Category: Carnet de famille


Toi(t)

Quand je plonge mon regard vers l’horizon,

Au-delà de mes rêves, au-delà de ma raison,

Dis-moi, est-ce que je cherche ton image,

Les contours des cimes sont-elles les lignes de ton visage ?

L’air que je respire, est-ce ton regard

Qui se fond au mien sans aucun fard ??

 

Mes mains qui s’agrippent à un appareil

Aux dimensions de l’immensément futile

Entre l’infini, la vie, le rêve et le sommeil,

Mes mains, expression de mon âme d’argile,

Te cherchent, te questionnent et tout au fond…

Au fond de l’univers, apposent un timide pardon.

 

Alors, soudain, j’ai envie de faire de ce que j’ai en moi

Un horizon de mon être intérieur tel un beffroi,

S’érigeant dans le ciel, que j’invoque et implore en Loi,

Un horizon d’émotions, comme une communion…

D’un passé non dériré qui tirera sa révérence

Et d’un avenir incertain jouant toutes les cordes du violon,

Que mon cœur, blessé et solitaire, nommera Sa Chance…

COPYRIGHT PHOTOGRAPHIES ET POÉSIE FLORENCE RAHMANE

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De chair et de sang, plus les années passent et rien ne t’efface. Tu es encore plus présent au creux de mon âme, au tréfonds de mon esprit. Quel que soit le passé que tu m’aies donné, quelle que soit la vie que tu m’as offerte, et blessée, tu es encore plus présent aujourd’hui dans mon coeur, malgré les blessures…

Aujourd’hui me prend l’envie d’apprendre le breton…

Je vais approfondir ma quête… de mon être indissociable du tien… Malgré tout le mal que tu m’as fait, je t’aime.

Papa2

Quand je me traitais d’abrutie, mon père répondait cela. Fille d’abruti. Je ne saurai jamais pourquoi et je ne suis pas sure qu’il aurait su l’expliquer… Etant dans le déni le plus total. Que j’aime ce regard. Je me souviens de ce moment, quand j’ai pris la photo. Souffrant d’Alzheimer, j’ai juste voulu lui montrer mon goût pour la photographie. Ce qu’il aimait. Il était plus technique que moi sans avoir l’oeil. Et moi l’oeil, sans trop la technique.

Rapports complexes à se demander ce qui est le plus fort. Et pourtant jamais de haine. Etrange. Ce qui est fait, on ne peut le défaire. Ce qui appartient à chacun, chacune, néanmoins, c’est le pardon, l’oubli, la quête de la vérité qui ne saura jamais être qu’une vérité parmi d’autres. Je ne ressens plus de colère pour ce qui s’est passé. Je ne peux pas renier ce que j’ai dit sur le comment. Je pense que tout est dit dans l’oubli du moment où ça s’est passé. Etant donné le fait que c’est une des seules choses que j’ai oublié : quand. Et un trou noir… Et les « gestes commis », comme « méthodiques ». Pas oublié…

La lumière baignait la pièce. C’était le matin donc… Et les gestes… Jusqu’à l’oubli… Peut-être trop dur à remémorer. Laissons à l’oubli…

Le pourquoi… Il entrainera certains certains choix dans ma vie c’est certain. Une spiritualité a-t-elle besoin d’un maître ? La tentation est grande. Peut-être céderai-je… Dieu restera mon guide car il est l’Unique. Je n’ai pas pu récupérer LA Bible de mon père, impossible de la trouver. Merci à …… Pour suivre son intuition, il faut qu’elle soit vierge. Pas toujours évident… Quand la pseudo pensée s’immisce, elle brouille tout. Et quand je la suis, elle me sourit (l’intuition). Suivre la lumière. Je comprends ainsi mieux ma quête de lumière dans la photographie. La profondeur d’horizon. Je poursuivrai cette quête.

