gorilles_brume_gaucheL’ordre naturel des choses, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’il en reste après le passage de l’Homme ? La sélection naturelle, thème abordé sur Facebook suite à un lien que j’avais mis, sur le milliard d’êtres humains qui souffrent de malnutrition, fait accentué par la crise économique. Une de mes amies a réagi comme quoi la sélection naturelle devait se faire et que l’on n’avait pas à s’apitoyer sur ce fait « divers »…  que c’était naturel, donc, qu’étant donné le taux de fécondité de ces « pays-là », ce n’était pas un mal… par cela il faut entendre l’Afrique, un continent durement touché par cette crise. Une crise, qui je le rappelle, est économique, financière, des choses somme toute assez naturelles ? Bien sûr que la sélection se fait, par la maladie, par les guerres, par la famine, mais ces choses ne pourraient-elles pas être enrayées, du moins, avoir une limite dans la décence (l’indécence) ?

La sélection naturelle est une chose contre laquelle nous ne devons pas forcément lutter, mais dans la mesure où celle-ci dépend encore du cercle de vie telle que la nature la définit…  [La sélection naturelle va permettre à un genre d’animal de survivre car il est capable de s’adapter aux changements de température par exemple. Un animal qui ne peut pas s’adapter à une baisse de température devra se déplacer vers des régions ou il sera capable de survivre. S’il ne peut pas se déplacer ou s’adapter au nouveau climat, il va disparaître.] Cf ce site.

L’homme ne possède naturellement aucune armure, aucune griffe, il se sert de son intelligence pour subvenir à sa survie. Pour faire des recherches médicales, technologiques. Tout autant que de détruire, de chercher le profit, de créer des armes de plus en plus destructrices, des tortures de plus en plus en plus raffinées… L’homme est le roi de la cruauté gratuite. Il est aussi doué d’amour et de compassion. Alors, quelles sont les limites de la science, jusqu’à quel point devons-nous nous acharner à rechercher des vaccins, des médicaments nouveaux ? Cette question se pose également pour l’euthanasie, jusqu’à quelle limite prolonger une vie quand tout espoir semble perdu ? Quelles sont les limites de la médecine ? Ne devenons-nous pas des rats de laboratoire ? Que dois-je dire à une mère dont la fille souffre de leucémie ? Que dois-je dire à ceux et celles qui ont perdu des êtres chers lors de génocides, juifs, arméniens, rwandais ? Sélection naturelle ?

Si tout ne doit pas être poursuivi jusqu’à son extrême limite (mais alors, quelle est cette limite ?), jusqu’où alors, peut-on dire qu’il faut baisser les bras ? Doit-on laisser s’éteindre les espèces en voie de disparition ? Doit-on laisser mourir les Africains ?  Doit-on laisser se polluer les océans, l’atmosphère ? L’homme possède l’intelligence, l’homme possède le coeur, il ne s’en sert pas toujours à bon escient, même peu souvent. Mais il reste des humains qui se battent pour un meilleur avenir, une meilleure terre, un meilleur monde. Quel que soit notre vécu, la souffrance que l’on a pu endurer, la seule réponse est-elle seulement la haine ? Ne confond-on pas alors la lutte pour sa survie avec l’acharnement contre toute attaque présumée ? Cette personne qui s’est exprimée ainsi, sait-elle (je parle pour les croyants) que les âmes qui vivent de telles violences en paieront le prix lors d’une autre vie ? Rien n’est gratuit dans la souffrance que nous faisons subir. Nous construisons notre avenir, celui de cette vie, et celui des vies futures. Ce que nous faisons de notre âme aujourd’hui, sera ce qu’elle vivra lors d’une autre incarnation. Il m’est impossible d’être athée, d’aucuns diront que c’est pour me rassurer. Cela ne me rassure pas. Mais cela renforce ma foi. Elle est mienne, je ne l’impose à personne.

La sélection naturelle est-elle toujours d’actualité ? Dans un monde dénaturé, qu’est-elle devenue ? Un tremblement de terre, une inondation, un tsunami, voilà des catastrophes naturelles. Une famine accrue par une crise économique, pour moi, c’est bien moins naturel… Quand on a les moyens de palier à une telle catastrophe, ce n’est pas un cataclysme  naturel, une sélection naturelle. Ne rien dire, ne rien faire, n’est-ce pas du fatalisme ? Il y a une différence entre dire « Si Dieu le veut », « Inchallah », et baisser les bras, agir quand il nous est donné le pouvoir d’agir, ou de dire.  Donner à manger à un pauvre que l’on croise tous les jours dans la rue, ce n’est pas l’encourager à glander. Si c’est une personne que l’on croise régulièrement, on commence à le connaitre. On ne peut certes combler toutes les lacunes de la société, on ne peut certes culpabiliser pour toutes les misères du monde, mais si on laisse quelqu’un crever, à côté de soi, je ne parle même pas d’Afrique, je parle de quelqu’un que l’on croise, tous les jours, qui est-on ? Ce n’est pas forcément tous les les jours, au moins un, ne serait-ce qu’une fois. Ou parler à cette petite vieille qui se sent si seule. Ou prendre des nouvelles. Même si ce n’est pas le top pour soi, un geste, une attention, un mot. Pourquoi critiquer quelqu’un qui va tout donner aux animaux ? C’est sa vie. Pourquoi reprocher à quelqu’un de s’offrir ce dont il rêve, s’il pense un peu aux plus démunis ? Pourquoi regarder ailleurs ce que l’autre fait ou ne fait pas , d’ailleurs ?

Bref, il est important de préserver la part positive de notre humanité, de rayonner, d’aimer, pour contrecarrer les énergies négatives.

C’est en diffusant la haine que l’on récolte la haine. Qu’on lui donne des ailes, qu’on la nourrit. C’est en diffusant l’amour, même en recevant des coups de bâtons, que l’on préserve l’amour. Qu’on lui permet de rester en vie. De se propager. Que choisissez-vous ?