A l’heure actuelle où un gouvernement posera à nouveau la question de l’identité nationalité afin d’attiser la haine de l’autre et tenter ainsi de récupérer des voix qui se perdent… la question certes se pose non de savoir d’où je viens mais où je vais… Des côtes bretonnes il me reste un parfum d’enfance, et des souvenirs jalonnés de tendresse, de sourire et parfois d’inquiétudes… Loin d’être idéalisés ces souvenirs me rapprochent parfois paradoxalement de là où je vis… Ils laissent comme un goût de sel sur ma langue et mon regard est empli de lui, de ce bleu si profond légèrement auréolé de vert, pour lui rappeler que la terre coule également dans son sang. Tout aussi paradoxalement, ce côté qui me vient de mon père me tient sérieusement dans les bras de ma mère par le biais de la mer… Il n’est point d’ironie dans ces propos, que la conclusion fort simple d’une évidence qui est en moi : la dualité. Mais cette dualité n’est-elle pas dans toute chose, sachant que nous naissons d’un père et d’une mère, qu’en nous sommeille un côté obscur à l’opposé de notre sexe, que nos pieds reposent solidement sur la terre et notre tête est inévitablement à la recherche du ciel ? N’est-ce pas notre existence même qui justifie cette dualité ? Entre une existence terrestre et ses exigences les plus simples mais incontournables comme le fait de boire (liquide), se nourrir (solide), inspirer, expirer, agir et dormir (lumière et ombre, ombre et lumière), le conscient, l’inconscient, le corps et l’âme…  Il devient donc ridicule de nous détester pour nos différences, puisqu’un être est déjà différent d’un autre, et, qu’au bout du compte, nous ne sommes qu’un… Si même nos atours sont différents et sont à l’origine de nos différends, nos origines sont à l’identique et notre terre nourricière qui est à l’origine même de nos différences font que nous allons tous vers un même point (le ciel) ! Aucune origine ainsi ne prévaut sur une autre mais elles sont la fibre de notre âme. Ainsi, je suis bretonne, azuréenne, et il me plait de croire que cela forme un beau mélange. Dans les entrelas de mon être, je dois composer avec ce qui m’a créée, m’a construite, et ce que j’en fais. Il est une raison pour laquelle je suis née sur la Côte d’Azur, le pourquoi du comment je suis née à Cannes, partie à Londres et revenue pour enfin m’installer à Nice…

Lovée entre la mer, la montagne et le ciel, quels doux paysages caressent mon regard !

Que de parfums, que de chants de la terre !

Que de reflets sur les ondes de mon inconscient !

Comme un chemin qui se mérite, au travers de détours et d’embûches, la recherche d’une promesse, non pas d’un paradis terrestre mais d’une vérité que l’on voudrait appréhender, faire sienne. Un peu comme une baie où mouille un bateau. Mais on sait que la vie ne vous réserve que de fugaces instants de tranquillité et de bonheur.

Si les chemins complexes de notre esprit pouvaient ressembler à un paysage… Si l’on pouvait le prendre en photo, atteindre cet instant où tout se fige afin de mieux nous comprendre…

Peut-être n’est-il pas souhaitable de réaliser cette action certes incongrue… Non, nous sommes les peintres de notre vie, nous réalisons un tableau qui ne s’achèvera même pas dans cette vie-là !!!

Que choisir ? Garder les paupières mi-closes et regarder au loin ?

Que choisir ? La lumière ne nous rendrait-elle pas aveugle ?

C’est un long chemin que j’ai décidé d’entreprendre, un mélange de réflexion et d’action. Bi. Deux. Un. Photographie et mots… Musique et mots. Tout ce qui nous rend humain. Pour atteindre le Divin.

Ne vois-tu rien venir ?