Souvent, on me demande pourquoi j’ai apporté mon pardon à mon père… Chemin long et tortueux qui m’a amenée à une telle décision. Tout simplement parce que la haine amène à la haine et ne ferait que boule de neige. Qu’est-ce que cela m’apporterait de le haïr, même après sa mort ? Mon père est décédé un mardi soir, le 24 janvier 2012, après de longs mois d’errance. Il souffrait d’Alzheimer, ne pouvait plus marcher, était redevenu comme un bébé… il ne pouvait plus me faire de mal, alors, le plus simple pour la paix de son âme, était d’apporter le pardon, afin qu’elle avance sur le chemin qui lui est propre.

Je n’ai pas écrit depuis longtemps, et c’est ce film, Des hommes et des dieux, qui m’y a portée à nouveau. Certains ne retiendront de ce film que le massacre de moines en Algérie, alors que le plus important de ce film, à mes yeux, est l’amour et la « fonction première » du moine : la prière pour le salut des âmes, le don de sa vie à Dieu. Même si je suis catholique et désire garder cette confession comme religion « officielle », j’espère pouvoir garder également ma liberté de penser, quelque peu indépendante parfois, de cette religion.

« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère » (Matthieu 7 : 1-5).

Seul l’amour, en fait, éclaire l’autre d’une seule et même force, sans discontinuer. Si sa flamme vacille de temps à autre, nous devons veiller à ce que cette flamme ne s’éteigne jamais, et elle ne peut brûler que par l’attention que nous lui portons, ceci avec mesure, car la passion consume tout et ne dégage aucun aura, et la haine éteint tout, en vous consumant également !

Cette bougie, que j’avais allumée deux jours avant sa mort, juste après que ma mère m’a dit qu’il fallait venir le voir très vite… s’est consumée en moins d’une heure, de l’intérieur, coulant de partout, en coulées grises, jusqu’au parquet… Des bougies, j’en brûle régulièrement, et, c’est celle-là qui a décidé de se consumer ainsi… Pensez ce que vous voulez, moi, je sais quoi en penser…

Oui, mon père m’a fait du mal, mais il n’est pas le seul. Heureusement, il reste le sommeil pour trouver certaines solutions… J’ai réglé mes comptes avec mon père dans un rêve… Rêve que je ne peux dévoiler car… il m’appartient ! Je ne peux que dire que jamais je n’avais fait ce genre de rêve concernant mon père. Et que ça m’a bien soulagée !

Il est parti, telle que la vie est, dans un souffle d’air. Ayant attrapé après Noël une pneumopathie, il n’arrivait plus à respirer, ses muscles ont lâché, la vie est partie de son corps comme elle l’avait nourri.

Paix à son âme.

A peine un mois et demi avant, j’avais déjà perdu une bonne amie, Marie-Christine (et ne la surnommez pas MC ok ???), que j’avais rencontrée par le biais de Facebook, puis chez moi , deux fois, dont la première en bonne santé. Je lui avais réservé un chaton (ne vous inquiétez pas, Lady Blue vit heureuse à la campagne maintenant) afin de lui apporter un brin de compagnie….. Je pense que les chats accompagnent les âmes, en tous cas, Lady Blue lui a apporté de l’amour, jour et nuit, et c’est l’essentiel. Tu me manques, Chris, tu es l’exemple que l’amour existe, et ton coeur en était empli ! Même au-delà de la mort ! Alors je voulais te rendre hommage, toi qui es aussi partie un mardi, enfin, plus précisément dans la nuit du mardi au mercredi… Et 6 jours plus tard, sur FB j’écrivais : « Je crois en la beauté de l’âme et son chemin de vie décide de quand elle doit quitter son incarnation actuelle. Ton âme est belle, Chris. Nous avons su nous reconnaître… ». Comprendra qui pourra… Hommage à toi Chris, je t’embrasse de mon âme et de mon coeur…

Mardi semble être « mon » jour… C’est également celui de ma naissance, étrange coïncidence…

Alors, telle la fleur du cactus, sur un monde qui nous blesse, mais dont le coeur vit si intensément, tournée vers le ciel en quête de lumière, et offre sa sève aux abeilles, qui en fabriqueront de la douceur, telle la fleur de cactus, soyons l’abeille, entre terre et ciel, pourquoi aurions-nous des jambes, sinon pour avoir assise sur son sein, pourquoi aurions-nous une tête dans les airs, sinon pour chercher la lumière ?

« Qui aime est patient et bon, il n’est pas envieux, ne se vante pas et n’est pas prétentieux ; qui aime ne fait rien de honteux, n’est pas égoïste, ne s’irrite pas et n’éprouve pas de rancune ; qui aime ne se réjouit pas du mal, il se réjouit de la vérité. » (1ère épître de St Paul aux Corinthiens)