la qualité de l’eau, mais qu’elle est tout un symbole…

Après un long, long canal……

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Cascade de Gairaut, élue sixième merveille de Nice !!!

En reparler à nouveau ? Non, retrouvez mon billet là : Le Parc d’Estienne d’Orves.

Juste un petit voyage…

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Frange

D’où tu poses ton regard, dégage ta frange, ouvre les yeux, fuit les faux-semblants, et porte ton regard au-delà… Les hasards de la vie qui n’en sont pas t’ont portée vers cette ville, aux paysages troublants, que l’émotion porte dans ton coeur, au hasard de tes périples, par delà ses ruelles, ses escaliers, ses détours, ses surprises… Que cette Nice-là porte en elle son passé afin que son devenir perdure !

Feuillages

Humble, elle porte un regard discret sur ce qui l’entoure… Elle sait que sa beauté est éphémère et qu’elle n’est pas unique en son genre mais unique dans son identité. De ses origines multiples elle tire sa richesse. Dans ses veines coule le Paillon, et son visage emprunte des accents italiens. Son linge aux balcons suspendu flotte dans le vent, les parfums laissent un sillage d’effluves colorées qui chatouille nos narines, taquine nos palais… Les bruits fusent et diffusent une vie qui s’offre aux passants bousculés. Le regard chavire, un peu perdu, entre la mer et les montagnes, ne sachant que choisir, et vogue, vogue entre la marée presqu’inexistante et les flux et reflux d’embruns sudistes et la tête tourne dans les multiples rebondissements d’une montagne russe… Sourire… Quand je ferme les yeux, je vois les vallées de la Bevera et de la Roya… Ses couleurs, ses villages aux accents italiens, perchés ou lovés, ses richesses, ses églises, presque un chemin de pénitent… Je vois, les vallées du Paillon, ce qu’il m’en reste, ce sont ses odeurs et sa flore particulière. Si vous fermez les yeux, vous pouvez retrouver cette odeur dans les collines de Nice…

Si vous ne portez pas d’amour dans votre coeur, vous ne verrez qu’une aube pâle. Ouvrez alors vos yeux, et l’or couvrira ses flots…

Or méditerranéen

Mais le sujet initial était….

Ecrire sur le vent

Ecrire sur le vent

Les mots qui viennent du cœur

Comme les pétales de fleur

Que l’on touche et sent

Jusqu’à son âme élever ses yeux

Leurs pas qui nous y conduisent

Etre à mille lieues

Des secondes qui s’éternisent

Frôler, de la paume de la main

Une aube qui éclaire nos lunes

Faire de chaque matin

Une nouvelle fortune

Ne pas s’attarder

Comme un navire à quai

Des autres se disculper

Se permettre de rêver

Si l’aube du songe nous porte

Tracer le sillon éphémère

D’un chemin qui s’évapore

Parfum volatile volontaire

Et parfois griffer

Et parfois tomber

Et souvent se relever

Parfois, peut-être, aimer…

Comme une colombe au dessus de vos masures

Comme une ombre au dessus de mes blessures

Je pense et panse tant que j’y puise l’âme

Fleur essentielle d’une nature faite de flammes

Connaissez-vous les tourbillons d’une valse

Et les temps qui s’enchaînent

Dans des pas qui s’entremêlent et s’enlacent

La musique emporte la peine

J’écrirai alors les mots du cœur sur le vent

Les yeux mi-clos pour mieux porter le rêve

Chanterai leurs orées sur un nuage blanc

La terre sera mon sang, la mer sera ma sève

Port de NiceVieille ville

La timide…

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Dévoilée….

Mont Boron

Redondante…

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Parfois on galère… 😉

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Entre l’ombre et la lumière…

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Mais voilà, Nice, ce n’est pas que du rêve, partagée entre le passé et l’avenir, et l’avenir est surement démographique, quelques lieux sont heureusement préservés afin de lui offrir des « poumons », face à un bétonnage forcé côté ouest… Que dire en regardant Fabron sinon que cela me fait penser à un mille-feuille urbain, que dire en regardant le massacre de la Plaine du Var… Que dire du sang qui coulait dans ses veines et qui s’amenuise… Par ce même fait démographique.

