Popeye-meets-ali-baba

Les artistes et les droits d’auteurs seraient-ils un bien inestimable à enfermer dans un coffre ? Si les droits d’auteur sont effectivement un droit à respecter, il me semble difficile de dire que cette loi protège tous les artistes. Également, la comparaison des personnes qui téléchargent du contenu protégé illégalement à des « gangsters » me semble un peu forte… Cette traque est également faussée, comme le souligne le journaliste de France 3, avec les connaissances informatiques des « hackers » (gens qui s’immiscent de façon illégale dans votre système, entre autres), car, les technologies se perfectionnant, les systèmes wifi ne sont pas imparables, et il est relativement aisé, avec votre adresse IP (sans wifi), de s’introduire dans votre système (petit coucou à ceux qui me hackent, tiens). Une petite anecdote… Ma chère voisine d’en bas, un soir, a poussé un cri de « victoire ». Elle était avec un ami. En fait, elle a demandé à cet ami de contourner ma protection wifi, et il y sont parvenus. Un bref instant, certes, mais au moment de son cri de victoire, j’ai eu une petite fenêtre sur mon réseau qui m’indiquait que quelqu’un d’autre s’était connecté (le fournisseur d’abonnement me laissait supposer, en plus de son cri, que c’était bien elle)… J’ai dû tout couper sur le champ et désactiver mon wifi. Il suffit également, sans wifi, de connaître votre adresse IP, par le biais d’un mail, d’un téléchargement illégal (peut-être l’avez-vous fait une fois !) pour que votre adresse IP soit utilisée. J’avoue ne pas m’y connaître assez, mais il me semble que pas mal de choses soient possibles quand on manie bien l’informatique. Si la recherche est bien faite, on peut retrouver la trace de la personne qui se connecte, malgré l’utilisation d’un proxy (on peut paramétrer ses connections en utilisant des proxy anonymes, qui ne le sont pas vraiment puisqu’ils appartiennent à quelqu’un d’autre) avec ses identifications log, et, le fournisseur d’accès, une fois la personne retrouvée, peut fournir l’historique de toutes vos connections. Alors, certes, avec le wifi, tout est possible, et surtout avec les technologies actuelles, des appareils de plus en plus petits et de plus en plus performants…

Ce qui reste inquiétant, est la lourdeur de ces enquêtes, par une administration déjà surchargée. Cela suppose 10.000 mails par jour, 3.000 lettres recommandées… Et le fait que les véritables payeurs de cette loi risquent d’être le « brave » petit abonné Internet qui, pris d’une nostalgie soudaine, désirera écouter sur le champs un disque un peu ancien qu’il ne possède que sur vinyl ? Alors que vous aurez d’un autre côté, le hackeur organisé qui aura plus d’un millier d’albums sur son disque dur et qui en fera commerce. Car là n’est-il pas le véritable problème ? N’est-il pas plus facile de punir le gentil petit mouton que le véritable « criminel » ? Certes, il existe des sites où on peut écouter de la musique gratuitement, beaucoup de titres d’ailleurs, et je conseille plutôt cela que de télécharger !

Vous souvenez-vous des « temps anciens » où l’on s’échangeait nos vinyls, entre amis ? Etait-ce un crime à l’époque que de l’enregistrer sur une cassette ? Non. Mais Internet n’existait pas encore et ne donnait pas à cet acte une envergure internationale. Cela sous-entend une autre clause au débat (qui n’est plus, la loi est adoptée, sans la coupure Internet dont seul un tribunal peut prendre une décision) : comment ce téléchargement illégal est-il défini puisqu’il ne peut être défini que dans notre pays ? Or, les détenteurs de ces fichiers si tentants ne se trouvent pas forcément en France, ni même en Europe. Comment la loi compte-t-elle remédier au mal seulement en dissuadant les téléchargeurs ? Certes, on dit que si plus personne ne téléchargera si on en dissuade les coupables.  Qu’en devient-il si les plate-formes de l’étranger transforme ce téléchargement en une base de données plus ou moins légale (mais à l’aspect légal) et payantes, sous quelque forme que ce soit, paypal, allopass, CB… ? Seront donc ciblées quelles formes de téléchargement ? Logiciels de peer to peer seulement ou autres formes ?

J’ai une question à poser à nos législateurs, qui me taraude depuis un moment : j’ai acheté un film en DVD, ce film a été abimé par des lectures répétitives (tout comme un de mes cd audio), que dois-je faire ? Trouvez-vous normal, par exemple, que je rachète ce DVD à son prix intégral (alors que j’ai déjà payé les droits d’auteurs) ? Si je suis autorisée à faire une copie de ce même DVD, pour usage personnel (par exemple, si je veux l’emmener en vacances) mais qu’il est illégal de « craquer » la protection, je fais comment ?

Une remarque, une surprise, fort agréable, madame la députée, les artistes ne sont pas tous labellisés, un espace existe, sur Internet qui le prouve : MySpace ! Allez y faire un tour, vous y découvrirez des trésors… Non, la culture et l’art ne sont pas forcément là où on voudrait nous y faire croire !

Au fait, vous savez ce qu’est l’art ?