J’avais publié sur un autre blog un billet sur le phénomène de résilience. Je veux aujourd’hui, suite à un commentaire fait sur ce blog, republier cet article, qui amène à bien des réflexions…

Le malheur des autres nous fait peur. Pourquoi ? Nous réagissons souvent par des formules qui nous protègent de la souffrance des autres. « Il y en a qui ont connu pire », « tu n’as pas connu la guerre », « c’est fini, il faut tourner la page ». Des phrases qui coupent la main que l’on essaie de tendre vers l’autre. Le plus souvent dans sa propre famille.
Que reste-t-il à l’autre, celui ou celle qui se défend tout seul, celui ou celle qui souffre ?
On parle souvent de résilience, terme qui nous vient des Etats-Unis, comme d’habitude… Qu’est-ce que la résilience ? Le fait d’avoir la capacité de rebondir lors d’un traumatisme violent et de pouvoir non seulement y survivre mais également se construire une vie « acceptable », plus, si affinités… En physique, la résilience, c’est l’aptitude à un corps de résister à la pression et de retrouver sa forme initiale.
Quand on vécu des traumatismes comme le viol ou l’inceste, la violence, je vois mal comment on pourrait reprendre sa « forme » initiale…
La capacité à se reconstruire, même si elle dépend en majeure partie de la personne qui subit un traumatisme, peut comporter certains » facteurs » inducteurs de sa reconstruction. C’est la combinaison de tous ces facteurs qui aidera la personne victime de ces traumatismes. Il suffit de peu, de la part de l’entourage, pour apporter sa contribution à la reconstruction de cet être. La victime n’aura pas forcément besoin d’un cocooning profond, qui, le plus souvent, pourrait la faire fuir ou la pousser à se renfermer plus encore. Ou pire, renoncer à se battre !
Ce qui est important, c’est que cette personne reprenne en confiance en elle, qu’elle se batte.
Il existe différents moyens de se battre. Il n’est pas utile de remuer les bras dans tous les sens, mais savoir contre quoi ou qui se battre. Se préserver, dans tous les cas. Les prédateurs sont nombreux. Même si on peut parler de différents degrés de traumatisme, il faut savoir que chaque traumatisme est « unique » et donc a une valeur personnelle auprès de chaque personne, d’où l’importance de ne pas minimiser le vécu de la personne, mais ne pas la magnifier non plus.
Sommes-nous tous égaux devant la vie et la résilience ?
Hélas non. Il faut savoir que notre capital bonheur se construit dès la naissance et les rapports que l’on peut avoir avec ses parents… Parents qu’il ne faut pas culpabiliser, là n’est pas mon but…
Un bébé dont les parents ne s’entendent pas, qui ont également un passif très lourd, aura déjà dès le départ une lacune.
Cependant, rien n’est imparable dans la vie. Mais cela dépend de tant de circonstances de la vie, du caractère de la personne et de son entourage qu’il ne faut pas non plus porter le glaive de la résilience sur la victime !
A contrario, il ne faut donc pas non plus reposer tout sur la résilience comme un remède miracle, et qui, si l’on n’y prête garde, peut amener à se « décharger » ainsi de tout autre modèle de thérapie.
Je vous invite à lire quatre articles à ce sujet, n’oubliez pas qu’il y a toujours les défenseurs et les opposants à une théorie. (cliquer sur les noms pour lire l’article)
– Sur Doctissimo, un dossier peu complet
– Un article de Daniel Lambert, un tout petit peu plus complet
– Un article de l’Express sur Boris Cyrulnik, incontournable, quand on parle de résilience…
– Un article sur un ouvrage de Serge Tisseron, directeur des recherches à l’Université Paris X Nanterre, qui attire l’attention sur le danger de l’idéalisation de la résilience.

C’est avec un certain détachement que j’essaie d’aborder ce thème. La résilience, je l’ai connue, elle a ses limites, comme je le cite plus haut, dans le fait qu’un environnement déjà hostile, à ma naissance, a déjà limité mes capacités à reconstruire. Dans le cas de l’inceste, il est d’autant plus difficile de construire, d’autant plus que l’on n’a pas connu d’exemple, de couple, en l’occurrence. Je n’ai jamais réussi à construire un couple dit « normal », n’ayant pas connu la normalité. Je n’arrive même pas à m’y faire, d’ailleurs. Ce qu’il est important de savoir aussi, c’est que souvent, la victime a tendance à reproduire le passé.
Il est difficile d’accepter le bonheur, de le vivre, de s’aimer. Tellement difficile. Personne ne peut le faire à la place de personne. Mais ça fait du bien quand vous me faites sentir que vous êtes là.
Venez « résilier » avec moi !

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