Revenir à l’amour inconditionnel de la musique…

Revenir à l’écriture, libérateur de l’âme et berceau de l’esprit…

Elever l’âme, cultiver l’amour, faire la redondance du bien, ennemi du mal. Ami de l’humanité.

Paix. Amour. Dans ce monde chaotique.

Car le silence est complice des meurtriers d’enfants.

Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour. Paix. Amour.

Donnez moi des ailes

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Comme un champs de fleurs que l’on cultive, un jardin dont on prend soin et qui souffre des intempéries, des éléments extérieurs qui viennent ajouter leurs petites touches et vous amènent à prendre soin de votre jardin… De votre âme…

Un long silence après une révélation troublante, révélation qui ne peut que m’être propre, et qu’aucun élément extérieur ne peut juger sans une large ouverture d’esprit. Il ne peut hélas être laissé d’espace au doute, doutes qui ne mèneront qu’à des interrogations stériles, et laisser une porte béante à tous ceux qui ne voudront être « accusés »  ou « touchés » ou soi-disant « salis », entachés… ce que vous voulez… Car cette révélation fut la déduction évidente d’un nombre important d’éléments, d’un long cheminement sinueux de la vie et de l’esprit et du corps… Et de ses souffrances. Il ne peut que m’être propre mais hélas, il est très douloureux… Car la blessure est profonde et va au-delà de l’inceste. Elle touche au monde de la famille, de l’esprit, de l’âme même car touchant au monde spirituel,  à ses arcanes et finit, au bout du compte, par tout fausser.

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La photo à ma communion, mon attitude, le regard et le geste (le regard) de mon père, la date, le fait d’occulter cette date et non l’acte, mes difficultés face à la religion, une courte relation avec un FM, font que cela m’est devenu comme une évidence car le souvenir de l’acte me ramène à ma courte relation, et cette photo à… Je ne préfère même plus y penser. Cela me dégoute, à essayer de comprendre le pourquoi du comment, et finalement à rejeter toute forme de spiritisme organisé, si spiritisme il y a et, au bout du compte, à focaliser sur des organisations qui ne m’intéresseraient que dans un sens ? Cependant, parler d’inceste et de l’appartenance de  mon père au rosicrucianisme à des Rosicruciens, des Rosicruciens n’ont retenu que le rosicrucianisme. Cela semble éloquent. Alors, j’en ai marre, marre de chercher une pseudo vérité qui , de toutes façons, m’a été révélée et ne peut me dévoiler rien de nouveau, après, on tourne en rond…

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Ma fenêtre n’est pas fermée, mais ces secrets ne doivent pas encombrer mon horizon, mon horizon n’est pas dans la culture de secrets, mon chemin est ailleurs, mes frères et soeurs sont « ailleurs », je comprends maintenant mon problème d’appartenance à un quelconque mouvement… Ce qui me gêne, c’est d’avoir entremêlé deux « choses », symbolisme contre symbolisme, ce n’est pas que mon corps qui a été sali, mais mon âme ! Et enfin, il serait temps pour moi de libérer cette colère et d’être enfin claire avec moi-même. Dans ma recherche de spiritualité, je cherche comme l’amour du père, les deux semblent inséparables, or, en vérité, ils devraient être séparés ! Ce n’est pas ma faute, seulement la faute de quelqu’un qui lui, a fait l’amalgame et ne m’a pas laissé le choix. L’âge et les circonstances ne le permettaient pas. Mais c’est ancré si profondément que c’est comme une plaie éternellement ouverte. Pour m’en libérer, je dois faire la paix avec moi-même, accepter le fait que je ne peux rien changer au passé mais que le présent et l’avenir peuvent m’appartenir, que c’est à moi de dépasser cela et faire des choix de route en accédant à la connaissance du moi, celui d’avant, celui qui n’a pas été tronqué, trouver ma vérité, qui comporte forcément ce passé, le vrai moi ayant été tué, peut-être. Oui, l’important c’est l’âme et c’est l’amour qui transcende tout, il est le seul élément porteur de la vérité sans condition.

