Mon coeur est un immense océan dont les rives n’ont pas de frontières… Il voyage entre les pays en faisant fi des barrières des cultures et des langues. Il est partout chez lui car il baigne les côtes de son amour… Les paupières closes, je n’ose imaginer que la haine puisse dominer le monde. Tu me parles, je ne te comprends pas. Si je persiste à  ne pas comprendre, c’est que mon coeur est fermé. De par tes mains, les expressions de ton visage, ton regard, il m’est possible d’entrevoir ce que tu cherches à me dire.

Je marchais sur de longues plages de sables, escaladant les dunes et de légères brises couchaient doucement les herbes trop hautes. Les yeux vagabondant au dessus de leurs crêtes soumises, mon regard dépassa la côte, plongea sur les courbes de l’océan et ses milliers d’écume… C’est alors que mon coeur s’embrasa, il redevint enfant, joua avec les vagues, s’amusa à compter les moutons… Tel un dauphin, on pouvait le voir plonger au loin, accompagnant les hommes dans leurs embarcations si étranges… Et son voyage continua…

J’ouvris les yeux, assise sur la plage, mes bras couvrant mes 2 jambes… Un soupir fit s’enfuir un goéland un peu plus loin. Je me levai, certes l’impression de légèreté s’était évanouie, mes pas plus lourds, et maladroits, j’avançai doucement, et les galets crissaient sous mes pieds nus. Cette plage semblait sans fin, ses couleurs épousaient le ciel, gris contre bleu, c’est à qui jouerait au plus dur… Le ciel si bleu qu’il semblait sans fin, les yeux pliant sous son immensité, les galets ralentissant ma marche qui se voulait plus volage… Et la mer, qui, sans fin, tentait de réconcilier le temps, passant et repassant sans cesse, rendant les galets plus doux à mes pieds, rafraîchissant cet air qui me faisait me sentir si petite dans cet univers aux dimensions inhumaines…

Et mon coeur qui battait, parfois la chamade, parfois tendrement, au gré des flots, et s’avançait lentement, vers ce merveilleux coucher de soleil, comme pour me rappeler, que je ne suis rien, mais que je suis le Tout, chaînon qui manquerait incommensurablement à la vie. Surement. Comme cet astre qui illumine notre terre et dont nous sommes, tout un chacun de nous, un des innombrables rayons, parfois foudroyant mais indispensable. Et accepter la vie, telle qu’elle vient. Et accepter l’autre, pour ce qu’il nous apporte. Tout simplement.

Infiniment. Car, quand ma vie s’en sera allée, comme un souffle au creux de la nuit, une autre vie prendra son essor… La vie voyage entre les pays en faisant fi des barrières des cultures et des langues. Elle est partout chez elle et baigne les rives de son amour… Je ferme les yeux devant la beauté sans nom,  je n’ose imaginer que la haine puisse dominer le monde.