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Où aller, dans quelle direction ? Quelle main prendra la nôtre ? Les villes de plus en plus démesurées ne nous laissent plus l’espace où lever les yeux au ciel et interroger les étoiles. Nous vivons de lumières artificielles, nous ne possédons jamais assez, nous remplaçons l’invisible par un visible ne satisfaisant jamais nos fausses envies, nos faux désirs, et l’espace que prend le palpable sur l’infini du non-être, mesure dans le temps « universel », nous remplit d’un vide insatiable. Et ce vide parfois devient une porte béante et cependant invisible à ce qui touche au domaine de Satan… Nous vivons à l’époque du « tout tout-de-suite », de l’instant instantané, de la sensation, forte de préférence… D’ailleurs, pourrais-je écrire cela sans ordinateur, sans internet, sans ce besoin bien précis et instantané d’un matériel bien concret et de tout ce qui lui est connexe ?

Bien des fois ai-je succombé ces derniers temps à la vanité, par le biais de la photographie, par la recherche du beau, c’est ce que je cherche non, par cette puissance du regard que j’essaie de transmettre au travers d’un boitier, d’un simple boitier ? Et quel est ce besoin d’écrire quand la photographie ne suffit plus, quand la photographie, ma photographie est incomprise par les « autres » ? Comment faire comprendre que je peux passer près de 3 heures à photographier un coucher de soleil ? La photographie est merveilleuse dans le sens qu’elle se renouvelle tout le temps. Vous pouvez prendre un unique endroit maintes fois et toujours différent. Et c’est la lumière qui fait cela. Et je m’en rends de plus en plus compte, le plaisir immense que je ressens, c’est quand je suis dans un de mes voyages photographiques, car la magie est là, qui opère en silence, dans mon regard, et dans mon regard, c’est l’âme qui transparaît, et je sais pertinemment quand cette « transe » est finie, que mon âme lâche prise, que l’envie s’en va… Comme la lumière… Car c’est la lumière qui me retient, parfois, après des heures de prises photographiques…

Est-ce l’oeuvre de Dieu, est-ce l’oeuvre du diable ? C’est intéressant de voir, d’écouter son coeur, tout simplement, et de laisser faire les choses… Seule la vanité est « condamnable », ce qui n’empêche pas aux autres d’aimer ou pas. Mais souvent, je regrette que cela n’aille pas plus loin, même si chacun reste libre de son amour de l’oeuvre ou pas, de ce qu’il transposera sur une photographie, et qui, le plus souvent restera très éloigné de ce que mon regard aura capté… Au travers d’un simple boitier…

Utiliser les choses et non se laisser utiliser par elles…

Aujourd’hui, les gens ne se posent même plus, je crois, la question de savoir si Satan existe ou pas. Ou du moins il est difficile de rencontrer ces personnes hors d’un cadre religieux. Extrait d’un film culte « Le rite » avec Anthony Hopkins :  » Ne pas croire au diable ne vous en protégera pas »… Et le jeune du film, apprenti exorciste, Colin O’Donoghue, sceptique, qui finit par croire en l’existence de Satan, qui en conclue donc l’existence de Dieu… Pour aller au-delà, l’expérience, c’est bien mieux encore. Je ne pourrai, par exemple, jamais oublier ma rencontre avec un SDF, qui avait pleuré rien de par le fait que je lui parle, et qui en parlait, justement de Satan (sa façon d’en parler me rappelait un autre film), et comme certains jours il entendait comme une voix, une voix qui lui donnerait l’envie de tuer les gens… Comme un frisson dans le dos en entendant cela… Dans la misère la plus complète, le dénuement, la solitude, l’isolement, certes, le diable y va à foison, à la quête d’âmes perdues, désespérées et c’est vrai que je me pose la question de savoir jusqu’où on pourrait considérer garder la force d’esprit de ne pas céder, ne pas craquer, dans un tel dénuement, et je crois que la plus pâle des lumières pourrait apparaître comme une bougie illuminant le noir du désespoir, comme une issue possible… Hélas comme un simple néon, un faux semblant… J’espère que mes mots ce jour-là t’auront apporté un peu plus de lumière, mes pensées d’aujourd’hui voleront vers toi, Thierry…

Mais voilà, le diable, il aime bien la volupté, la richesse, tout le « clinquant », bling bling quoi (sons de clochettes et flashes…)… Ce n’est pas un « péché » que d’être riche, c’est ce qu’on en fait… Les tentations sont si nombreuses, pour nous, pauvres humains qui avons désiré la connaissance et en faisons si peu usage… Et surtout moi… Depuis trop longtemps, m’auto-flagellant de mon lourd passé, qui me permet de trouver une excuse à ne pas réussir, ne pas être heureuse. Peur de tout perdre ? Culpabilisation de l’inceste ? Connerie ! Fadaises ! De plus en plus, avec le temps, car le subconscient ne délivre parfois ses messages que lorsque le conscient est prêt à les recevoir, j’accuse des « coups », je comprends… Et si parfois ça fait mal, cela fait aussi du bien… Pour cela, l’esprit, ça se travaille, ça se cultive, il existe une « raison » pour tout, au-delà de la raison, justement, qui fait que rien n’arrive par hasard…