A mon père…

VIVRE LIBRE

Vivre libre…
Libre de toi et tes mensonges
Libre de tout amour qui me ronge
De toute haine qui me laisse comme ivre
Aux rives incertaines de mon âme qui pleure…
J’avais rêvé de toi comme une infinie tendresse
Ton amour était un leurre
Un piège à cons fait de lianes et de laisses !

Vivre libre…
Comme tout sentiment qui s’éteint au firmament
Comme une larme aux joues d’une enfant…
Où je rêvais d’une galaxie, d’un univers…
Les yeux clos et le cœur ouvert…
Mais aujourd’hui, les yeux à l’envers
Je regarde à l’intérieur de moi-même
En quête d’ombres je fuyais la lumière
Astre pâle de tes paupières…
En quête d’un doux « je t’aime »…
Enfant, je courais pieds nus vers toi…
Les bras en avant, la lune dans mes bras…

J’aurais cueilli toutes les roses
Me couvrant d’épines et ne t’apporter que leur douceur
J’aurais livré mes doutes j’aurais levé mes peurs
Traversé des rivières pour t’apporter ma fraîcheur…
Livré des batailles sans nom pour t’apporter la paix
Deviné le Rien pour te dire la Chose…
Oublié qui j’étais, oui, cela mais…
Je criais dans un langage sans non
Où la douleur faisait loi, où la douleur me prenait
Et ne prendrait que moi…
Par monts et par vaux, parvenir à lâcher prise
J’engrangeais des maux et par delà même me libérais en mots.

Vivre libre… Quelle surprise !
Quel soulagement ce serait, vivre sans ta loi ?
Vivre sans cette sourde tourmente
A flots sans cesse renouvelés, et vagues tout à fait différentes !

Vivre libre…
Sans le savoir tu m’as enchaînée à ton passé
Et la femme que j’ai du mal à être, je ne sais
Je ne vis, je ne crains, je tremble, je frémis…
Vivre libre… Pourtant…
Aimer d’un amour de sang
C’est vivre enchaîné.

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Tu restes mon père et quelque chose nous relie. Cependant, comme ce soleil caché par des branches, un fil dessine deux parties… Indissociables mais délimitées. Je ne peux pas nier ce qui a été, et le pourquoi, et le comment, et son devenir. Mais je ne veux plus en souffrir…

Si tu as été la digue, le bateau passe son chemin, il va il vient, sans t’ignorer, mais sans s’accrocher à toi… sinon c’est le naufrage…

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L’individu se place où il veut, choisit son point de vue, et pointe son regard où il se plait…

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Les gens… leurs lieux…

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La nature, ses couleurs, ses lumières…

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Ses penchants…

Faire fi de l’adversité. Dieu n’en mettrait pas plus sur nos épaules que nos épaules ne peuvent en supporter. D’où peut-être un acte manqué extrêmement réussi chez un de mes clients. J’étais partie en oubliant mon sac… A méditer, ou à faire… 😉

Photos et texte, tous droits réservés… Y’en aura toujours pour les transgresser… Et d’autres qui respecteront…

On peut choisir de taire, ne pas se retourner, laisser le silence envahir notre monde et l’inonder de non-dits… Si cela avait pu apporter la paix, ma paix, c’est ce que j’aurais fait. Le passé appartient au passé et pourtant il s’amuse à jouer au peintre de notre présent… J’ai essayé de dénouer les liens douloureux, d’apporter le pardon, mais je ne faisais que tisser un filet de faux amour, puisque je n’étais pas assez forte pour apporter le pardon sans rien demander en retour. Quand je tente d’établir la liste de ce qu’a pu « commettre » ma mère, je me dis que ce n’est pas possible ! Pas maintenant. Pas au prix de ma vie. Pas au prix du déni. Je peux pardonner certaines choses mais d’autres non, j’avais des comptes à demander, je n’ai obtenu que des leurres, du non-amour, du déni, du mensonge, et même le mot mépris me paraît bien fade…

