Je prends le bus. Une bande de gamins des quartiers en grand nombre, au fond, plante le bordel, le gros bordel. Même pas un sentiment de colère envers eux mais plutôt vis à vis du système, celui qui permet que cela se produise. On vous promet plus de sécurité, on vous montre du doigt des groupes d’individus, les indésirables, les jeunes de quartiers dits sensibles, les SDF, les exclus. On va vous promettre plus de caméras de sécurité, des grilles aux jardins pour vous protéger un espace payé avec votre argent. Et d’un autre côté, on réduit les moyens, on réduit le nombre de policiers, et pire encore ceux de proximité, ceux qui seraient capables de leur parler.

Les prisons sont trop pleines alors on parle de liberté surveillée, de bracelet électronique. Et combien même on crée des lois, les sanctions ne suivent pas. Et combien même les lois sont appliquées, aucun suivi n’accompagnera des personnes qui n’auront d’autre choix que de retomber dans la délinquance ou le crime à leur sortie. Parce qu’ils ne connaissent que cela, parce que leur environnement est celui du plus fort, celui de la survie également. Le chômage n’arrangeant rien, et les lois retirent parfois l’autorité aux parents, telles qu’une bonne claque, une bonne remise en place. Je ne me souviens pas avoir été traumatisée d’une bonne rouste. Ayant travaillé dans des associations, je sais pertinemment bien que les enfants battus le seront de toutes manières…

Les lois sur l’inceste ne protègent pas de l’enfant de l’inceste, et l’inceste, par ailleurs, dérange tellement que l’insérer dans le code pénal met mal à l’aise nos parlementaires… J’ai même entendu dire d’un médecin qu’il faudrait dépénaliser l’inceste pour permettre à l’enfant de parler plus facilement, ainsi qu’à l’abuseur… Je ne me souviens pas non plus que mon père ait eu une seule fois peur des sanctions qu’il pourrait subir !

Dans le livre de George Orwell, 1984, où les enfants ont du « pouvoir », même celui de dénoncer, pourrait me faire penser à l’enfant aujourd’hui, ou l’adolescent ? Ne confondons pas, l’autorité parentale est toujours existante. Mais le monde actuel tourne autour de l’argent. Nous devenons dépendant des choses. Posséder nous fait croire à un pouvoir, à une preuve d’existence. La société actuelle crée le besoin afin de faire vivre une économie qui finit par tourner en rond…  Je vais choquer en disant certaines « choses » entendues via une personne, qui, pour certains sujets n’était pas si bête…  J’ai toujours été étonnée dans le train à Nice de n’entendre des messages prévenant de la présence dans le train d’éventuels pick-pockets qu’en langue française. On m’avait répondu que  si on n’était pas certains que les touristes ne dépensent leur argent dans la ville, les voleurs, eux oui, ils dépensent… (j’entends l’orage gronder…. ^^) Ben oui, avouez que quelque part, c’est logique…

La société actuelle nous pousse également à courir sans cesse après l’argent. Les parents démissionnent de leur mission de parents… Plus le temps, plus l’envie, plus la force… Souvent dépassés, et surtout dans les familles monoparentales. Les familles maghrébines ou autres, n’ont plus le pouvoir d’éduquer comme il est coutume dans leur pays. Les femmes souvent ne parlent pas français, ou ne lisent pas le français et n’arrivent donc pas à suivre la scolarité de leurs enfants ou adolescents (idem, je sais de quoi je parle). alors on nous ressort l’attirail de l’adaptation… Je suis d’accord avec le fait que ce n’est pas à moi de m’adapter à d’autres cultures que la mienne. Certes. mais nous oublions très souvent notre qualité d’accueil, ce qui n’équivaut pas à des allocations familiales qui parfois mériteraient d’être recadrées et réorganisées, oui oui, les allocations de Noël peuvent certes servir à l’achat d’un nouveau téléviseur… (mais jusqu’à dire que les musulmans, pourquoi eux d’ailleurs à être spécifiquement ciblés, ne devraient pas la toucher, les asiatiques non plus alors, les athées encore moins, etc…).Oui oui, certains couples ne se marient pas et se déclarent comme célibataires avec enfants. Certes. Certes je trouve injuste qu’un ou une célibataire gagnant le SMIC se voit retirer les allocations logement, une fois que vous avez tout payé, il ne vous reste rien.

Or les adolescents et les enfants sont une cible parfaite pour la consommation car ils sont encore plus avides que nous de toutes les nouveautés, et même les parents se coupent en quatre pour leur offrir « tout ce qu’ils n’ont pas eu ». Alors, le pouvoir leur est en partie donné, car ce sont eux les acheteurs. Un marché colossal. 

La délinquance ? Les associations sont bien en peine d’accompagnement faute de moyens. Il serait peut-être bien de redistribuer tous les avantages de nos « chers élus » dans ces associations, avec contrôles à l’appui, afin qu’ils puissent agir sur le terrain. Remettre en place la police de proximité afin d’instaurer le dialogue. Arrêter de montrer du doigt.

Je suis toujours surprise de voir une « femme de couleur » se retourner au moins deux fois avec un grand sourire et me dire merci, juste pour l’avoir laissée descendre dans un bus (me lever de ma  place). J’avais envie de lui dire d’arrêter, que c’était tout à fait normal ! Mais également contente de voir plein de gens se lever pour laisser leur place à une personne âgée, l’aider même à s’asseoir. Tout n’est pas perdu.

Hélas, le monde du « tout argent » touche à beaucoup de domaines, comme l’emploi… Le profit prend la place du salarié même, salarié non reconnu, salarié dévalorisé. Il est triste de voir mon domaine de travail tel le service à la personne livré au simple droit du travail. Pas de convention collective, un seul jour férié, le 1er mai. Je suis même choquée que la loi française, berceau de la liberté ne donne même pas le droit au 14 juillet, fête nationale, d’être un jour férié chômé. Car peu de gens le savent, beaucoup d’entreprises ont des conventions collectives, mais un jour férié n’est pas forcément « chômé », c’est-à-dire, que vous êtes obligé de travailler et cela, à votre salaire normal ! (du moins si les clients n’ont pas annulé leur prestation)

Quelle est la valeur humaine ? N’est-elle réduite qu’à des objets ? Je me pose souvent la question du comment on peut bâtir une vie sur une valeur vide, qui n’existe pas en elle-même, sur du virtuel quoi !

Vous me trouverez peut-être naïve, j’ose croire que non. Ma vie a une valeur, votre vie a une valeur inestimable. Mais là, est un autre sujet, celui que je voulais rédiger hier matin, mais je devais travailler et n’ai pu écrire sur le sujet. Le sens de la vie, sa finalité, son but ultime, son vrai « moi », son vrai sens… Je m’y attellerai prochainement…

Votre vie m’importe….

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