Regarder le ciel, non… L’épier du coin de l’oeil, tout en travaillant. Dans un coin de son esprit, être partagée entre la rage et l’excitation… L’oeil du photographe et l’impatience de l’enfant… Regarder au loin un paysage que l’on sait prometteur. Se réinventer peintre de l’instant. La vue est déjà magnifique, mais on sait que, dans un instant, il sera splendide, inoubliable, presque impalpable…

Son travail terminé, la course. Elle sait que le bus ne va pas tarder. Il faut faire vite, saisir ne serait-ce qu’une partie de cette beauté qui s’offre. Evidemment, pas d’appareil photo dans le sac. Seul un portable de bonne qualité. Ce n’est pas grave (ce n’est pas vrai !!!), la femme-artiste va se se régaler les yeux ! Elle dévale la pente jusqu’au point de repère habituel de ses photos. Le portable à la main. et clic, et clic, et clic !!!

L’enfant voit dans le ciel de la barbapapa, bien gonflée, teintée de rose et de gris, dans un velouté de lait bleuté… Ce nectar sucré s’allonge dans l’immensité au dessus du paysage magnifique qu’offre toujours Falicon (dont un lever de soleil dans la brume !). Hmmn allonger le bras pour l’attraper… Courir… Pour attraper le bus qui va arriver, est peut-être déjà passé ? Prendre le bus qui descend de la colline et ne pas lâcher ces nuages, cette mousse voluptueuse de nacre rosée, par endroit, un peu grise, grise comme l’était mon âme enchantée… Voir au loin le soleil se coucher sur la colline de Pessicart, et le deviner plus loin caressant la colline de l’Archet, et plus loin encore, s’abandonner aux confins de l’ouest…

Parti, pour d’autre horizons, le soleil absent donne une teinte morne, triste aux nuages, ceux-là même qui avaient tenté la femme-artiste deviennent presque menaçants… Le sommeil s’empare de la ville où elle descend, les lumières factices de la nuit s’allument peu à peu. Son regard se baisse. Dix minutes. Ce n’est rien. C’est si peu.  Et pourtant…

La lumière fait du ciel et des paysages des rencontres uniques entre l’être et l’immensité… Une des raisons pour lesquelles je ne pourrai jamais oublier un très fameux 14 novembre 2008, où il semblerait que Picasso et Dali aient donné rendez-vous à tous les amoureux de la mer et du ciel…