Un homme m’a volé mon sourire, et tous les espoirs d’une petite fille en cours de construction, des rêves dans la tête, et de l’amour dans le coeur. Trahison, pire que tout, vol d’une vie, viol d’un corps, j’en ai plus que marre de ressasser tout cela, marre de me poser en victime même si c’est ce que je suis, mais marre du silence qui entoure l’inceste, de ce silence qui envahit non seulement les membres de la famille mais les membres de cet univers, l’entourage de vie d’alors. Toutes les victimes le savent, on est à jamais marqué au fer rouge, ou alors, on traîne son boulet avec soi. On apprend à le porter. Le tout étant de ne pas porter les entraves des autres. Il existe pire que le « violeur », il existe son complice malgré lui, malgré lui jusqu’à ce que son silence tente de vous étouffer, car pire que le « papa », il existe la « maman », celle, du moins que l’on appelait ainsi…

En fait, comment appeler celle dont vous n’êtes que le fruit d’une copulation opportune ? Le fait d’être « maman », c’est tout ce qui suit, ce n’est pas la simple éjection d’un vagin !

Une mère qui avait pris comme médecin de famille un homme qui faisait du trafic pornographique, cela me semble déjà bien louche… Une femme bien peu vertueuse à l’époque, bien qu’elle nie le fait d’avoir « trafiqué » quoi que ce soit, elle a nié bien des choses que sa propre mère me racontait… Cela semble être la signature incontournable, ce qu’elle a fait serait (est ?) ce qu’elle n’a pas fait… Comme photographe, je dirais que cela dépend du regard que l’on porte… C’est dingue ce qu’un objectif peut changer la vue que l’on porte…

Ainsi donc, au début du mois, je l’ai mise au taquet… Toutes les horreurs qu’elles m’a sorties, enrobées de miel pour certaines, sont arrivées à leur comble, quand, après m’avoir dit « Tu m’as demandé si je te croyais, je t’ai répondu oui », pour après me sortir « Mais tu te poses en rivale ? » et donc me poser en incestueuse moi-même… Comment croire donc à ses mots… La deuxième phrase étant sortie plus violemment et donc, plus spontanément… Une phrase donc inventée pour me faire taire, tout simplement, pour me calmer, pour m’acheter, ce que vous voulez… Quand je l’ai vue, je regardais tous ses ancêtres qui pointaient en elle… Ils n’étaient pas drôles non plus ses ancêtres… Mais rien ne nous oblige à reproduire… Je me suis abstenue, d’ailleurs…

L’orage a été violent, mais salutaire, j’espère que j’ai enfin compris que je ne trouverai jamais ce que je cherchais. Et que je me mettrai enfin à l’oeuvre pour chercher ce qui est moi, ce qui devrait être moi. Ce que je n’ai jamais su qui devrait être moi car je ne pourrai plus être ce que je devais être. On ne peut courir après ce qui n’est plus !

Peu de gens peuvent décrypter une photo, pour moi, elle est évidente !

Un regard… les bras ballants… cette photo me donne le frisson…

Et, tout en écrivant, cette colère qui me revient, cette tempête !!! Des souvenirs qui reviennent, de moi par exemple, revenant du coiffeur et désirant que l’on me coupe les cheveux encore plus courts ! Le coiffeur me renvoyait chez moi !!! Cela s’est passé après notre déménagement, dans un appartement plus grand, où ma mère avait décidé de prendre les rênes car mon père dormait désormais dans le salon !

