Voiles d'eau

A l’heure où le débat sur le port du voile est remis à l’ordre du jour, en dehors des écoles cette fois-ci, il me vient à réfléchir sur la femme même et la tradition millénaire qui prend ses sources dans les écritures religieuses, quelles qu’en soient les origines.

Ainsi, dans la Bible (ancien et nouveau Testament), la femme a été créée après l’homme et serait moins parfaite (pourtant, ne dit-on pas qu’un deuxième essai devrait être plus parfait ?) :

« Comme cela se fait dans toutes les Eglises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées : elles n’ont pas la permission de parler ; elles doivent rester soumises, comme elle dit aussi la loi. » [1 Corinthiens 14:34-35]

«  Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.  Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.   Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c’est comme si elle était rasée. Car si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. Or, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile.  L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme;  Et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme.  C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. » [1 Corinthiens 11:3-10]

« Si une femme est enceinte et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours comme au temps de la souillure de ses règles.  et pendant trente-trois jours encore elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera à rien de consacré et n’ira pas au sanctuaire jusqu’à ce que soit achevé le temps de sa purification.  Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines, comme pendant ses règles, et restera de plus soixante-six jours à purifier son sang. » [Lévitique 12:2-5]

« Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ;  et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. » [1 Timothée 2:11-14]

Ainsi, dans le Coran :

Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de serrer sur elles leurs voiles (XXXIII, 59)

Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin que vous récoltiez le succès . (XXIV 31)

Ainsi, dans la Baghavad-Gita :

Livre I, de la Bhagavad Gita, verset : 1.40

–  « Lorsque l’impiété, ô Krishna, règne dans une famille, les femmes se corrompent, et de leur dégradation, ô descendant de Vârshni, naît une progéniture indésirable.

Livre I, de la Bhagavad Gita, verset : 1.41

–  L’accroissement du nombre de ces indésirables engendre pour la famille, et pour ceux qui en ont détruit les traditions, une vie d’enfer. Les ancêtres sont oubliés, on cesse de leur offrir les ablations d’eau et de nourriture.

Ainsi, dans le Bouddhisme :

« Les femmes peuvent détruire les purs préceptes
Elles s’écartent de l’accomplir des mérites et des honneurs
En empêchant les autres de renaître au paradis
Elles sont la source de l’enfer » (T. 11, p.543)

Ce n’est donc pas l’Islam qui semblerait poser problème en lui-même mais je dirais plutôt ce côté ostentatoire d’une « religiosité » exacerbée, qui fait penser à l’Iran, quelque part… D’un côté, nous défendons la République, et sa laïcité, ce qui fait la grandeur de la France, ce qui est censé garantir la liberté à tout le monde.  Le problème posé est complexe, puisque l’on ne peut vraiment savoir ce qu’en pensent les intéressées elles-mêmes, si elles sont « autorisées » à s’exprimer librement. Certaines femmes choisissent de se voiler, elles parlent souvent de respect, de respect des hommes pour elles-mêmes. Dans la société que nous défendons, les femmes ont gagné leur liberté par le travail, ont-elles gagné plus de respect ?  A qui la faute, ces images dégradantes  que l’on voit un peu partout, pour des publicités, ces femmes qui paient cher leur indépendance sinon leur liberté.

L’affiche de la Foire de Nice de cette année avait provoqué de vives réactions. Surtout pour la femme, alors que l’homme y est mis aussi en avant, mais d’une manière différente bien sûr.

Nous avons les extrêmes, des deux côtés, mais essayons de n’en imputer la faute qu’aux deux sexes. C’est ce que je défends toujours. Et pour cela, développer l’esprit plutôt que l’image… Pas mal pour quelqu’un qui aime les photos…

L’extrême serait de focaliser sans expliquer, sur une amplification du « phénomène » de la burqa et du nigab qui pourrait sous-tendre une islamisation grandissante face à un monde décadent ? Le fait est que le port de la burqa ou du nigab n’est pas un signe religieux mais est antérieur à l’Islam.

Je trouve personnellement pathétique de choisir ce mode vestimentaire pour réclamer ce qui leur est dû : le respect. Alors, n’est-ce pas le rôle de notre société d’offrir ce respect ? Que manque-t-il pour que ce respect s’applique dans la vie de tous les jours, et, encore une fois, où la liberté commence-t-elle, où s’arrête-t-elle ? Comme je l’ai lu sur un blog, supporterait-on de voir une croix gammée sur un T-shirt ? Mais la nature du symbole n’est-elle pas différente ? Tout comme il existe des arrêtés pour une tenue vestimentaire décente en ville (port d’un haut pour les hommes, tout autant que pour les femmes), peut-on légiférer sur une tenue « acceptable » par tout le monde ? Il en ressort toujours un « taux » de tolérance bien plus fort envers les hommes qu’envers les femmes, et, cela vient souvent des femmes elles-mêmes… (simple constatation faite dans les rues, dans le tram…). Un homme qui joue de son charme sera moins jugé qu’une femme qui sera plus facilement traitée de « pute ». N’y a-t-il pas encore un travail à effectuer et, ceci, dans le cadre de l’éducation des enfants de notre patrie ? Un travail sur la mentalité.

Je m’inquiète pour ces femmes qui portent la burqa ou le nigab, une fois la loi promulguée, les laissera-t-on sortir ? Il en restera toujours une minorité qui restera enfermée et dont on n’entendra plus parler . Comment cette loi sera-t-elle accompagnée ? La République n’est-elle pas une garantie d’un minimum de libertés, de débats (oubliez Versaille…) où chacun doit être libre de pratiquer sa religion, sa non-religion, et puis, ensuite, il n’y a pas que la religion où la spiritualité s’exprime !

La femme est l’avenir de l’homme… Mais quel est l’avenir de la femme… No ending subject… pour la femme objet…

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