On garde toujours ses racines en soi, mais comme toute racine, elles continuent de pousser avec l’arbre de vie ! 😉

Et porter sur Nissa la Bella, un regard du coeur…

Gairaut

Toutes reproductions réservées, merci de respecter le Copyright !

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Des corso (grosses têtes et fleuris), une place Masséna transformée, le carnaval de Nice cuvée 2011 débutera le vendredi 18 février au soir et cela, pour une durée de 2 semaines. Indispensable à l’économie locale, tout est fait pour que le touriste s’y sente bien. Beaucoup de Niçois regrettent cependant le défilé sur l’avenue Jean Médecin, et une ambiance beaucoup moins festive. Voici une liste de liens essentiels pour obtenir quelque information sur son passé, son actualité, et je vous invite également à retrouver mon groupe sur Facebook où, je l’espère, comme chaque année, des gens partageront leurs impressions :

– Le site officiel du carnaval,

– Un petit historique,

– Mon groupe

Et de quoi vous donner l’envie…

Non moins intéressante, la fête du citron à Menton, qui se déroule aux mêmes dates, à Menton et vaut franchement le détour. retrouvez leur site ici : Fête du citron. Je pense y aller cette année, au moins visiter le jardin Biovès.

Et, tant que vous y êtes, si vous aimez le mimosa, alors, un autre détour s’impose, à Mandelieu La Napoule et sa fête du mimosa. Mimosa d’origine des massifs du Tanneron, ne l’oublions pas…

Ne manque plus qu’à y inviter le soleil.

Et un petit cadeau pour tous ceux qui sont loin !!!!

De Pessicart en passant par Mantega-Righi pour aller vers les hauteurs de Saint Pancrace, faire un petit crochet par Las Planas en montant par le chemin de Piolet La Gruerie, redescendre pour remonter encore vers Gairaut, le 11ème canton est un trésor pour les yeux, et même pour les poumons avec le Parc de la Clua… Il est riche de paysages, certes mais également de visages humains, allant même jusqu’au coeur de la ville avec ses quartiers de Nice Nord. Car le coeur de la ville est vaste… Ainsi que celui de ses habitants.

Le 11ème canton est comme une belle femme que le regard des hommes ne cesserait de parcourir jusqu’à tenter de vouloir la parcourir des mains. Le coeur de ses aïeux vous parlera peut-être de son vallon obscur où les nobles dames et les sieurs aimaient se promener pour y cueillir sa fraîcheur. Aujourd’hui fermé, le vallon garde ses secrets.

Ce matin, samedi 22 janvier 20(11), avait lieu l’inauguration de la permanence de Claude Giauffret et Christine Dorejo pour les cantonales de mars. Je ne saurais envisager de meilleure candidature pour ce canton. En effet, Claude Giauffret, grandement impliqué dans son canton déjà par le biais de comités de quartiers, est un homme simple, droit, sincère. Il saura être non seulement à l’écoute des habitants du 11ème canton, mais également engager des démarches et des actions pour améliorer la qualité de vie de ces quartiers, et cela avec l’appui de la conseillère municipale du groupe Changer d’Ere à  Nice. Pas besoin de blabla, il suffit de le rencontrer pour s’en apercevoir au premier regard. Je vous invite à aller à sa permanence qui se trouve 40 avenue Saint Sylvestre (04.93.84.11.90, pour tout renseignement). Claude Giauffret et Christine Dorejo, du parti socialiste reçoivent le soutien d’Europe Ecologie, du MRC, ainsi que de Patrick et Dominique Mottard (candidats dans les 5ème et 7ème cantons).

NOEL APPROCHE…

Noël approche, la magie de cette période de l’année est souvent gâchée par son côté un peu trop commercial. Et pourtant, si on ne se laisse pas envahir, il reste quand même ces moments un peu spéciaux qui font resurgir plein de souvenirs, et nous font rêver. Ne gardons dans notre coeur que ces instants-là, et laissons-nous charmer par les couleurs et la joie. N’oublions pas que cette période est parfois plus difficile encore pour les personnes seules, malades ou en bonne santé, ainsi que pour les plus démunis. N’oubliez pas que la coutume veut qu’en période de fête, nous dressions un couvert supplémentaire à table pour l’inconnu qui passerait frapper à notre porte… Je vous souhaite à tous et toutes de bonnes fêtes de Noël.

D’abord la basilique Notre Dame.

Et les illuminations de la place Masséna…