Entre passé et avenir, demeure le présent. Le passage de l’un à l’autre ne se fait pas forcément dans la douleur puisque nous sommes les acteurs (dont la pièce n’est pas forcément écrite par nous…) de son être, et porteurs de l’ancien et du devenir. Il arrive peut-être un temps où le passé meurt, un arbre courbant l’échine devant un orage trop violent parce que la nature en a décidé ainsi. Comme le vieillard qui meurt de vieillesse, tout comme un enfant mourant de maladie. La vie dans toute sa grandeur et ses bassesses qui nous font si mal.

Le présent, hélas, est également un schéma de société qui est en train d’évoluer vers l’individualisme, où les chiffres prennent plus de place que les mots, mais où également le seul chiffre qui revienne, paradoxalement, est un… On nous demande plus de productivité, on n’attend de nous d’être des consommateurs dociles, le « un » se retrouvant même sur Internet puisque nous avons dernièrement été assujettis à une taxe unique pour un multiple forfait comprenant l’Internet, la télévision et la téléphonie. Le service télévision se révélant souvent très médiocre et aléatoire selon la distance entre notre notre domicile et le raccordement DSLAM… Productivité n’apportant pas ses fruits à ceux qui la font, car le SMIC permet rarement de vivre décemment. Qu’en serait-il d’évoquer même brièvement, un retraité vivant en dessous du seuil de pauvreté, quand le fait même d’utiliser le verbe « vivre » devient indécent ? Comment parler de productivité humaine, également, quand, de plus en plus, les machines nous remplacent. Ainsi, nous sommes de plus en plus « confrontés » à des robots, ceux qui nous distribuent de l’argent, ceux qui scannent nos articles… Ceux qui nous répondent au téléphone ! Comment accepter la productivité quand il nous coûte moins cher de faire venir des produits de l’autre bout du monde que ceux produits juste à côté de chez nous ? Que devient-il de la productivité quand une personne n’arrive pas à trouver du travail, que ce soit avec ou sans diplôme ? On nous montre des Tunisiens qui disent ne pas arriver à trouver du travail avec un bac +3 et l’anglais, qu’en est-il en France ?

Ce qui se passe dans les pays arabes pourrait faire penser à la révolution française. Crise financière, pouvoir partagé entre une élite très restreinte, c’est le « petit peuple » qui bouge mais qui en récoltera les fruits ? La révolution française a transféré le pouvoir du clergé et de la noblesse en une autre manne : la bourgeoisie. Certes, nous avons des élections, la liberté d’expression, mais je ne suis pas si certaine que cela que nous puissions dire absolument TOUTE vérité sans en subir des conséquences indirectes…

Le Maroc est un pays vraiment à part dans le Maghreb de par le fait que son chef est un roi. La révolte n’y est pas aussi rapide, aussi violente que dans les autres pays du Grand Maghreb. C’est un pays en pleine transition, mais elle est lente, car le navire de son devenir peut faire craindre plus qu’un tangage, un chavirement… Mais vers quoi ?

Je me sens bien prétentieuse de parler d’un pays dont je ne suis pas originaire mais j’ai envie de laisser parler mon coeur pour un pays que j’aime tant !

Un pays en prise entre modernité et traditions…

Quoi de mieux que la musique pour vous mettre dans l’ambiance ?

Quoi de mieux comme langage universel que la musique qui sait allier les traditions et la modernité ?

Je peux en parler, peut-être, en tant que touriste un peu « spéciale », ayant été mariée à un Marocain, et n’ayant pas visité le Maroc comme une touriste « ordinaire »…

Le Maroc, pour moi, c’est cette immensité à l’odeur fauve, la première impression que j’ai eue en arrivant, ce qui m’a prise à la gorge, cette odeur si « fauve », un peu sauvage, et des paysages si vastes, entrecoupés de routes larges et modernes. Où les conducteurs conduisaient comme des fous ! je remerciais Dieu de sortir vivante d’une voiture…

Le Maroc, entre modernité et traditions se retrouve également dans ses villes, entre une Agadir qui pourrait faire penser à une ville touristique comme Cannes (ce que j’avais sorti à m’époque… Heureusement, je ne suis plus d’accord avec cette comparaison, je préfère… Agadir !) et Essaouira, un savoureux mélange de musique Gnawa, un air vivifiant, du bleu partout, du poisson si frais qu’il en sauterait dans vos assiettes, ou encore Marrakech, dont les touristes sembleraient ne retenir que la place Jamaâ El Fna et le jardin Marjorelle, Casablanca et son immense mosquée, Fès et ses souks, Tanger la Blanche….

Essaouira à l’ancienne :

Dans mes souvenirs, un thé à la menthe, dégusté sur une plage de Casablanca, un soir, non pas dans un café branché mais une simple chaise posée sur le sable, avec une petite table… Personne devant et personne derrière… Juste l’océan, le vent et l’air frais.. Un peu de silence, une petite pause dans les turbulences de la vie…

Et ce style de musique qui pouvait ponctuer les voyages :

Le chameau vous le dira…..

La corruption ? Oui, elle existe. Si vous acceptez de payer un policier qui vous arrête, vous soutenez la corruption. Mais, il est facile de se laisser intimider dans un pays qui n’est pas le sien.
Des souvenirs comme celui où l’on me refuse l’entrée d’un bar puisque je suis une femme… certes… Un taxi qui augmente ses tarifs dès qu’il me voit arriver ? Oui, cela est. En France, on augmente les tarifs quand les touristes vont arriver…
On vous ouvre les portes et on vous offre à boire, à manger… Je me souviendrai toujours d’un Maghrébin qui m’avait accueillie pour un entretien d’embauche (bénévole…) en plein été, et qui ne m’avait pas offert un verre d’eau ! Zut, c’était en France… Et d’un couple d’amis qui avait proposé de m’accueillir chez eux car je souffrais du quartier trop bruyant de ma belle famille…

Est-ce que le Maroc pourra passer ce difficile cap ? J’aimerais leur dire que la démocratie à l’européenne n’apporte pas toutes les réponses, nos vieux, on les met dans des maisons de retraite, nos enfants, on ne les comprend pas forcément mieux, nos pauvres, on les cache, les riches ont tout pouvoir… Personnellement, je pense que le Maroc est comme une grande famille, maintenant, l’avenir parlera, j’espère seulement qu’il ne sera pas manipulé…
Mon passé, ce sont ces souvenirs, mon présent, c’est l’image de cette France que j’aime et qui souffre, mon avenir… se situe entre un passé dont je garde les effluves et une certaine richesse qui se balade entre mes diverses « origines »… Si seulement j’avais eu à l’époque, un appareil photo numérique, que de photos j’aurais prises pour mieux vous faire découvrir ce merveilleux pays !

Je veux une opportunité de retourner dans ce pays et prendre moultes photographies de ses paysages et de son peuple. Je veux avoir la possibilité de vivre pleinement ! Vivre mes passions, vivre en me défaisant du passé, un petit peu, afin de respirer… Je veux me défaire de mes chaînes, celles que je m’accroche désespérément par peur d’avancer, peut-être pour un monde qui m’est si inconnu, un monde où le bonheur aurait enfin sa place…

Combien de fois n’ai-je entendu dans mon enfance : « Le roi dit nous voulons »…

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