C’est ce qu’elle a confirmé ce dimanche-là, pauvrette, elle qui la veille demandait la permission à son « beauf » de pouvoir se remettre avec quelqu’un… Pauvre hypocrite va, les photos ne mentent pas, j’en ai une de toi, au chevet de mon père, et ton regard qui en dit long, notamment sur les comptes que tu réglais ! Les comptes que tu as réglés également avec ta mère, en la déracinant, la déstabilisant, après la mort de son mari ! La coupant de nous pour la laisser mourir (enfin, pour moi, elle n’a pas fait ce qu’elle aurait dû faire) ! Bref, ma mère a tout mis à son nom, pour abréger les choses…

La colère n’est constructrice que si elle sert à bâtir du nouveau, du renouveau, c’est pour cela que j’achève ce billet brusquement, estimant que j’y ai passé assez de temps.
Juste deux liens pour les victimes :

AIVI

AREVI

Liens tout aussi utiles aux proches par ailleurs !!!

Battez-vous ! Vous le valez bien !

90 ans…

Merci de ce regard, papa… Comme quoi, il faut cliquer, cliquer encore, et capter ce qui peut être… l’indéfinissable, ce que l’on n’ose dire en premier, et puis, puisque l’autre insiste gentiment, lui offrir ce regard…

Demain, tu aurais eu 90 ans… Une vie complexe, une vie riche, avec ses hauts et ses bas. Ses erreurs, dont une de trop, mais comme il ne faut pas vivre de regrets… Ce qui a été fait a certes transformé ma vie, lui a ajouté une longue chaîne, avec ses boulets… Ce qui est, est, on ne peut le changer, on ne peut que changer le devenir. Je suis heureuse d’avoir regardé mes photos, car j’ai retrouvé ce regard. Ce regard sincère, et non certaines de tes grimaces…

Aujourd’hui, quand je faisais une bourde et que je me traitais d’abrutie, je me souvenais ce que tu disais : « fille d’abrutie », et cela me faisait sourire… Alors, gardons ce sourire, au travers des larmes, et ce regard, ce regard, papa….

CONTINUUM

Il faut la mort de mon père, des nuits agitées pour que je cherche le sens de ce mot : Continuum. Et le choisisse par instinct comme titre de ce billet. Continuum : selon Jean Liedloff, le continuum est une suite de comportements instinctifs que nous adoptons depuis notre naissance avec les gens et l’environnement qui nous entoure. Selon cette théorie, ce serait par l’échec de la perpétuation de ces comportements de génération en génération que le mode de vie de l’être humain des civilisations occidentales est aujourd’hui peu adapté à la vie sur terre…

Comme d’habitude, je vais transmuer la définition générique d’un concept pour l’adapter à ce que mon instinct me dicte 🙂 . S’il est des comportements « innés » que nous possédons en nous et que nous transformons en actes incontrôlés, il en est d’autres que nous perpétuons de par ce que nous avons vécu dans notre petite enfance, et tout au long de la construction de notre personnalité lors de l’adolescence. Ma construction fut chaotique, de par l’exemple de couple que m’ont donné mes parents, et de ce que le propre de leurs personnalités, de leurs désordres et de leurs valeurs, m’a inculqué, malgré moi, en confrontation avec ma propre personnalité déjà définie par ma propre naissance, et de mes vies antérieures. Il est une chose certaine, l’instinct de survie a été le plus fort. J’ai vécu l’inceste, ma mémoire sélective a fait que je ne me souviens que de certains actes et que j’en ai peut-être occulté d’autres, trop durs à accepter pour la survie de mon être. Je me souviens de ce soleil qui se levait (la fenêtre de ma chambre donnait plein Est), de mon père qui est entré, des « choses » qu’il a faites sur mon corps, et puis, un trou noir, et mon père sur le pas de la porte qui me dit « tu ne dis rien à maman ». J’avais oublié l’âge, cela, c’est ma mère qui me l’a rappelé, lors d’une visite chez un médecin, « ma fille est devenue émotive vers 11/12 ans ». Il m’a fallu près de 30 ans pour m’apercevoir que je ne faisais mes devoirs qu’avant de me coucher, allongée sur la moquette, avec une petite lumière (ma petite soeur dormait en haut dormait en haut de notre lit gigogne), pour « savoir » que je ne faisais cela que dans le but d’être la dernière couchée. Effectivement, mon père ouvrait la porte et me disait qu’il fallait que je me couche. Ce lit gigogne, avec le petit escalier de bois, c’est peut-être ce qui m’a sauvée du pire… Pendant des années donc, j’ai gardé cette habitude, me coucher la dernière… L’instinct de survie : qu’il ne me touche plus ! Et je peux vous dire que cela a duré des années ! Vers l’âge de mes 14 ans, un dimanche, je voulais le passer avec des amies, de mon cours de tennis. Bien évidemment, cela était hors de question, je devais passer mon dimanche avec mes parents… Mon père alors que je persistais dans mon refus, a essayé de me donner la fessée… J’avais 14 ans que diable ! Ensuite, il a voulu rester dans ma chambre alors que je faisais ma toilette (ma chambre possédait un lavabo), et je l’ai foutu dehors !