L’expérience m’a fait « toucher » à beaucoup de choses, plus ou moins pénibles, mais qui paradoxalement sont parfois confirmées par des « choses » bien plus concrètes, ce qui me fait aimer certains films, plus que je ne devrais parfois… Disons, que cela ne devrait pas être une référence… Mais ce n’est pas également un hasard si on retrouve dans ce genre de films parlant de Dieu ou du diable, certains sujets. Comme le thème de la psychiatrie, et, surtout, surtout!, des médications psychiatriques. Comme je le disais, nous vivons dans un monde de l’instantané, mais également, de la productivité, de la consommation, et, tout comme beaucoup de nos contemporains ne prennent plus soin de leurs aînés, manquent de temps ou autre, l’on ne prend plus en considération autrement que par la psychiatrie, les dysfonctionnements de l’esprit, ou de sa faiblesse, qu’il n’y ait pas méprise, je parle de psychiatrie « pure », de celle qui utilise les médicaments à forte dose et à durée relativement longue. Les maux de l’esprit ont plus souvent besoin de mots et de temps et d’attention, qu’un médicament qui va mettre votre cerveau au repos, l’entourer d’un filet chimique… Et quoi de plus brimant qu’un psychiatre d’origine slave, ne maîtrisant pas complètement la langue française qui vous ordonne presque de ne pas noter vos rêves (!!!), qui ne comprend pas vos mots, et vous ordonne également de prendre une double dose de médicaments alors que la moitié suffisait ! Si j’écris cela, c’est pour que les gens comprennent ! Les gens ne connaissent pas. Mais ouvrez donc les yeux ! Comment soigner ? Soigner le mal par le mal ? Quand vous avez attenté à votre vie par le biais de médicaments, la meilleure solution, ce sont les médicaments ? Je ne fais même pas appel à l’impalpable, je fais appel au bon sens ! Et l’expérience qui me parle, quand vous voyez quelqu’un qui a de légers dysfonctionnements, internée, et que vous revoyez quelques années plus tard dans un état de délabrement plus qu’attristant, et que… vous ne voyez plus, un jour… Qu’est-elle devenue, Solange ? Morte ? Définitivement internée ? Les médicaments empêchent la maîtrise de votre esprit, sauf que parfois, l’esprit ne sera pas assez fort pour reprendre le dessus… Si certains médicaments peuvent aider, cela ne doit être que temporaire, et raisonnablement ! Car, quitte à en faire sourire quelques uns, cela reste une porte grande ouverte au diable qui pourra faire ce qu’il veut de cette âme qui ne s’appartient plus. Essayer de soigner l’irrationnel par le rationnel n’est pas forcément… rationnel… ni raisonnable. Mais nous n’avons plus le temps… Le temps… Le temps… Prenons le temps de nous arrêter un peu, poser le regard sur les gens, poser le regard sur notre « nous », sans trop s’attarder vraiment, effleurer les choses, effleurer l’air qui nous caresse, la lumière qui nous réchauffe…

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Quand je lève les yeux au ciel, les nuages vont et viennent, ils jouent avec le soleil, sont des relais à l’infini, comme une étroite relation entre deux, d’ailleurs, la terre, la mer, les cours d’eau, et l’infini… Ils jouent avec la lumière, parsèment des ombres deci delà, et, même s’ils peuvent couvrir tout l’espace, remplir notre monde de leur noirceur, nous inonder de tristesse, nous savons que c’est pour un temps… Un temps, le temps d’un temps…

Comment ne pas rester humble devant l’immensité ? De jour, de nuit…

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Si certes se complaire dans les plaisirs purement terrestres n’est pas forcément une fin en soi, en tous cas, certes pas une finalité, les tentations sont si nombreuses. On croit à une belle aventure, un paradis terrestre qui n’existe pas, qui se consume comme la passion, un feu d’artifices, où un coin de notre âme s’émerveille… Et viendra le réveil…

J’attends, non, le temps ne le permet pas, je cherche alors, je cherche l’éveil, l’éveil à l’illumination, à la lumière de la pensée et de la non-pensée, à l’être, au non-être, à ces petits bouts de rien qui ne ressemblent à rien et finissent par devenir l’essentiel. L’invisible, l’impalpable qui ne peut prendre forme, car toute forme s’éteint, la forme n’existant que pour notre passage sur terre. Si nous ne sommes que poussière, nous sommes alors poussières d’étoiles, perdues un jour au fond du ciel, dans un recoin de l’univers, pour retomber temporairement sur la terre, et un jour, poussière d’étoile, nous renaissons en particule de lumière. Et nous reformerons le Tout….

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