JaumePastelQu’y a-t-il de pire que de ne plus croire en la justice de son pays ? Celle de ne plus croire en soi.

Le pire encore serait de ne pas utiliser tout ce que l’on a pu acquérir lors de son chemin de vie. Quel que soit celui-ci, d’ailleurs. Les embuches que nous trouvons sur notre route ne sont que des épreuves pour mieux nous élever. Nous élever vers quoi exactement ? L’accomplissement de notre destin.

Tout, ou presque, est écrit, de notre vie. Il est écrit dans notre passé, celui qui semblerait ne pas nous appartenir, celui qui se trouve en dehors de nous, dans notre famille, à plusieurs degrés. Parfois, on croit en détenir la clé, parfois, on se trompe. Mais tout a une raison, qui nous échappe, parfois. Nous ne sommes pas forcément les plus lucides à notre propre image. Cependant, je sens une force en moi, que je ne maitrise pas encore, mais qui me plait bien. Ce qui est stimulant, c’est, d’une part, savoir qu’elle existe (ce qui n’est pas le cas pour tous), tout en n’ayant exploité qu’une infime partie, d’autre part, qu’il m’est donné le pouvoir d’aller plus loin, quelles que soient les difficultés rencontrées. Tout ne sera peut-être pas exploitable, comme il serait supposé que cela le fût, mais la vie offre cette possibilité de choisir une voie que l’on est capable d’emprunter si on s’en donne les moyens, et… la permission… Car l’accès à une petite part de bonheur n’est possible que si on se le permet. Surtout quand on a appris à vivre dans la négation de soi, une image bien tronquée déjà, pour moi. Que faire quand aucun modèle ne vous a été donné ? Que faire quand on ne vous a pas permis de construire votre être à une étape clé de votre vie ? Où puiser les ressources, les données, les bases, quand tout a été faussé dès le départ ? Tout ? Par forcément. Certains éléments m’ont été donnés pour parer à ces lacunes. C’est ainsi que certaines bases ont pris racine en mon être. La croyance en la réincarnation, même si je la perçois différemment que celle qui a pu m’être inculquée, inconsciemment, par ailleurs, pas par l’éducation. Et les images en porte-à-faux, celles qui vous indiquent ce qui n’est pas à faire.

Même l’inceste est la base de cette putain de vie que l’on pourrait donner en pâture aux vautours. Même l’inceste est une raison à une autre souffrance qui a été éclipsée pendant un certain nombre d’années. J’écrirai un billet prochainement à ce sujet. S’il est important que l’inceste soit inscrit dans le code pénal, cela ne résoudra pas tous les problèmes inhérents à ce fléau, qui a de tout temps existé, de toutes manières, et je doute qu’il existe un véritable traitement pour les auteurs de ce crime, mais, si cela pouvait aider à ôter le tabou, à déceler plus tôt les indices, parfois infimes (comme dans mon cas, j’écrirai peut-être sur ce sujet-là aussi), à développer des thérapies adaptées, un accompagnement spécifique des victimes, alors, c’est bien. En faire une manoeuvre électorale est une autre chose.

Les nouveautés technologiques sont effarantes… Notre vie est un livre que l’on parcourt comme l’histoire nous prend à partie. Il peut nous arriver de tourner plusieurs pages en dévorant les lignes, lignes qui se veulent droites et qui, au bout du compte, font des tours et des détours. Finissent parfois par nous faire tourner la tête… Involontairement, nous sommes comme hypnotisés, tenus par un fil imaginaire, qui vole dans les airs… Comme une voix lointaine qui nous fait soudain vibrer. Une voix plus ou moins lointaine, plus ou moins familière. Parfois inconnue. « Qui êtes-vous ? » pourrait susurrer cette voix à votre oreille. Une voix qui change de canal. Et soudain la vie bascule. Cette voix qui vous fait revivre le passé, comme un tir groupé sur un égo trop élevé, qui répond du tac au tac, qui fait ricochet, mais les forces sont inégales. Alors, on se retrouve à nu. L’intime conviction que le passé se répète.
Parfois, le livre contient des pages écrites à l’encre invisible, ces pages que l’inconscient garde en soi comme une trace indélébile. Des pages que vous seuls êtes aptes à lire. Sinon à décrypter.
Nous sommes partie prenante de notre livre, que nous lisons et écrivons au jour le jour. Nous en sommes les mots, nous en sommes l’encre. Parfois, des ombres glissent au dessus de notre main. Qui semblent la guider. Une partie de mon livre a été écrit à l’encre invisible, et seul un coin sombre (et lumineux) de mon inconscient l’a gravé à l’encre rouge. Car, de ce qui est écrit ne peut l’être que dans cette couleur.

Et puis, un beau jour, nous devons entamer un nouveau chapitre. L’encre rouge sera toujours là, sur une des pages, comme une rivière qui se tarira forcément. Au féminin.

Décidément, rien n’est jamais dû au hasard. C’est beau, quelque part. Tout comme la couleur ébène dont je parerai ce livre désormais. Ecrire en encre d’ébène pour ne pas utiliser la langue de bois.

Un beau symbole, non ?

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