Et pourtant, c’est à mon père que je dois mon goût pour la photographie, hommage que je lui ai rendu lors de son enterrement. Et c’est à mon père que je dois mon intérêt pour tout ce qui est « mystique », entre autres la franc-maçonnerie, et, par d’autres biais plus ou moins dérivés, les sectes (j’ai été éduquée dans un collège catholique). En effet, mon père faisait partie de l’ordre des Rose-Croix… Je l’ai toujours plus ou moins su, même si je n’ai pas le souvenir qu’il en ait parlé (peut-être ma mère, parfois). Souvent, il parlait politique, expliquait le pourquoi du comment d’un candidat et pas d’un autre, et chose « drôle », il n’y avait que moi, des trois enfants, qui « captait » ce qu’il disait.

Jusqu’à sa mort, je nous croyais proches. ce qui est certain, c’est que je tiens principalement de lui.

Alors, c’est quoi, ce continuum ? Dans la série chose acquise, ce serait la perpétuation d’un goût pour le mystique, pour la photographie, mais, ce qui tient à mon père également, c’est la médiocrité. En effet, ses photographies sont médiocres, même s’il avait ce goût du déclic perpétuel, aucune recherche de la perfection, aucun travail, rien de bien spécial… Quant au Rosicrucianisme… J’ai appris tout récemment qu’il s’était rendu au Château d’Omonville… Ce qui m’a permis quand même de comprendre son implication, mais il n’a jamais forcé ses enfants à y adhérer. Au contraire, nous étions automatiquement poussés vers la direction de l’église, chaque dimanche, mais peut-être était-ce pour une autre raison ;)…

Ce fut également vers cet âge (14 ans) que je fus attirée par le concept de la réincarnation. J’étudiais donc les sectes et leur mécanisme, et, selon la mode du moment, la secte de Krishna, qui expliquait que le foetus souffrait dans le ventre de sa mère. C’est drôle comme la mémoire est sélective ! Je me souviens de leur livre, de l’image du foetus !

Continuum donc, j’ai abandonné, tout comme mon père a abandonné l’accordéon, ma mère le piano, moi la musique,  j’ai lâchement laissé tomber le chant… mais il n’est jamais trop tard…

Continuum donc, car une victime de l’inceste répète parfois les traumatismes qu’elle a connu lors de son enfance (ou pré adolescence dans mon cas). Ce que j’ai fait… En prenant bien soin quand même d’aller jusqu’au bout pour un homme : le bien et le mal. Pendant un temps, je suis sortie avec un homme âgé de plus de 18 ans que moi. Un homme sensible, je ne peux oublier son petit air d’adolescent, son sourire qui cachait tant de malheur, lui-même victime d’inceste, et de tant de leçons de vie douloureuses. La perte d’un frère, un père autoritaire, une mère effacée… Alcoolique. Alcoolique non violent physiquement mais très éprouvant moralement. Le jour où il m’a frappée, c’est le plus grand « service » qu’il m’ait rendu… Je l’ai quitté… Et pourtant, il m’a portée vers ce goût pour la lecture, la musique, le chant, la perfection… Je ne sais ce qu’il est devenu…
Le mal, simplement le mal, ce fut le viol en 1998, juste après un acte de désespoir, j’en ai cherché un autre… Et peu de soutien… Le viol n’a pas été puni, mais il m’a semblé comprendre que le mec avait été condamné pour trafic de stupéfiants. C’est peut-être mieux ainsi… Il travaille dans la même rue où j’habite…

Sans compter 2008… Mais là, c’est tout une autre histoire… Que je conterai ailleurs…

Les évènements s’enchaînent sans que l’on semble pouvoir les contrôler. C’est probablement l’inconscient négatif qui vous y pousse. Quand on connait un certain état d’être, il semble difficile d’aller vers un autre état. Un être victime d’inceste (peut-être ai-je tort de généraliser ?) ne connait que la douleur, et pire encore, il associe amour et douleur, amour et trahison, et ressent un fort sentiment de culpabilité, un double sentiment de culpabilité. Culpabilité lors de l’évènement : c’est ma faute si ce qui est arrivé m’est arrivé. J’ai séduit mon père, il est vrai que la fille cherche à se substituer à la mère, idem pour le fils, au père… Et pour preuve, bordel!, les photos où j’étale un sourire jusqu’aux oreilles à mon père qui me photographie ! Et c’est ainsi que le père sème le trouble en n’assumant pas son rôle de père : poser les limites. J’ai ce souvenir de ma marraine qui parle de moi, enfant de 3 ans, une vraie pipelette. La pipelette s’est tu… L’adulte mûre écrit enfin…

Cette image de mon père, étendu dans son cercueil… cette image d’un parfait inconnu me glace le dos… C’est comme si toutes les erreurs de sa vie refaisaient surface… il est parti sans dire au-revoir, il est même parti dans l’absence ! Absence causée par la maladie d’Alzheimer. Comme un traître, comme un lâche, il est parti. Ou comme si nous avions ainsi « réglé nos comptes » ?

La fin de ceci ?

Mon dieu, ce serait terrible… Découvrir le bonheur. Pour y arriver, se dire que, dans la quête du bonheur, le chemin serait empli d’embûches, et donc de souffrances également, faciliterait les choses ? Le plaisir, le bonheur, pour une victime d’inceste, sont synonymes de souffrances, mais une souffrance que l’on ne désire pas, car cette souffrance-là mène à un monde totalement inconnu (ou oublié)…. Comment comprendre cela, pas besoin d’un psy…. Il ne faut pas se voiler la face. Le corps est le corps. Il est très probable, sinon certain, que sous les caresses de mon père, j’aie éprouvé du plaisir. C’est physique, je n’ai pas à m’en vouloir pour cela (mais je vous avoue que c’est très dur à écrire, à avouer !!!!). Mais, franchement, pour qui se prenait-il quand il faisait « cela » ? A quoi pensait-il ? En fait, quand mon père est mort, ai-je vraiment perdu un père ? Est-ce cela qui fait que j’ai l’impression qu’il m’était inconnu ??? Qu’au bout du compte, nous n’étions pas si proches que cela ???

Continuum interrompu ?

Je vous avoue que cela fait un moment que je réfléchis à rejoindre les Rose-Croix… Heureusement qu’il y a le prix qui m’a retenue ;)…  Je suis dans une quête mystique différente de celle de mon père, une quête de la Vérité avant tout, mais, peut-être du fait de l’inceste, je n’accepte pas comme cela l’autorité, une Vérité édictée par un organisme ou un autre. Je prends mon temps, j’essaie d’écouter mon instinct, si fort parfois, et qui ne me trompe que quand je ne l’écoute pas et le laisse se déformer par maints miroirs… J’ai eu un petit ami qui fait partie des Rose-Croix… Les deux n’étaient pas attirants, en fait… Ce qui me faisait sourire, c’est quand il invitait à entrer des Témoins de Jéhovah pour établir une confrontation d’idée, une sorte de bras de fer… Vous remarquerez que mon subconscient a écrit « idée » au singulier alors que le pluriel aurait été plus adéquat…  Ce qui est cocasse, ce sont les termes d’un ami de mon père, à l’enterrement de mon père, quand on a discuté… S’il ne voulait pas que je rejoigne les Rose-Croix, il n’aurait pas mieux fait (il est Rosicrucien)… Sincèrement je me pose la question, car l’autre éventualité est qu’il m’a prise pour une cruche ; ou il ne me connait pas… « On y rentre comme on veut, on en sort quand on veut » (ou à peu près cela… ), furent les termes employés, termes parfaitement adaptés au langage des…. sectes ! Je sais que quand on quitte les Rose-Croix, par contre, on doit rendre tous les écrits, les enseignements que l’on a pu recevoir. Si on n’a pas pu les assimiler, nous rend-on l’argent ?  Bouh, Florence est fâchée avec l’argent… Disons, que j’aime bien, si je dois le sortir, savoir s’il va vraiment être utile (débouchant sur un résultat concret), et je ne pense pas que le savoir, la Vérité, s’acquièrent avec l’argent. L’argent n’est pas une fin en soi, il est juste un outil, et un outil doit être juste utile… Par contre, je sais que je n’ai pas apprécié qu’il soit allé voir mon frère, cela, je l’appelle de la « prospection », mon frère occupant un poste intéressant…  Bon, d’avoir dit cela, c’est foutu, je n’y entrerai plus… Mais c’est bien plus complexe que cela… Point je ne peux juger si je n’en connais pas toutes les arcanes !!!

Comme tout être humain (ou pas, d’ailleurs), je reste en quête de la Vérité, le mystique m’intéressant un moment mais si le vide résonne en lui, il me lasse. Seulement, mon esprit est tellement complexe, qu’il faut que j’apprenne la patience de dénouer les liens, et d’aller au fond des choses, au lieu de m’éparpiller… Et que je fasse un peu plus confiance en mon instinct… Plus le temps va et plus mes deux guides sont Gandhi et Mère Teresa… Car ils allaient jusqu’au bout de leur « voie », du pourquoi et comment de leur présence sur terre, de leur existence… De ce qu’ils croyaient juste, sans tromperie aucune, et chacun selon son chemin de vie. Il pourrait paraître étrange à celui ou celle qui ne pratique pas la « réflexion » intime et profonde, de comprendre comment Mère Teresa continuait son action malgré un grand vide qu’elle sentait en elle, alors qu’elle était si aimée et entourée, qu’elle donnait mais recevait également. Ce grand vide qu’elle ressentait, était-il donc le « mystère », ce mystère de l’Univers auquel nous appartenons ? Est-ce le fait que nous ne sommes qu’un et donc, à se tourner vers l’autre qui n’est que soi-même, c’est se retourner vers l’infini ? Je précise, nous ne sommes qu’un à l’arrivée et ne faisions qu’un au départ… les paraboles de la Bible sont interprétables de différentes manières… la pomme, nous voulions la croquer, nous en avons également mangé les pépins… Ou que le don de soi n’est qu’une infime partie de ce qui est réalisable, comme elle le disait, ce que nous faisons n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais que, si nous ne l’accomplissions pas, cette goutte manquerait éternellement à l’océan…

Je parle d’océan et voilà que je vous montre le ciel… Parlons alors de ciel et je vous montrerai l’océan… Mais de par là où j’habite, nous n’avons que la mer, bien sage, aux petites colères….

Parlez-moi de ciel et d’océan, et mes mots se taisent. Ils viendront plus tard, le blocage est encore là… Ce n’est pas grave… Il viendra le temps de tout lâcher… En attendant jouons avec la vitesse et l’ouverture…

Il faut savoir qu’un coucher de soleil amène toujours un lever de soleil… Car les anges veillent.